février 2012

Chronique spéciale

Utiliser l'économie de « projets » pour surmonter la pénurie de compétences

Par Kirk Rodgers

Quiconque cherche la preuve du « précipice démographique » qui attend le secteur minier aurait pu le trouver lors d'une récente soirée à Toronto où environ 300 personnes influentes de l'industrie se sont réunies pour la Sandvik's Annual Oyster Night. Les ingénieurs et géologues dans la trentaine ou la quarantaine étaient rares dans une mer de têtes grises. Plusieurs invités avaient 60 ou 70 ans et étaient encore dans les rangs de sociétés qui ont peur de perdre leurs compétences et leur expérience.

Dans 10 ans, plusieurs de ces personnes dans la foule ne seront plus disponibles à l'industrie ce qui souligne le besoin urgent de tirer le maximum de profit d'un groupe d'ingénieurs miniers et de géologues de plus en plus restreint.

Retour au futur?

Pour trouver une réponse possible à cette crise à venir, nous devons nous tourner vers l'époque avant l'avènement des ordinateurs – l'époque des règles à calculer et des chaînes d'arpentage. Les ingénieurs miniers de cette époque employaient leur formation et leur expérience pour planifier, guider, former le nouveau personnel et gérer les opérations en général. Les géologues évaluaient l'information rassemblée par les autres afin de comprendre les corps minéralisés.

Ces professionnels déléguaient le travail à des spécialistes plus économiques axés sur des compétences qui accomplissaient les tâches quotidiennes. C'était un bon système et il profitait au maximum des forces des ingénieurs et des géologues.

Revenons au présent où les ordinateurs sont partout. Les ingénieurs miniers peuvent maintenant aborder l'ensemble de l'exploitation d'une mine, y compris les détails quotidiens comme diriger une équipe de développement. Les géologues peuvent assembler des données, les tabuler, appliquer des limites de confiance et dessiner des sections. Qui a besoin de personnel lorsqu'une ou deux personnes peuvent tout faire?

Par conséquent, les ingénieurs et géologues hautement formés se retrouvent à cataloguer des carottes, à concevoir des voies de transport et à exécuter des tâches qui peuvent être réalisées par des techniciens. Bien que les systèmes d'information actuels soient puissants, leur effet a été de rendre ces professions beaucoup plus critiques pour l'industrie. Qu'adviendra-t-il lorsqu'il n'y aura plus suffisamment de ces professionnels?

Il faut travailler avec plutôt que contre les tendances de la main-d'œuvre

Il est préférable d'utiliser la meilleure pratique historique, combinée aux tendances actuelles en matière de main-d'œuvre et de technologie, pour bâtir un meilleur avenir pour le secteur minier. Les ingénieurs miniers et les géologues doivent revenir à l'ingénierie et à la géologie comme on les définissait il y a 50 ans. Laissez-les utiliser leur formation et leur éducation pour planifier et diriger les opérations et déléguer les tâches quotidiennes aux techniciens avec une formation plus étroite. Cela ouvrira la capacité des sociétés minières à employer des personnes avec moins d'éducation formelle, mais qui sont brillantes et qui peuvent apprendre des tâches particulières.

Utilisez la puissance de la technologie de l'information adéquatement : plusieurs de ces travailleurs techniques peuvent travailler dans des bureaux loin de la mine, ce qui semble mieux convenir à certains membres de la nouvelle génération. Ce plan est sensé en raison de plusieurs tendances présentes dans la société d'aujourd'hui :

  • Plusieurs jeunes personnes refusent une éducation pots-secondaire parce qu'ils hésitent à s'endetter en raison de l'incertitude du marché du travail.
  • Des études démographiques indiquent qu'il y a un vide important dans la gamme d'âge de 30 à 40 ans chez les professionnels potentiels de l'industrie minérale.
  • Les cols-bleus plus âgés qui ont perdu des emplois industriels sont prêts à être reconvertis
  • La puissance des réseaux informatiques permet le transfert de gros fichiers et la collaboration d'équipes à distance.
  • L'émergence de l'économie de « projets » dans laquelle des travailleurs indépendants sont embauchés pour des projets particuliers, développent des compétences en réaction aux occasions qui se présentent et qui passent d'une entreprise à l'autre sans difficulté.

Ces tendances rendent possible le concept d'une équipe composée de spécialistes qui travaillent sous la gouverne d'un ingénieur minier ou d'un géologue pour l'exploration et l'exploitation minière. Le résultat? Des occasions d'emploi pour un large segment de travailleurs, dont certains qui ne peuvent pas se déplacer jusqu'à la mine, et plus de gens qui aideront à combler le déficit démographique qui approche. Idéalement, il est possible d'obtenir le meilleur travail des ingénieurs miniers et des géologues.
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