déc '12/jan '13

Croissance du risque au Québec

L’industrie minière tâche de regagner la confiance du public

Par Krystyna Lagowski

Les projets de développement minier du Québec peuvent faire face à une opposition populaire importante | Courtoise de Socialist Canada, Socialist Quebec


En 2008, le Québec occupait la première place du sondage annuel sur les sociétés minières de l’institut Fraser, qui recueille l’opinion d’environ 93 régions minières du monde entier. Mais en 2011, le Québec avait reculé considérablement pour atteindre la cinquième place. Au récent sommet sur les Risques de l’industrie minière de Toronto, le déclin de la province était en vedette, et les principaux joueurs ont discuté des façons dont les sociétés minières peuvent contenir l’insécurité sociale croissante au Québec.

D’après Jean-Marc Lulin, président et chef de la direction de la société Azimut Exploration de Longueuil, la spirale descendante a débuté en 2009 avec le rapport du vérificateur général du Québec qui ciblait les lacunes dans le système d’imposition des sociétés minières et a déclenché des protestations systématiques contre l’industrie dans la province. « Cela couvre une grande variété de protestations, non seulement en matière de fiscalité, mais aussi sur des sujets comme l’exploration d’uranium et l’extraction à ciel ouvert, des thèmes qui ont fait l’objet de protestations bien organisées de la part des activistes opposés à l’extraction minière », ajoute-t-il.

Lulin souligne que les activistes tirent parti des craintes du public québécois en matière d’environnement.

Ces craintes ont été quantifiées dans le rapport Canadian Environmental Barometer d’Environics Research Group en 2012. « Les Québécois partagent le deuxième plus grand niveau d’inquiétude à l’égard de l’environnement, dépassés seulement par les résidents de la Colombie-Britannique, » souligne Darren Karasiuk, vice-président des affaires publiques et d’entreprise chez Environics Research Group. « En matière d’environnement, ils sont très alarmistes. »

De plus, 39 pour cent des participants au sondage croient que les groupes environnementaux, notamment Greenpeace, font preuve de leadership dans leur manière de répondre à leurs inquiétudes. Le leadership du gouvernement n’a impressionné que quatre pour cent des répondants.

La sensibilisation au public offre peut-être une solution. Le rapport du vérificateur général est l’un des éléments déclencheurs de la création de l’organisation du nom de Minalliance au 2009 par l’Association de l’exploitation minière du Québec (AEMQ), l’Association minière du Québec (AMQ) et d’autres acteurs de l’industrie. Minalliance a pour mandat de sensibiliser le public aux aspects positifs de l’industrie minière. « Notre vision consiste à faire de l’industrie du minerai une source de fierté pour tous les Québécois, » précise Normand Champigny, président du conseil d’administration de Minalliance et président de Donner Metals. « Et nous parlons de fierté en toute connaissance de cause, car c’est important pour les Québécois. »

Il est possible que le succès même de l’industrie minière au Québec en ait fait une cible. « L’industrie a connu un boom au Québec, ce qui en a accru la visibilité, » souligne Champigny. « Auparavant, c’est l’industrie forestière qui était dans la mire des critiques pour son succès, mais depuis que son importance a diminué, l’industrie minière a pris la place. »

Minalliance a adopté une approche proactive en commençant par embaucher un spécialiste des communications habile. « Nous comprenons où se trouve notre marché cible, » note Champigny. Au départ, dit-il, les membres de Minalliance avaient des doutes quant à l’efficacité d’une vidéo audacieuse présentant une roche sous un air « sexy. » Mais une étude d’Environics a montré que sa diffusion au grand public a entraîné une augmentation du taux d’approbation de l’industrie minière de trois pour cent.

Sur les sites de médias sociaux et à l’aide d’outils Internet, Minalliance a aussi diffusé des vidéos d’entrevue de personnes qui travaillent dans l’industrie pour corriger certaines idées fausses tout en présentant au public la réalité du milieu. « L’industrie est souvent présentée comme un domaine dont la technologie est rudimentaire, » observe Champigny. « Un livre créé avec l’Université du Québec à Montréal, l’Association minière du Canada et l’association des prospecteurs et des développeurs du Canada (PDAC) et offert comme outil de référence pour les médias, les chercheurs et autres, met en vedette 100 innovations de l’industrie. »

Une étude et un forum stratégique ont eu lieu sur le rôle de Montréal dans le développement des ressources naturelles du Québec. « De nombreux Québécois croient que les avantages de l’exploitation minière vont au nord, alors qu’en fait Montréal compte plus de 1 800 fournisseurs de l’industrie, » précise Champigny.

Minalliance a aussi développé des messages positifs sur l’industrie ciblant les jeunes. L’organisation a participé au festival de science Eurêka à Montréal, ce qui lui a permis de rejoindre 60 000 étudiants. Et l’initiative en éducation aux niveaux primaire et secondaire Mining Matters de la PDAC, sera traduit en français pour les écoles du Québec. « Nous voulons nous assurer que les jeunes aient une meilleure compréhension de l’industrie », explique Champigny.

« Le Québec est toujours un excellent endroit pour l’exploitation minière, et nous voulons qu’il le demeure, » conclut-il. « Nos messages soulignent ce qu’on y fait de bien. »

Traduit par SDL

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