juin/juillet 2012

Le porte-étendard

Deborah McCombe | Vice-présidente exécutive, Roscoe Postle Associates Inc., et présidente du CRIRSCO (Comité pour les normes internationales de production de rapports sur les réserves et ressources minérales)

Par Eavan Moore

Allant de l’avant après le fiasco de Bre-X dans les années 1990, Deborah McCombe a vu la confiance du public dans la divulgation des projets miniers s’accroître au cours de la dernière décennie, en grande partie grâce à son travail au sein de l’ICM et du CRIRSCO, un comité bénévole international d’organismes rapporteurs nationaux chargé d’harmoniser la façon dont les rapports sont faits à l’égard des résultats d’exploration, des ressources minérales et des réserves dans le monde. Les codes dans le style du CRIRSCO et l’inclusion d’une personne qualifiée signifient que les investisseurs peuvent comparer les projets partout dans le monde. Au pays, Deborah McCombe a contribué à établir la norme la plus élevée à l’égard de la divulgation des projets miniers dans le cadre du droit canadien des valeurs mobilières, instrument national 43-101.

Géoscientifique professionnelle, Deborah McCombe a commencé sa carrière en tant que géologue de terrain sur des gisements miniers à Terre-Neuve et en Ontario, détenus par l’entreprise de pâtes et papier qui est devenue Abitibi-Price. Elle a ensuite commencé à accomplir un travail plus international dans une firme de génie-conseil. Son expérience à l’échelle mondiale, combinée avec son passage à la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario à titre de consultante en chef des mines, lui a donné un bagage bien adapté au travail sur les normes internationales de présentation de l’information.

Lorsque Deborah McCombe s’est portée volontaire pour se joindre à John Postle, co-président du Comité de définition des réserves de l’ICM, afin de représenter l’ICM au sein du CRIRSCO en 2002, elle a déclaré : « J’ai tellement aimé ma première rencontre avec le CRIRSCO et le groupe de personnes dévouées qui y sont engagées que je me devais de rester. » Elle a apporté dans ses bagages une capacité à construire des consensus. « Tous les présidents du CRIRSCO ont eu la possibilité de tenir compte de tous les points de vue et de veiller à ce que nous avancions sur ces questions. »

Ce n’est pas facile dans un groupe qui couvre le Canada, les États-Unis, le Chili, le Royaume-Uni/Europe, l’Afrique du Sud, l’Australasie et, depuis 2011, la Russie. « Certaines opinions sont bien arrêtées, affirme Deborah McCombe, et cela provoque des discussions animées lors de certaines de nos réunions. C’est dans les discussions sur ces questions et dans la façon dont elles ont été traitées dans différents pays que nous finissons par trouver une solution. En général, nous arrivons à une solution avec laquelle nous pouvons tous vivre. »

Le CRIRSCO continue de travailler à unifier les codes de communication dans un nombre accru de pays. Ses membres travaillent avec des représentants de la Mongolie, ont entamé des discussions avec la Turquie et plusieurs pays d’Amérique du Sud, et ont recommandé que les Nations-Unies adoptent le modèle CRIRSCO comme base pour les classifications des minéraux solides. Le CRIRSCO a fourni des conseils à l’International Accounting Standards Board sur l’utilisation des ressources minérales et des réserves minérales à des fins de rapport financier. Les membres du CRIRSCO sont également en train d’aligner leurs propres codes.

Deborah McCombe est la seule représentante du comité de sexe féminin. Elle estime que plus les femmes seront nombreuses à œuvrer dans les domaines de la géologie et du génie des mines, plus grandes seront les possibilités pour elles d’être engagées sur la scène internationale. Elle ne croit pas que le fait d’être une femme ait pu la ralentir dans son travail. « Certes, il n’y avait pas beaucoup de géologues féminines sur le terrain quand j’ai terminé mes études; cependant, au cours de ma carrière, je n’ai pas rencontré d’obstacles à l’avancement. » Son mari l’a encouragée dans son travail et s’occupait avec elle des enfants. « J’ai commencé à travailler dès l’obtention de mon diplôme, j’ai également eu la chance d’avoir des mentors dans l’industrie », ajoute-t-elle.

« Tant pour les hommes que pour les femmes, il y a tout un monde de possibilités dans le secteur minier; le problème, c’est qu’ils peuvent ne pas être toujours conscients des différents projets en cours ou de la possibilité qu’ils ont de passer à des postes différentes », commente-t-elle. Son conseil pour toute personne œuvrant dans l’industrie : « Je pense que les gens doivent trouver leur domaine d’intérêt et de passion et le suivre. L’intérêt et la passion sont les clés du succès. » E. Moore
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