déc '12/jan '13

L’ICM aux commandes

L’ICM est aux avant-postes du développement de l’industrie minière canadienne en Afrique de l’Ouest

Par Correy Baldwin

Pierre Boivin, associé chez McCarthy-Tétrault et codirecteur du sous-comité african du comité consultatif international de l’ICM, recontre le premier ministre Stephen Harper | Courtoisie de Prime Minister’s Office (PMO)


En tant que région avec plusieurs juridictions minières émergentes, l’Afrique du l’Ouest a beaucoup à offrir au Canada. Les entreprises canadiennes établissent des relations avec des partenaires commerciaux ouest-africains, tandis que les gouvernements de part et d’autre travaillent à promouvoir l’essor des occasions de développement. L’ICM est aux premiers rangs de ces échanges.


L’Institut est devenu un leader dans la région en facilitant la création de partenariats et en jouant un rôle clé d’agent de liaison entre les industries canadienne et ouest-africaine, ainsi qu’entre les gouvernements nationaux et régionaux. En octobre, le gouvernement canadien a sollicité l’expertise de l’ICM lors d’une discussion avec le premier ministre Stephen Harper et plusieurs autres représentants gouvernementaux à Dakar (Sénégal).

Cette discussion, à laquelle participaient sept représentants d’entreprises canadiennes triés sur le volet, a porté sur le climat des affaires et les intérêts des entreprises canadiennes au Sénégal, dans le cadre des efforts d’Ottawa visant à stimuler les échanges commerciaux et à mettre sur pied des partenariats avec l’industrie ouest-africaine. Le premier ministre s’est rendu au Sénégal pour finaliser un accord d’investissement et discuter des relations commerciales entre les deux pays en vertu de cette entente.

« On sait que M. Harper aime bien rencontrer les joueurs de l’industrie privée et, dans ce cas-ci, son objectif était de s’entretenir directement avec certains des principaux intervenants au Sénégal », explique Pierre Boivin, associé chez McCarthy Tétrault et représentant de l’ICM lors de cet événement. M. Boivin est codirecteur du sous-comité africain du comité consultatif international de l’ICM, de même que Daniel Gagnon, directeur général, Groupe minier chez Met-Chem Canada. Le sous-comité planifie les activités de l’ICM dans la région depuis sa création, le 5 mai 2012. « Cette rencontre visait également à recueillir des faits pour l’aider à préparer sa rencontre avec le président du Sénégal, pendant laquelle il aurait la possibilité d’exprimer les inquiétudes, les préoccupations et les objectifs des entreprises et de l’industrie canadiennes », ajoute M. Boivin.

Le secteur minier a été au cœur de la discussion, à laquelle ont pris part trois autres représentants du secteur minier, soit Teranga Gold, Iamgold et Oromin Joint Venture Group. M. Boivin a souligné le rôle de l’ICM dans le développement de l’industrie minière canadienne au Sénégal. Selon lui, l’ICM peut jouer un rôle déterminant dans l’essor du commerce, de l’emploi et de l’investissement, dans le développement de chaînes d’approvisionnement et de capacités de formation et dans la promotion de pratiques exemplaires.

L’ICM a déjà collaboré avec le gouvernement canadien sur des projets touchant l’Afrique de l’Ouest dans le cadre de missions commerciales et de l’élaboration de modèles de responsabilité sociale d’entreprise. Cette collaboration se poursuivra lors des prochaines opérations commerciales et dans le cadre de divers programmes d’investissement.

L’ICM prépare le terrain

Parallèlement à la rencontre, l’ICM a annoncé l’ouverture de sa première section ouest-africaine à Dakar, ainsi que des accords de principe pour les sections qui doivent ouvrir leurs portes à Ouagadougou (Burkina Faso), à Conakry (Guinée) et à Abidjan (Côte d’Ivoire). « Pour nous, cette visite du premier ministre a cristallisé l’importance de l’Afrique de l’Ouest », déclare Jean Vavrek, directeur exécutif de l’ICM.

L’ICM est également en train d’établir des activités en Afrique de l’Ouest au moyen de partenariats avec diverses organisations ouest-africaines, plus particulièrement avec le Centre africain d’Études Supérieures en Gestion (CESAG), une école universitaire de gestion qui assurera les fonctions de secrétariat pour la nouvelle section.

Grâce à sa section de Dakar, l’ICM pourra organiser des initiatives et des programmes directement sur place. Les programmes menés par l’entremise de cette section permettront de tisser des liens entre les entreprises ouest-africaines et les fournisseurs canadiens de biens et de services, de créer des chaînes d’approvisionnement, de développer des ressources en formation technique et professionnelle et de partager le savoir-faire et les meilleures pratiques du Canada.

Dans un premier temps, les programmes privilégieront la mise à niveau de la formation des géologues diplômés sénégalais, pour qu’ils puissent être reconnus comme géologues professionnels en vertu des normes canadiennes, ainsi que l’amélioration des programmes techniques des écoles techniques sénégalaises.

L’ICM a également annoncé le financement de deux projets de recherche: pour mieux comprendre les enjeux et les possibilités d’une chaine d’approvisionnement et pour examiner les options de développement d’in institut minier franco-africain. « Nous voulons aussi sensibiliser davantage les investisseurs au potentiel de l’Afrique de l’Ouest car il existe beaucoup d’incompréhension à ce sujet », explique M. Vavrek.

Un événement phare pour la collaboration

Le symposium sur l’exploitation aurifère de l’ICM, organisé en collaboration avec l’ambassade canadienne à Dakar et le CESAG, a eu lieu le 3 novembre 2012 dans la capitale sénégalaise. Sous le thème Faire des affaires dans le secteur des mines en Afrique de l’Ouest, cet événement constituait une première dans la région. Il mettait l’accent sur les cadres juridiques et commerciaux dont les sociétés minières et les fournisseurs canadiens ont besoin pour mener leurs activités en Afrique de l’Ouest.

Des sujets très variés ont également été abordés, allant de la responsabilité sociale d’entreprise à l’évaluation des ressources. Une des discussions entre experts portait sur la façon de créer des modèles prévisionnels pour l’emploi afin d’aligner à la fois les programmes et la capacité des établissements d’enseignement sur les besoins de l’industrie minière. L’expert Maxime Detraux de PricewaterhouseCoopers a parlé des similarités entre les besoins en infrastructures de l’Afrique de l’Ouest et ceux du Nord canadien, tout en évoquant la possibilité de satisfaire les besoins ouest-africains au moyen d’une démarche inspirée du Plan Nord.

« L’idée consistait à présenter des processus qui ont fonctionné pour nous et d’établir des relations d’affaires avec certains des chefs de file de l’industrie au Sénégal », souligne M. Vavrek. Selon lui, le symposium a servi de vitrine à l’expertise canadienne et a généré des occasions d’affaires pour le Canada.

Cette initiative s’étant avérée fort fructueuse, le concept peut désormais être appliqué à d’autres pays ouest-africains. « Les délégués commerciaux canadiens tiennent vraiment à ce que nous organisions d’autres symposiums semblables dans les régions où ils se trouvent », affirme M. Vavrek.

« Ce qu’il faut, c’est faire le premier pas », ajoute M. Boivin, également conférencier lors du symposium. « Ensuite, les choses progressent d’elles-mêmes et continuent sur leur lancée. Grâce à ces forums, les gens d’affaires, les représentants des gouvernements, les sociétés minières ainsi que les intervenants de l’industrie et les universitaires peuvent, tous ensemble, favoriser la création d’occasions d’affaires dans la région comme l’échange de produits et de services. »

« Nous pouvons commencer par rassembler les communautés d’expertise en Afrique de l’Ouest », ajoute M. Vavrek. « Elles ont beaucoup de ressources qu’elles pourraient partager entre elles, mais elles ne disposent pas des mécanismes nécessaires à cette fin. Notre réseau de sections ainsi que notre concept de sociétés techniques sont la solution idéale pour combler cette lacune et les aider à unir leurs forces. »

Traduit par SDL

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