déc '12/jan '13

Le moment est venu de prendre les commandes

Philip Thwaites montre l’importance de l’automatisation dans le contrôle des procédés

Par Alexandra Lopez-Pacheco

Philip Thwaites a commencé sa carrière à titre d’ingénieur en technologie minérale après avoir reçu son diplôme de la Royal School of Mines de l’Imperial College de Londres en 1980. Depuis, il a travaillé au site métallurgique de Kidd Creek et à la raffinerie de nickel norvégienne de Nikkelverk. Actuellement, il est directeur du groupe de contrôle des procédés au Centre de soutien des procédés de Xstrata, où il dirige aussi un programme de stage en ingénierie de procédés pour Xstrata Canada. Dans sa présentation « Contrôle manuel, automatisation des procédés, ou excellence en rendement d’exploitation? Quelle est la différence? », il présente le rôle important des mesures de contrôle des procédés automatisés dans l’amélioration des rendements.

ICM : Pourquoi l’automatisation des contrôles des procédés est-elle un enjeu si important pour l’industrie?

Thwaites : Tous les propriétaires veulent obtenir le meilleur rendement possible pour maximiser leur marge de profit, leur degré de récupération et leurs résultats. Essentiellement, c’est ce que l’on peut atteindre si l’on utilise efficacement l’automatisation et le contrôle des procédés. Si une exploitation n’offre pas le meilleur rendement possible en récupération de minerais, la différence correspond à une perte qui s’accumule chaque jour. Si vos concentrés finaux consomment trop d’énergie, cela correspond à des pertes; si l’exploitation utilise trop de produits chimiques, cela se répercute sur la marge de profits.

ICM : Pouvez-vous expliquer de quelle manière l’automatisation et le contrôle des procédés peuvent améliorer le rendement d’une exploitation?

Thwaites : À titre d’ingénieur de systèmes de commande, je vois plus qu’une simple pompe, par exemple. Je vois où elle se situe sur sa courbe de fonctionnement en tant que composante du système complet. En tenant compte de tous ces facteurs, je vois si la pompe fonctionne de manière efficace.

Avec un meilleur contrôle des procédés, nous pouvons en ajuster la température de fonctionnement, le débit, la pression, les additifs chimiques, le rendement énergétique et plus encore. Des procédures automatisées et bien gérées sont plus efficaces à l’exploitation.

ICM : Quel est le rendement du capital investi?

Thwaites : Le coût est très bas, mais le rendement de l’investissement est énorme. À l’ancien site métallurgique de Kidd Creek, nous avons tiré avantage des variations de taux quotidiennes et saisonnières d’Ontario Hydro en les programmant dans l’ordinateur pour automatiser l’approvisionnement en électricité du site métallurgique en entier. En cinq ans, sans aucune baisse de production, nous avons économisé 17,6 millions $. Nous avons choisi de régler la charge en alimentation du site entier de minute en minute et de basculer la plus grande part possible de la production dans les périodes hors pointe moins coûteuses.

Depuis, les coûts de l’alimentation en électricité des sites industriels ont plus que doublé, alors toute stratégie visant à régler l’alimentation ou à augmenter la production dans les périodes plus abordables peut avoir un très grand effet. Malheureusement, les plans de nouvelles usines tiennent rarement compte de ce facteur.

ICM : Dans quelle mesure une utilisation efficace de l’automatisation dans le contrôle des processus est-elle implantée dans les sites d’exploitation minière?

Thwaites : Soixante-quinze pour cent de tous les actifs de l’industrie font l’objet de mesures de contrôle des procédés, et pourtant plus de soixante pour cent des boucles de contrôle des procédés présentent un rendement en deçà de leurs capacités ou ne sont pas entretenues adéquatement.

Les ingénieurs de systèmes de commande identifient sur place les points à améliorer sur les boucles de contrôle. Nous voyons de nombreux exemples de boucles mal conçues, et j’en parle dans ma présentation. J’utilise un exemple d’un contrôleur de niveau de flottaison sur lequel un ajustement et l’utilisation d’une valeur intégrale adéquate illustrent l’avantage que l’on peut tirer d’un meilleur contrôle et de l’élimination des écarts systématiques. Les écarts systématiques sont les situations dans lesquelles l’opérateur doit se souvenir que le point cible n’est pas compensé sur un contrôleur en particulier.

Quand on fait l’ajustement, on peut améliorer le contrôle, en poussant la procédure jusqu’à ses limites, en réduisant l’utilisation de consommables, d’électricité, de produits chimiques d’acier, etc., ce qui améliore le rendement du procédé.

ICM : Selon vous, que faudrait-il pour que l’industrie adopte vraiment les meilleures pratiques dans ce domaine?

Thwaites : L’industrie est très douée pour le partage d’expériences. Les événements de l’ICM en sont un excellent exemple et c’est très important. Les groupes de recherche et les universités se trouvent plutôt en marge, mais ils ont leur importance en ce qu’ils doivent comprendre les exigences de l’industrie. Nous devons sensibiliser les ingénieurs de systèmes de commande. Les fournisseurs du système de commande et l’équipe de l’exploitation sont tout aussi importants.

Le travail d’équipe est essentiel, autant au niveau de chaque site qu’au niveau de l’industrie. Au sein d’un site, la direction doit soutenir le projet. Pour l’industrie, un travail d’équipe est nécessaire, réunissant les universités, les fournisseurs des systèmes de commande et de l’instrumentation, ainsi que ceux qui travaillent sur le terrain.

Réservez une conférence de Philip Thwaites ou informez-vous sur le programme des Éminents conférenciers de l’ICM.

Traduit par SDL


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