août 2012

Mesurer deux fois, construire une seule fois

Detour Gold prend les mesures nécessaires pour le développement de sa mine

Par Dan Zlotnikov

Quand le projet Detour Lake de Detour Gold sera lancé, au cours du premier trimestre de la prochaine année, 55 000 tonnes de minerai à basse teneur, soit 650 000 onces d’or, seront soutirées chaque année pendant les 20 années de vie de la mine.

Pierre Beaudoin, vice président principal des projets d’immobilisations de Detour Gold, est conscient que l’industrie a connu des projets qui n’ont pas réussi à atteindre leurs objectifs dans le passé. Plusieurs se sont vus obligés d’acheter du nouvel équipement ou d’apporter des changements coûteux avant que le projet puisse atteindre les débits escomptés. Des histoires déchirantes ont enseigné à l’équipe de Detour Gold quelques leçons précieuses, et la conception de la nouvelle mine a été réalisée avec une extrême prudence.

Selon Beaudoin, les entreprises minières doivent avoir une certaine aversion pour les risques lorsqu’elles réalisent des études de faisabilité. Bien que les grosses entreprises puissent parfois s’en tirer avec un démarrage au ralenti, une petite entreprise comme Detour ne peut se permettre un tel luxe. C’est pourquoi Beaudoin a opté pour une approche en deux cycles, plutôt que d’utiliser un seul gros broyeur SAG. Il a de plus attendu trois mois pour publier les résultats d’une étude de faisabilité menée par BBA afin de faire valider les résultats par une tierce partie.

Des retards justifiés des premières phases

Retarder un nouveau projet n’est jamais une décision populaire, mais les retombées peuvent en valoir le coût si le tout se produit dans les premières phases du projet. Beaudoin affirme qu’une analyse de faisabilité indépendante est une procédure standard chez Barrick Gold, où il a passé 16 années avant de rejoindre Detour Gold au début de l’année 2010. « Nous voulions nous assurer que nos consultants puissent réduire au maximum les risques potentiels du projet. Le travail des analystes était justement de vérifier que cela avait été fait avec soin », explique-t-il.

Il s’agissait en quelque sorte d’une vérification de l’étude de faisabilité, ajoute André Allaire, vice président des marchés, des mines et des métaux chez BBA. Il ajoute aussi que ce genre de vérification est habituellement réalisée par les investisseurs. Allaire souligne que les études de BBA publiées sur SEDAR ou sur les sites Web des clients pour la conformité au règlement NI 43-101 impliquent bien souvent une vérification des travaux techniques par les nouveaux investisseurs. Des clients comme Detour Gold ne demandent par contre pas souvent de vérifications.

« Lorsque cela se produit, cela est très bénéfique, et est très certainement profitable pour la réduction des risques », affirme Allaire. « Les vérifications ont été faites par différents spécialistes. Ces personnes ont des connaissances très poussées, ce qui mène à des discussions pertinentes et à des améliorations potentielles de la conception. Cela augmente la confiance, autant pour le client que pour l’entrepreneur. »

En tout, Detour a eu recours à huit spécialistes internationaux dans différents domaines d’expertise : la fragmentation, la métallurgie, la modélisation par blocs, les mines à ciel ouvert, l’estimation des coûts en capital, les gradins de mine, la conception du stockage des résidus et la gestion de l’eau. Chacun a été associé à une partie de l’étude et, pour la plupart, ils ont reçu la consigne suivante de la part de Beaudoin : « Vous disposez de deux mois; veuillez trouver des problèmes. »

Page 1 de 2 Suivant
Publier un commentaire

Commentaires

Version PDF