mars/avril 2012

Prospection et formation des ressources humaines

Perspectives de recherche, formation et conservation des talents

Par A. Lopez-Pacheco

Pour réussir, en particulier dans le secteur minier, les entreprises doivent proposer des solutions adaptées aux défis posés par les ressources humaines. Il existe plusieurs bonnes pratiques utilisées par l'industrie et reconnues aussi bien au niveau des provinces qu'au niveau national. Comment une entreprise peut-elle se distinguer ? Le magazine de l'ICM a demandé l'opinion d'employés actuels et potentiels, d'employeurs et d'experts en RH, qui souhaitent tous, en définitive, que le secteur prospère. Voici les informations qu'ils nous ont fournies.

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Si les sociétés minières se font concurrence pour attirer les talents, elles entrent également en concurrence avec d'autres secteurs. “Bien qu'il existe un certain nombre d'initiatives ciblant les jeunes, les lycéens, les nouveaux citoyens canadiens et les aborigènes, je pense que l'industrie minière en tant que telle n'a pas beaucoup communiqué sur la valeur qu'elle apporte à la société et les opportunités d'emploi qu'elle génère”, explique Ryan Montpellier, Directeur exécutif du Conseil des ressources humaines de l'industrie minière Il cite les récents spots publicitaires de Rio Tinto, qui font la promotion des efforts de RSE et des contributions positives de l'entreprise, pour montrer que les choses commencent à changer. “Je pense que ce type de communication va devenir de plus en plus fréquent à mesure que la guerre que les sociétés se mènent pour recruter les talents va s'intensifier”, explique-t-il.

Ryan Cunningham, un ingénieur qui a récemment interrompu son doctorat pour travailler à temps plein dans le secteur car les opportunités proposées étaient réellement intéressantes, estime que l'industrie minière doit prendre part au débat. “Beaucoup de personnes critiquent vivement le secteur, mais aucun de nos représentants ne les contredit en disant : ‘Oui, il y a beaucoup de choses qui ne vont pas, mais nous apportons de réelles opportunités, le monde a besoin de métaux et si nous parvenons à améliorer les pratiques minières, le monde entier en bénéficiera.”

Long terme

Établissez un plan à long terme plutôt que des politiques RH basées sur des besoins et des cycles économiques à court terme. “Nous faisons beaucoup de planification de main-d'œuvre et nous avons parfois embauché en surnombre et créé des postes tampons tout en sachant qu'une récession se profilait”, déclare Tom Diment, Vice-président d'Agrium Inc. chargé des opérations de potasse et phosphate au Saskatchewan, dont l'entreprise a récemment recruté 13 ingénieurs. “Parfois, nous recrutons des personnes lorsqu'elles sont disponibles même si nous n'avons pas besoin d'elles à ce moment-là. Seulement neuf postes étaient disponibles, mais nous avons fait part à la direction de notre souhait d'embaucher quatre personnes de plus, car elles présentaient des qualités exceptionnelles. Notre demande a été acceptée immédiatement.”

Une bonne stratégie commence par la prise en compte de la sensibilisation des populations locales, particulièrement les peuples aborigènes, indique Richard Long, professeur et responsable des ressources humaines et du comportement organisationnel à l'Université de Saskatchewan. “Si vous commencez les programmes de formation lorsqu'ils sont relativement jeunes, vous avez une meilleure chance de les fidéliser”, explique Long. “Vous recrutez des personnes qui souhaitent vivre dans la communauté plutôt que de vous attacher les services d'employés que vous devez expatrier.”

Syncrude Canada Ltd., par exemple, investit massivement dans les programmes destinés aux lycéens. “Un de nos employés est détaché au lycée Father Mercredi Community High School à Fort McMurray et y enseigne le soudage,” explique Cheryl Robb, porte-parole de Syncrude Canada Ltd. “Nous avons également fait un don d'1 million de dollars à l'école pour la construction de laboratoires de sciences et de technologie. Nous essayons d'attirer de futurs employés et de les former pour qu'ils poursuivent de longues carrières chez nous.”

L'entreprise a récemment fait don de 5 millions de dollars au Keyano College, dont 2 millions pour le programme Syncrude Aboriginal Trades Preparation Program.

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