mai 2012

Questions et réponses

Peter Robinson, premier dirigeant de la David Suzuki Foundation, interrogé sur l'environnement et la bonne gestion

Par Peter Braul

Vancouver a été plus froid et plus humide qu'à l'habitude, selon Peter Robinson. Il attribue cela à El Niño. C'est un sujet de conversation plutôt banal, mais pour Robinson, le premier dirigeant de la David Suzuki Foundation (DSF), le climat est une occupation et une passion. En plus d'être à la tête de l'organisation environnementale la plus importante au Canada, il est également intéressé par les mouvements environnementaux et la culture qui y est associée. Robinson, qui termine ses études doctorales en sociologie environnementaliste, fait part de ses commentaires au magazine CIM à propos des changements de l'industrie minière et de l'environnementalisme.

CIM : Comment évaluez-vous les efforts en matière de développement durable de l'industrie minière?
ROBINSON : La première étape est d'admettre qu'il existe un problème. L'Association minière du Canada, grâce à des programmes miniers durables, entre autres, a admis que c'est un important défi à relever. Une fois le problème posé, il est possible de mesurer les progrès et de mettre en place des programmes pour le résoudre. Il y a encore beaucoup de chemin à faire, mais les choses avancent.

Certaines avancées n'entrent toutefois pas dans la filière environnementale, et l'impact des mines, des routes et des infrastructures est encore très grand. Cela peut sembler en contradiction avec les progrès que je viens de mentionner, mais il faut quand même reconnaître que l'industrie minière est en train de prêter une plus grande attention aux dimensions sociales de ses activités. Nous constatons, par exemple, de meilleures relations avec les communautés des Premières Nations. De toute façon, pour moi, les dimensions sociales et environnementales sont pratiquement indistinguables.

Cependant, les projets d'extraction de ressources ne sont pas tous équivalents. Quand je compare les activités de l'Association minéralogique du Canada à celle d'autres secteurs que je connais, je ne constate pas le même niveau d'entente. L'Association canadienne des producteurs pétroliers, par exemple, semble investir davantage pour son image que pour les problèmes profonds auxquels il est important de s'attaquer. Je constate que c'est un aspect qui distingue l'Association minéralogique du Canada des autres industries.

CIM : L'Association minière du Canada et la David Suzuki Foundation s'efforcent toutes deux à convaincre le gouvernement. Comment percevez-vous la relation entre ces deux organisations très différentes?
ROBINSON : J'ai eu le plaisir de collaborer avec Pierre Gratton alors qu'il était au Mining Association of British Columbia. Cette association a toute un historique, mais en bout de compte, il y a eu beaucoup d'interaction entre les entreprises minières, les groupes environnementaux et les circonscriptions locales. Dans ces circonstances à tout le moins tendues, il y avait une latitude suffisante pour nous permettre, à Pierre et à moi, de travailler ensemble. Pierre a un talent particulier pour trouver des solutions auxquelles toutes les parties sont prêtes à donner une chance. C'est une chose que j'apprécie particulièrement, car lorsqu'on s'attaque à ce genre de problème, la réponse à un projet se limite rarement à un oui ou à un non. Quelquefois, il est nécessaire d'arriver à un compromis qui peut le mieux plaire à toutes les parties.

CIM : Donc, les relations peuvent rester amicales. Mais quel en est l'avantage pour la DSF et votre message?
ROBINSON : Je dirais qu'il n'existe que deux façons de collaborer : la première est de présenter la DSF comme un adversaire et un critique. Cela ressemble à une petite voix en arrière-plan qui est toujours là pour critiquer, qui cherche à pousser les entreprises à opter pour des changements en profondeur qui, s'ils ne sont pas adoptés, risquent de se mesurer à l'opinion du public qui leur rappellera qu'elle a mal agit.

Bien sûr, c'est ce qui nous pouvons faire et c'est ce qui a été fait dans le passé. D'un autre côté, nous pouvons aussi adopter une position plus souple en essayant d'obtenir une influence et une compréhension mutuelle et en favorisant les changements. Cela revient à avoir une relation professionnelle avec les personnes impliquées, et c'est ce que je préfère. À la fin de la journée, nous avons toujours besoin de collaborer à résoudre des problèmes. Je préfère connaître les points de tension afin de savoir sur lesquels il est possible de collaborer et de s'entendre. Et pour s'entendre, il est nécessaire d'avoir un certain respect de la vision de l'autre parti.

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