février 2012

Avons-nous belle allure?

« Le jour du Canada » lors de la conférence Mines and Money à Londres a tourné les feux de la rampe sur l'industrie minière canadienne

Par Anne Reitman

Le 4 décembre, les occasions offertes par le Canada étaient en montre durant les préparatifs de la conférence Mines and Money à Londres. C'était un début prometteur pour les exposants qui célébraient également le jour de Sainte Barbara, la sainte patronne des mineurs. Bien que la réputation du Canada comme destination pour les investissements et comme centre financier désirable et relativement stable sur le plan des ressources naturelles soit intacte, les investisseurs intéressés à prendre des risques plus élevés pour un meilleur rendement cherchaient des entreprises avec des actifs ailleurs.

Du point de vue de l'exploitation, le Canada est vu sous un œil favorable, indiquait Ed Bowie d'Altus Capital, un gestionnaire de fonds du Royaume-Uni responsable du portefeuille des ressources naturelles, bien qu'il ait ajouté que certaines régions de la Colombie-Britannique soient plus rigoureuses que d'autres en matière de délivrance de permis et de réclamations territoriales. De plus, il y a certaines régions du monde développé où les lobbys contre les mines sont très présents et cela peut également avoir un effet. Quant aux entreprises et les investissements listés à TSX, il a indiqué que l'immense groupement d'entreprises, le plus important marché boursier au monde, est clairement attrayant.

Ungad Chadda, vice-président principal de TSX, a indiqué que la commandite du Jour du Canada par la société mère TMX lors de l'événement international ne présente pas seulement un message sur la proposition de valeur du point de vue minier, mais aussi le soutien aux entreprises en bourse. « Si vous considérez n'importe quelle conférence minière internationale, je dirais que la majorité des entreprises seront cotées en bourse à TSX ou TSX Venture. Il est donc important de brandir le drapeau ici, que ce soit celui du Canada ou de TSX, ajoute-t-il. Un jour comme aujourd'hui est le parfait exemple de commandite et d'une occasion saisie pour présenter 13 de nos entreprises à des investisseurs et autres parties prenantes. »

Durant les cinq dernières années, les bourses TSX et Venture ont capturé un tiers du financement d'actions minières et certaines années, ce chiffre était de l'ordre de 60 pour cent. En décomposant ces flux d'investissement, on révèle que la moitié environ de tous les capitaux proviennent de sources canadiennes et le reste est également divisé entre les États-Unis et l'Europe.

L'appui du financement à venir, particulièrement d'investisseurs asiatiques et du Moyen-Orient, devient de plus en plus urgent parce que l'incertitude des perspectives économiques mondiales a fait baisser le prix des métaux précieux et de base. « Plusieurs des entreprises sur le marché retarderont le financement d'un trimestre ou plus, mais pour maintenir leurs propriétés et leurs projets, elles devront lever des fonds, note M. Chadda. Nous espérons que le marché remontera et les prix des produits de base peuvent aider. Nous nous attendons encore à lever une partie importante des capitaux miniers mondiaux à Toronto. »

Chris Wheatley, un investisseur privé de Londres présent au Jour du Canada, disait que bien qu'il y a des signes que les investissements dans le secteur des ressources au Canada soit un marché surpeuplé, il croit qu'il y encore place pour l'expansion. Toutefois, M. Wheatley tend à investir dans des entreprises canadiennes qui ont des actifs en Afrique et en Amérique du Sud parce qu'il y voit de meilleures chances de rendement élevé.

En règle générale, l'Afrique est en voie de devenir la dernière frontière pour les occasions financières et l'endroit où réaliser des gains, d'après Elena Clarici, une gestionnaire de fonds à Scipion Capital. Sa firme investit dans des entreprises développant des ressources africaines qui sont cotées aux Bourses principales – TSX, Londres ou ASX – parce que le marché des actions africaines est à ses débuts et n'a pas encore la liquidité nécessaire.

Au bout du compte, les implications pour le développement des ressources au Canada qui est dans un climat ardu de souscription ardu et de rendement réduit sont qu'il faudra trouver des solutions de financement créatives. Le Canada est cependant bien placé pour y arriver. Grâce à l'émergence du pays de la crise financière, sa réputation comme pays favorable à l'investissement demeure intacte malgré certaines vagues protectionnistes à la suite de l'échec de l'achat de la société de potasse en Saskatchewan et le naufrage de la fusion transatlantique avec la bourse de Londres.
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