déc '12/jan '13

Commentaire économique MAC

Un parcours semé d'embûches vers un avenir prometteur

Par Brendan Marshall

L’année a été mouvementée pour l’industrie minière. La faible demande de la Chine pour les produits miniers et d’autres forces à l’œuvre sur le marché mondial ont fait fluctuer le prix de plusieurs produits miniers. En outre, le resserrement persistant de l’accès au crédit a nui aux projets d’exploration. Le nationalisme des ressources est demeuré le principal risque pour les entreprises minières dans le monde entier. Ces événements ont marqué le domaine minier durant la dernière année et ont influencé les prévisions pour 2013. Bien que les perspectives de l’industrie demeurent favorables à long terme, l’année qui s’annonce ne manque pas de défis à relever.

La Chine, un très grand consommateur de minerais et de métaux et un important facteur de croissance dans le secteur minier, a fait les grands titres en mars en rabaissant sa cible de croissance annuelle de huit pour cent (son objectif depuis 2005) à 7,5 pour cent. En octobre, le FMI a emboîté le pas, réduisant ses projections de croissance pour la Chine. Pour mettre ces chiffres en perspective : Une croissance de 7,5 pour cent demeure solide, et la Chine accapare toujours 40 pour cent de la demande mondiale en métaux de base, comparativement à cinq pour cent durant les années 1980. Si le passé est garant de l’avenir, la Chine ne risque pas de perdre son élan de sitôt, et la demande en minerais et en métaux y demeurera forte.

Malgré ces projections de croissance légèrement revues à la baisse, les prix de certains produits clés ont continué de grimper, bien qu’ils aient été volatils par moments. Par exemple, les prix du minerai de fer ont baissé de 42 pour cent après le pic d’avril pour atteindre 87 $ la tonne, le prix le plus bas en trois ans, et ont rapidement rebondi à 110 $ la tonne en septembre, alors que les investisseurs chinois prévoyaient la mise en place de mesures nationales visant à stimuler la demande en acier. Le prix de la potasse, bien qu’il soit demeuré élevé, a également diminué comparativement aux prix record des dernières années. Entre-temps, certains investisseurs estiment que le prix de l’or atteindra bientôt 2000 $ l’once, et le marché du cuivre demeure solide. Il s’agit de bonnes nouvelles pour les entreprises d’exploitation minière à plusieurs métaux du Canada.

Malgré ces prix qui se situent à un sommet historique, certains produits miniers ont vu l’importance de facteurs extérieurs à loi de l’offre et de la demande augmenter dans certaines régions. Le prix du nickel, par exemple, a triplé au cours des dix dernières années pour atteindre 17,7 $ la tonne. Cependant, si l’on tient compte de l’augmentation des coûts de production, qui représente 349 et 296 pour cent respectivement pour le pétrole et le charbon, le portrait de la situation est tout autre. Au Canada, quand on tient compte de l’évolution des coûts de main-d’œuvre (+26 pour cent), de l’indice des prix à la consommation (+25 pour cent) et de la valeur du dollar (+56 pour cent) sur les dix dernières années, la réalité apparaît clairement : les prix élevés ne se traduisent pas nécessairement en profits élevés.

Au Canada, l’importante diminution de la disponibilité du capital représente un défi pour les prospecteurs. Les grands joueurs sont affectés, mais l’environnement actuel est particulièrement exigeant pour les petites sociétés. La méfiance actuelle des investisseurs envers le risque, combinée à l’incertitude quant à la solidité de l’économie mondiale, risque de persister jusqu’à ce que les économies américaine et européenne se stabilisent. Cette perspective difficile pour de nombreuses sociétés canadiennes risque de durer encore quelque temps. L’ambiguïté entourant la durée de cette incertitude économique mondiale, l’impact négatif de cette incertitude sur la disponibilité de fonds et le rôle crucial des petites sociétés dans le domaine de l’exploration représentent des défis importants pour l’industrie, surtout dans un contexte de diminution marquée des réserves exploitables prouvées et probables de métaux de base au Canada.

Enfin, selon Ernst & Young, le nationalisme des ressources demeure le principal risque pour l’industrie minière. L’exemple peut-être le plus frappant est l’approbation par le sénat australien, le 1er juillet dernier, d’une taxe de 30 pour cent sur les profits provenant du minerai de fer et du charbon. Cela prouve qu’aucun pays n’est à l’abri de ce phénomène. D’autres exemples du genre incitent les sociétés minières à faire preuve d’une plus grande prudence dans leurs projets d’investissement futurs. Mais l’expansion importante du commerce au Canada a contribué à améliorer la flexibilité et la sécurité des investissements dans les pays riches en ressources. Par exemple, en 2012 des ententes bilatérales ont été conclues avec la Chine, la Tanzanie et d’autres partenaires stratégiques comme le Partenariat transpacifique, dont l’importance et la portée viendront à dépasser celles de l’ALÉNA.

Malgré les inquiétudes, notamment quant au taux de croissance en Chine, l’avenir du secteur minier au Canada est prometteur. Des mesures dynamiques, comme celles visant la préservation de l’environnement législatif et d’investissement attrayant et stable qui prévaut au Canada, et l’amélioration des occasions de croissance sur le marché international par l’accroissement du commerce bilatéral et multilatéral, donnent à l’industrie canadienne une part de flexibilité et de certitude dans un contexte de volatilité. Même si son rythme devait ralentir, la croissance promet de demeurer solide à long terme. En tant que pays riche en ressources minérales et en talent minier, le Canada a la chance de pouvoir miser sur un secteur minier en expansion, même s’il y a des embûches sur son parcours.


Brendan Marshall est directeur des affaires économiques à l’AMC. Il travaille à promouvoir les intérêts de l’industrie minière et étudie les questions économiques importantes comme la fiscalité, les échanges et les investissements internationaux, le transport, l’énergie et les changements climatiques, ainsi que l’innovation.

Traduit par SDL

Publier un commentaire

Commentaires

Version PDF