novembre 2012

Boom dans le secteur minier au Québec

Des fournisseurs prennent de l’expansion

Par Alain Castonguay

Technosub est en train d’agrandir ses installations | Courtoisie Technosub


L’expansion de l’activité minière profite aussi aux fournisseurs des sociétés minières. Plusieurs d’entre eux ont profité de la reprise depuis 2009 pour agrandir leurs installations et prendre de l’expansion au Québec.

En 2011, Technosub, une société québécoise qui produit des pompes et des solutions de dénoyage, a vu la demande pour ses produits exploser, de telle manière qu’elle était sur le point de refuser de nouveaux clients. « On a alors frappé un mur. On comblait le besoin, mais il nous fallait agrandir notre usine. Le département d’ingénierie était coincé dans notre salle de conférence », explique Eric Beaupré, directeur des ventes et affaires corporatives chez Technosub. Le léger recul de l’activité minière ne l’inquiète guère : « Même si l’exploration ralentit, les corporations évitent généralement que leur mine se noie, car un dénoyage complet est trop coûteux. »

Technosub est implantée sur tout le territoire canadien grâce à son réseau de succursales dans les principales régions minières. Au Québec, son atelier de fabrication se trouve à Rouyn-Noranda. La société est en train d’agrandir ses installations de 40 000 à 55 000 pieds carrés. « Je crois ne pas me tromper en affirmant que nous aurons la plus grosse usine dans le secteur des pompes industrielles au Canada. »

Exploration

Chez Forage Orbit Garant (OGD), le président et chef de la direction, Éric Alexandre, souligne que, de manière générale, les activités d’exploration ont connu un ralentissement depuis le mois de mars 2012. « Environ 30 % de notre clientèle est composée de sociétés juniors en exploration. La crise financière les affecte beaucoup et la plupart ont été forcées de diminuer leurs activités de forage », explique-t-il.

Fin décembre 2011, OGD annonçait l’acquisition de Lantech Drilling, au Nouveau-Brunswick, ce qui facilitera son expansion dans l’Est du pays. OGD dispose maintenant de 224 foreuses en activité, et sa division de fabrication des machines de forage au diamant fait aussi de bonnes affaires.

En 2011, l’entreprise a emménagé dans son nouveau siège social à Val-d’Or. Les nouveaux locaux lui donnent plus de flexibilité pour augmenter la production en fonction de la demande. Cet investissement était prévu depuis 2008, peu de temps après la fusion des sociétés « Forage Orbit » et « Forages Garant & Frères » en 2007.

L’innovation

Le procédé d’analyse des carottes de forage développé par la PME Photonic Knowledge de Rosemère est « révolutionnaire », explique son fondateur, Éric Roberge. La technologie, appelée « Core Mapper », lui attire des éloges et suscite l’intérêt de l’industrie de l’exploration minière. Elle utilise la photonique pour analyser le contenu des carottes de forage de manière rapide et efficace, à un prix plus raisonnable que celui des analyses en laboratoire. La société est passée de trois employés en 2009 à 35 aujourd’hui. Et ils sont à l’étroit. Comme le dit Éric Roberge, il s’agit là d’un « heureux problème », et il cherche d’autres locaux. La société a aussi signé un bail pour un entrepôt plus grand à Rouyn-Noranda, d’où elle pourra mieux desservir sa clientèle du Nord-Ouest du Québec, mais aussi celle du Nord-Est de l’Ontario.

Parmi les premiers clients ayant adopté la technologie Photonic Knowledge, Éric Roberge cite Philippe Cloutier de Ressources Cartier, Michael Gross de Northern Gold, James Thompson d’Armistice Resources et Michael Allen de Métaux BlackRock. L’autre intérêt de ce procédé est qu’il peut aussi servir à l’analyse des carottes historiques. « Nous avons pu analyser 78 000 mètres de carottes de forage en 60 jours pour un autre client. C’est une grande première. Nous avons pu déterminer la nature des minéraux, la qualité de la pyrite, etc., avec un degré de précision au dixième d’un pour cent », conclut-il.

Des fabricants occupés

Chez ASDR Industries, l’expansion a été rapide. En 2006, cette entreprise de Malartic comptait 5 employés ; aujourd’hui, elle en compte 102, explique Stephen Authier, son directeur général. Voisine de la société Osisko et de la mine Canadian Malartic, ASDR a ainsi pu développer sa division de fabrication en fournissant à l’exploitant aurifère les services d’entretien et de réparation des bennes nécessaires pour ses camions de 227 tonnes et autres équipements. ASDR a pu agrandir ses locaux, qui couvriront maintenant 20 000 pieds carrés, grâce au contrat de 10 ans conclu avec Osisko au printemps dernier. Cet agrandissement lui permet aussi de mieux servir d’autres clients, tels que les mines Opinaca, Agnico-Eagle et Canada Lithium, ou encore Wesdome et Richmont. « Mais l’aspect le plus important de ce contrat avec Osisko, c’est l’expertise qu’on développe sur les gros camions. » ASDR souhaite la mettre à profit pour approcher les gros chantiers d’extraction de fer en Côte-Nord, qui utilisent des camions encore plus imposants. ASDR compte aussi sur un important département d’ingénierie et d’environnement. En plus d’être bien implanté au Québec, ASDR exporte son expertise outre-mer, grâce à ses bureaux situés au Mexique et au Maroc.

Mécanicad transforme le plastique pour fabriquer des conduits de ventilation et d’autres équipements requis dans le secteur minier. Selon son président, André Paquet, également directeur du développement des marchés, la popularité de son système Mécanivent est telle qu’il a fallu construire une plus grande usine à Rouyn-Noranda. Ses nouveaux locaux permettent de regrouper la trentaine de salariés sous un seul et même toit, alors que la production était répartie sur deux sites auparavant.

Depuis 2008, le chiffre d’affaires de l’entreprise a quadruplé pour atteindre 4 millions $. André Paquet estime que les ventes augmenteront encore de 30 % d’ici mars 2013, par rapport à l’année qui vient de s’écouler. La reprise de la production à la mine Casa Berardi des Mines Aurizon a été un véritable coup de pouce qui a fait connaître le système de ventilation de Mécanicad. Plus la mine est loin de Rouyn-Noranda, plus le produit de Mécanicad est avantageux. « Nous sommes les seuls, explique M. Paquet, à livrer dans une seule remorque quelque 160 conduits d’un diamètre de 72 pouces, répartis en six cageots et deux palettes de raccords et de coudes. Ils sont déjà en partie assemblés. Arrivés à la mine, on prend le cageot et on peut le descendre sous terre d’un seul coup. Deux personnes suffisent pour finaliser l’assemblage sur le site en quelques minutes. » Pour l’instant, les clients de Mécanicad sont surtout actifs dans l’exploitation de l’or, soit des mines en démarrage ou en expansion.

VersaDrill Canada est un manufacturier de foreuses de Val-d’Or dont la majeure partie de la production est exportée hors du Québec, explique son Directeur des ventes et marketing, Serge Bellefeuille. L’entreprise a emménagé dans un nouvel atelier de 20 000 pieds carrés début octobre et sera en mesure de fabriquer au-delà de 80 foreuses par année. Grace à cette toute nouvelle manufacture plus moderne et fonctionnelle et à des innovations apportées aux nouveaux modèles, VersaDrill sera en mesure d’augmenter considérablement ses efforts de vente et marketing au Canada, annonce M. Bellefeuille. Il reste que la majeure partie de l’exploration de ses clients a lieu en Russie, en Afrique et en Amérique latine.

Publier un commentaire

Commentaires

Version PDF