février 2012

La mine Kisladag

Une mine moderne dans un pays millénaire

Par Eavan Moore

La mine Kisladag, que la société Eldorado Gold détient par l’intermédiaire de sa filiale turque, Tuprag Metal Madencilik Sanayi ve Ticaret, a produit 179 195 onces au cours des trois premiers trimestres de 2011. Il s’agissait d’un nouveau record pour cette mine d’or qui est la plus importante de Turquie En plus de produire une importante quantité d’or, Kisladag attire également des milliers de visiteurs qui viennent observer à quoi ressemble une installation bien administrée de lixiviation en tas au cyanure.

 
Le minerai est abondant, mais à basse teneur, et les réserves prouvées et probables s’établissent à 430 millions de tonnes d’une teneur de 0,74 g/t, et les ressources mesurées et indiquées se chiffrent à 560 millions de tonnes d’une teneur de 0,68 g/t. La lixiviation en tas est la seule méthode rentable pour exploiter un minerai de cette teneur. Après l’étape du forage et du dynamitage, un concasseur rotatif et quatre concasseurs à cône préparent le minerai brut, qui est ensuite acheminé jusqu’à un remblai de lixiviation par des transporteurs.

En 2011, 12,5 millions de tonnes de minerai ont été traitées de cette manière à la mine. Il faut de 100 à 120 jours pour libérer le minerai sulfuré qui compose la plus grande partie du minerai, et le taux de récupération est de 64 pour cent. L’or est récupéré dans une installation d’adsorption sur charbon actif, et le produit final est expédié sous forme de lingots d’argent aurifère.

Gestion des risques

Kisladag ne ménage aucun effort pour gérer les risques liés à ses activités. Le gisement contient une certaine quantité de résidus oxydés, lesquels servent à recouvrir les sulfures résiduels et à prévenir le drainage minier acide. “« Je n’ai rien vu de tel dans aucune autre mine », commente le directeur général de la mine, Bill Crabtree. Les stériles sulfurés et oxydés sont transportés jusqu’à un terril dans des camions de 150 tonnes. Les résidus oxydés sont déchargés en deuxième lieu, de manière à couvrir les débris de roches sulfurés comme une couche de glaçage d’un mètre d’épaisseur sur un très gros gâteau. Une couche arable recouvre ensuite les matières oxydées. Ce processus est constamment répété depuis le démarrage du projet.

La quantité de minerai oxydé diminuera à mesure que la fosse sera excavée en profondeur. M. Crabtree estime qu’il représentait 40 pour cent du minerai brut en 2011 et que cette proportion passera à 30 pour cent en 2012. Dans l’attente de cette éventualité, des travaux sont en cours pour élaborer un autre mélange de recouvrement.

C’est également à Kisladag que la société traite, par le même procédé de lixiviation, le minerai provenant de la nouvelle mine d’or Efemcukuru laquelle est située près de la ville d’Izmir. M. Crabtree nous explique qu’afin d’éviter tout problème lié à l’utilisation du cyanure, il valait mieux produire le concentré à Efemcukuru avant de le transporter par camion à Kisladag, où les permis pertinents ont déjà été obtenus. M. Crabtree souligne toutefois que les préoccupations environnementales ont diminué au fil des ans. “« Au début, l’inquiétude était vive, mais seulement en raison de ce qui avait été fait auparavant par d’autres. “Tout cela a bien changé avec l’arrivée d’entreprises ayant une expertise. »”

 
Des inquiétudes environnementales ont effectivement retardé le projet à l'origine. En 2007, moins d'un an avant le début de la production, une contestation judiciaire de l'approbation environnementale avait interrompu les travaux à la mine durant 7 mois. Mais Kisladag a conservé tous ses employés et intensifié leur formation en attendant la résolution de la poursuite. Entretemps, le cours de l'or a continué de monter. Éventuellement, ajoute M. Crabtree, le dossier a été réglé et Kisladag a redémarré avec un plus grand respect dans la région et un prix plus élevé pour son produit.

L’expansion se poursuit comme prévu

Si le cours de l’or le permet, la mine Kisladag pourrait être en activité pendant au moins les dix prochaines années. Il était prévu que l’expansion se déroule en plusieurs étapes depuis le début de la production commerciale en 2006. La fosse a une empreinte de superficie totale de 125 hectares et sera exploitée au cours de la durée de la mine.

Durant la phase initiale du développement, Eldorado a employé un entrepreneur local avec des camions de moindre taille pour transporter les rebuts. Alors que de gros camions et du matériel minier important sont arrivés en 2008, la mine a embauché les travailleurs qui avaient été amenés et formés pour le travail. L'entrepreneur local continue de faire d'autres travaux sur le site.

En 2011, la capacité des circuits de concassage et de transport a été augmentée. La prochaine étape, l’agrandissement de la phase IV, devrait permettre d’ajouter 12,5 millions de tonnes au remblai de lixiviation et de faire passer la production à environ 475 000 onces par année lorsqu’elle sera terminée en 2014. Une étude d’impact environnemental supplémentaire doit encore être présentée et approuvée en 2012. De nouveaux systèmes de concassage, d’empilage et de transport arriveront au cours des prochaines années, ainsi que d’autres camions, pelles et foreuses. Un système d’assèchement sera installé lorsque la fosse sera prolongée en dessous de la nappe phréatique en 2014.

Même si la société craignait que la disponibilité du matériel ne pose problème vu l’emplacement de la mine Kisladag, M. Crabtree affirme qu’ils ont été agréablement surpris. Les responsables de Kisladag ont trouvé des concessionnaires Caterpillar à Istanbul et à Izmir. Il y a également un concessionnaire des moteurs Cummings à Istanbul. “« Nous avons découvert que les fournisseurs sont beaucoup plus nombreux ici que nous l’avions imaginé », souligne M. Crabtree. Même avec les plus gros camions et pelles – Kisladag s'est dotée des premiers camions Cat 785 locaux – le soutien était adéquat. Les deux premières personnes embauchées pour opérer les pelles Hitachi EX-3600 avaient 18 ans d'expérience avec de grosses pelles.

Il ajoute que certaines pièces, comme celles utilisées dans les transporteurs, peuvent facilement être fabriquées sur mesure en Turquie. “« Il suffit de se rendre à Ankara et d’aller dans un atelier d’usinage. On leur apporte une des pièces pour qu’il la fabrique et on leur dit qu’on revient dans quelques semaines », explique-t-il. “« C’est étonnant. »”

Établir sa réputation

 
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