mars/avril 2012

Vue d'ensemble des ressources humaines

Diversité en milieu professionnel : renforcer le pool de talents pour l'industrie minière

Par Ryan Montpellier

Les travailleurs du savoir sont essentiels à la prospérité de l'industrie de l'exploitation et de la prospection minières Ils fournissent à l'industrie un leadership organisationnel, mènent des activités de recherche et de développement et stimulent l'innovation. Cependant, malgré leur importance, les travailleurs du savoir constituent une main-d'œuvre rare. Une bonne partie de ces ressources approche de l'âge de la retraite et il paraît donc clair que le secteur risque de connaître une carence en travailleurs du savoir au cours de la prochaine décennie.

Le Conseil des ressources humaines de l'industrie minière s'est associé au Conseil canadien de l'innovation minière (CCIM) pour publier le rapport Making the Grade : Human Resources Challenges and Opportunities for Knowledge Workers in Canadian Mining . Cette étude fournit des informations qui manquent actuellement à l'industrie et permet une meilleure compréhension des travailleurs du savoir et l'adoption d'une démarche proactive de planification des effectifs.

Les travailleurs du savoir comme innovateurs

Le document Making the Grade définit les travailleurs du savoir comme des personnes très instruites, technologiquement compétentes et engagées dans la création de connaissances et la promotion de l'innovation. On regroupe notamment sous cette appellation les ingénieurs, géoscientifiques, analystes financiers, professionnels de la santé et de la sécurité, et responsables d'entreprise. Selon l'étude, ils constituent les maillons essentiels entre le progrès technologique et la croissance économique.

En outre, les travailleurs du savoir font partie intégrante des efforts de développement et de préservation d'industries compétitives et durables. Dans le secteur minier, les efforts consentis au niveau international pour tirer avantage des technologies en vue d'acquérir un avantage concurrentiel et l'importance des questions de responsabilité sociale et de développement durable ont rendu l'innovation d'autant plus importante. Pour disposer d'une main-d'œuvre hautement qualifiée, les employeurs devront adapter leurs stratégies de recrutement, de conservation et de planification de la relève pour mieux répondre aux aspirations de carrière de ces professionnels hautement qualifiés.

L'établissement de relations solides avec les établissements d'enseignement supérieur permet aux entreprises d'attirer et de conserver les travailleurs du savoir. Le soutien aux étudiants (programmes d'études coopératives/d'apprentissage) et à la recherche supérieure permet de s'assurer que les résultats de recherche et les avancées technologiques sont pertinents, opportuns et ainsi plus susceptibles d'être adoptés de manière globale.

Cameco, un des principaux producteurs d'uranium dans le monde, a présenté au site Le RHiM innove la méthode suivante. L'entreprise cherche de nouvelles méthodes pour renforcer les liens entre les universités et l'industrie en vue d'attirer et de conserver davantage de travailleurs du savoir et de renforcer leurs capacités de recherche et de développement.

Pour soutenir cet objectif, le groupe Cameco Technology and Innovation a mis en place un programme nommé Sabbatical Program for Academics qui donne aux chercheurs et aux scientifiques universitaires l'opportunité de mener des recherches dans les domaines de travail de Cameco chaque année et de collaborer avec le personnel technique dans les locaux de l'entreprise.

Sean Junor, responsable planification des effectifs et acquisition de talents chez Cameco, souligne que le programme a un rapport direct avec la stratégie à long terme de l'entreprise d'augmenter sa production de manière significative d'ici 2018. « Nous en apprenons davantage sur ce qui se passe dans le monde universitaire, et les chercheurs ont l'opportunité d'appliquer leurs travaux dans un environnement professionnel », a-t-il expliqué. « Les avantages sont doubles : le programme élargit notre champ potentiel de recrutement, nous rend plus attrayants d'une part et consolide et développe nos relations avec les institutions universitaires d'autre part. » Les chercheurs passent jusqu'à un an dans le programme à travailler sur un problème qui présente un intérêt à la fois pour eux et pour Cameco, l'objectif final étant de disposer d'un portefeuille de projets potentiels que le chercheur communiquera à l'université.

Michael Murchie, directeur du centre de recherche de Cameco Innovation and Technology explique que la clé de la réussite du programme réside dans le temps qu'il permet au chercheur de passer avec l'entreprise. « Il faut du temps pour tisser des relations », a-t-il expliqué. « Il s'agit pour les chercheurs de connaître les défis que nous devons relever et pour Cameco d'évaluer leurs capacités. »

« Ce portefeuille d'idées de projets spécifiques pose les jalons d'une collaboration continue, permet d'augmenter le nombre de travailleurs du savoir et de promouvoir la science, l'ingénierie mais également l'industrie minière », explique Engin Ozberk, vice-président de Cameco Innovation and Technology et président du conseil d'administration du Conseil canadien de l'innovation minière.

Cameco a jusqu'ici accueilli quatre chercheurs dans le cadre de ce programme. Deux continuent de travailler avec l'entreprise. Le programme en est encore à ses débuts et l'objectif principal est donc d'augmenter le nombre de participants, explique Junor. Il peut accueillir jusqu'à 12 chercheurs en parallèle.


Pour consulter le document Making the Grade, visitez www.mihr.ca ; pour en obtenir une version imprimée, envoyez un courriel à info@mihr.ca. Pour consulter la collection complète du site Le RHiM innove, rendez-vous sur www.mihrinnovate.ca.


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