juin/juillet 2012

Coffret de pêche diversifié

Comment « les deux Bob » ont façonné l’une des exploitations minières légendaires mondiales

Par Vivian Danielson

L’industrie minière compte de nombreux amateurs de pêche car lorsqu’ils espèrent attraper LE poisson, ils éprouvent un sentiment de réussite identique à celui qui les a guidés vers leur carrière. Robert Hunter et Robert Dickinson, fondateurs de Hunter Dickinson Inc. (HDI) de Vancouver, vouaient le même amour pour la pêche au saumon dans leur province natale dans les rares moments où ils n’effectuaient pas des prospections sur la terre ferme. Leurs techniques différaient autant que leur personnalité, mais donnent un aperçu de la dynamique de leur partenariat et de la façon dont celui-ci a survécu aux contraintes du temps pour parvenir à un statut de légende.

« Ils ne pouvaient être plus différents », affirme Ronald Thiessen, président et chef de la direction d’HDI, qui a rejoint le groupe en 1994. « Un (Robert Hunter) à l’image d’homme d’État, intuitif, pimpant, sociable et routinier et l’autre (Robert Dickinson) décontracté, intense et minutieux, stratégique, ayant parfois besoin de solitude, mais pouvant toujours faire preuve de spontanéité. »

Nouveau venu au sein de la société et pêcheur débutant, Ronald Thiessen a passé une journée dans un camp de pêche sur la côte de Haida Gwaii en compagnie de ceux qu’on surnomme affectueusement « les deux Bob ». La région est célèbre pour ses spécimens de saumon quinnat (ou saumon royal) de 30 livres ou plus.

Avec Robert Dickinson, Ronald Thiessen était sur le quai avant l’aurore. À la fin de sa journée de 16 heures, il avait appris les meilleurs éléments de la pêche au saumon, nommément l’appât, l’éviscération, l’hameçonnage, la pêche à la traîne, les mouvements de la marée, les remous ainsi que les habitudes de nuit comme de jour et le régime d’alimentation du saumon quinnat.

« C’était sérieux, minutieux, stratégique. Surtout, l’objectif était la réussite », se souvient Ronald Thiessen.

Le lendemain, après un déjeuner tranquille, Ronald Thiessen partit avec Robert Hunter près des autres bateaux. Il fut étonné de voir ce dernier s’installer pour faire un petit somme, canne à la main, et lui demanda s’il ne craignait pas de perdre sa canne et son moulinet s’il avait une touche.

« Non », lui avait-il répondu. Robert Hunter expliqua que pendant qu’il sommeillait, ses « pensées merveilleuses et rêves étaient transmis le long de la canne dans la ligne jusqu’à l’hameçon, puis à l’appât et dans l’eau jusqu’au saumon. Les saumons quinnats voudront mon appât parce qu’il est plus attrayant que tous les autres. »

« C’était unique, intuitif et décontracté, et à la fin de la journée, très concluant », affirme Ronald Thiessen en expliquant pourquoi il avait raconté cette histoire de pêche à l’occasion de la récente intronisation de Hunter Dickinson au Temple de la renommée du secteur minier canadien.

« Il s’agit de deux personnes qui ont obtenu de particulièrement bons résultats en employant des méthodes et des approches très différentes, mais avec des objectifs tout à fait compatibles. Ils avaient un but commun qui rendait le tout supérieur à la somme de ses parties. »

Le meilleur des deux mondes

Tout a commencé en 1985 lorsque deux hommes différents qui ne s’étaient pas rencontrés ont été invités à diriger une entreprise ensemble. Robert Dickinson, géologue entrepreneur œcuménique titulaire d’un diplôme en administration, était alors âgé de 37 ans. Robert Hunter l’intuitif, ancien vendeur d’assurance des plus efficaces à qui l’on devait le financement et l’exploitation de la mine aurifère Cannon dans l’état de Washington en tant que président de Breakwater Resources Inc., avait quant à lui 58 ans.

« Dix minutes après nous être rencontrés, nous nous sommes dits “d’accord, lançons-nous” », a affirmé Robert Dickinson. À l’époque, tous deux avaient mis fin à des partenariats de longue date et étaient libres. Même s’il désirait ardemment trouver des mines, Robert Dickinson n’avait jamais vraiment financé d’entreprises et Robert Hunter, sans connaissances techniques, possédait toute une liste de personnes souhaitant investir dans des projets miniers bien établis. Ils comprirent naturellement qu’ils gagneraient à travailler ensemble.

Des centaines de nouvelles petites sociétés minières connaissaient alors une croissance vertigineuse, jusqu’à ce que survienne le krach de 1987 et que le ralentissement du secteur freine leurs ambitions et épuise leur trésorerie. Mais les étoiles s’alignèrent parfaitement pour les nouveaux partenaires. En 1990, ils avaient vendu des participations dans deux projets en Colombie-Britannique détenus par leurs petites sociétés minières à de gros producteurs pour un total de 220 millions de dollars, une fortune à l’époque.

Robert Hunter s’acharna à conclure les meilleurs marchés pour les actionnaires et négocia pendant 31 heures avec Homestake Mining pour remporter un dollar supplémentaire par action (à 5 $) pour la vente d’une part dans le projet Golden Bear près de Dease Lake. Pour leur affaire suivante, les partenaires refusèrent une offre de Noranda avant de vendre le projet de cuivre-or de Mount Milligan près de Mackenzie à Placer Dome.

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