mai 2012

Trouver le filon

Découvrir les secrets de la découverte à l'ACPE

Par Barbara L. Campbell

Bien que l'exploration des métaux et l'exploration minérale attirent un financement chaque année plus important, les découvertes de gisements peinent à répondre à la demande mondiale. Pour les prospecteurs, les chances de réussite sur le plan statistique sont peu encourageantes. En fait, Robert Schafer, vice­président exécutif de Hunter Dickinson, compare son travail à « un casse­tête dont 60 pour cent des pièces sont manquantes. »

Lors du congrès de 2012 de l'Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs (ACPE) à Toronto, M. Schafer et John Morganti, président de Morganti Advisors, ont coprésidé une discussion en groupe intitulée The discoverers (les prospecteurs) mettant en vedette cinq des plus éminents membres du secteur de l'exploration pour tenter de « découvrir certains de leurs secrets », explique M. Schafer.

Les principaux traits de personnalité décrits par le consultant en sciences de la terre Vic Wall, de Vic Wall and Associates, semblent indiquer que les prospecteurs qui réussissent de nos jours ne sont pas bien différents de leurs prédécesseurs. M. Wall les décrit comme des « battants optimistes, obsédés et très motivés. » Ils aiment prendre des risques, explique­t­il, et ont confiance en eux tout en étant très persuasifs.  

Personne ne conteste cette description, mais que doivent faire les prospecteurs en puissance pour atteindre la cible convoitée?

« Prenez des risques et prenez des décisions », les exhorte Mark Rebagliati, vice­président, Exploration chez Hunter Dickinson, qui les invite à passer à l'action sur la base de leurs connaissances et de leur intuition plutôt que de rester paralysés devant des listes de risques sans cesse plus longues. C'est d'ailleurs aux décisions de M. Rebagliati que l'on doit plusieurs découvertes, dont celle du gisement aurifère Hollister au Nevada ainsi que des gisements porphyriques de cuivre­or à Mount Milligan et à Kemess en Colombie­Britannique, à Xietongmen au Tibet ainsi que sur la propriété de Pebble Est en Alaska, le troisième plus important gisement aurifère au monde.

« Faites ce qui vous passionne », déclare Ron Parratt, administrateur et président du conseil de Renaissance Gold, de Reno (Nevada). « Ce n'est pas un emploi standard de neuf à cinq. Vous devez surveiller les résultats des analyses, pas l'horloge », plaisante­t­il.

David Lowell, qui dirige la société Lowell Mineral Exploration de Rio Rico, n'est pas le seul à croire que les prospecteurs doivent « sortir des sentiers battus. » Le point de vue non conformiste de M. Lowell relativement à l'inclinaison d'une ligne de faille en Arizona est à l'origine de la découverte, en 1965, du gisement de cuivre porphyrique de Kalamazoo.  Il a également découvert le gisement porphyrique à Vekol Hills, où il dit avoir vécu dans un tunnel de mine abandonné.

M. Lowell est une sorte de franc­tireur dans son milieu; dans sa présentation, il s'est joyeusement moqué des conventions en se demandant si les étudiants qui ont de bonnes notes, respectent les règles et souscrivent aux dogmes ne finissent pas par faire des prospecteurs médiocres.  

Malgré tout, il forme, avec ses collègues, un groupe d'intervenants très instruits ayant acquis de nombreux diplômes et certifications au fil de leur carrière. Cela dit, bien que les prospecteurs partagent avec leurs prédécesseurs des gestes et traits de caractère particuliers, les aptitudes techniques dont ils ont besoin sont bien de leur époque. En effet, la technologie a véritablement bouleversé le travail sur le terrain. 

Les compétences en géologie sont de plus en plus importantes, confirme M. Wall, dont l'expertise lui a valu le grand prix lors du Goldcorp Challenge en 2001, lorsque l'entreprise a fourni des données au sujet de sa mine Red Lake et à invité les participants à trouver à quel endroit se trouvaient vraisemblablement les prochains six millions d'onces d'or.  

« L'évolution des logiciels a grandement facilité l'exploration », ajoute Rob Carne, président et administrateur d'ATAC Resources. Depuis 2007, les activités d'exploration d'ATAC ont permis de découvrir une minéralisation riche en métaux précieux dans le secteur de la rivière Rackla au Yukon, où les prospecteurs n'avaient précédemment signalé aucun gisement.  

« Je ne crois pas que nous pourrions travailler sans modèles », a déclaré M. Wall à l'auditoire. La plupart des participants à la discussion ont toutefois convenu que les modèles actuels gagneraient considérablement à être améliorés.

Et bien que Ron Parratt applaudisse le recours aux modèles génétiques ainsi que la grande variété des nouveaux outils dont les prospecteurs disposent désormais, il a tenu à souligner que plus le choix d'options est vaste, plus l'éventail d'erreurs s'élargit. « Il n'est tout simplement pas logique d'utiliser tous les outils dont vous disposez. Vous aurez toujours besoin d'une bonne paire de bottes sur le terrain », ajoute­t­il. M. Parratt laisse également entendre que les vrais prospecteurs créent leur propre chance. « Vous devez être sur place et forer, puis forer encore. C'est comme ça que vous ferez vos découvertes. Et surtout échantillonnez, encore, encore et encore; vous n'aurez jamais trop d'échantillons. »
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