août 2012

Hauts sommets

La mine d’or Maricunga à haute altitude de Kinross

Par Peter Braul

Maricunga de Kinross, à 4 500 mètres au-dessus du niveau de la mer, est une histoire qui sort de l’ordinaire.

« Tout le monde sait que Maricunga est un cas extrême, le travail qui y est réalisé est très difficile », déclare Richard Lizana, le directeur des services techniques de la mine. « Beaucoup de personnes sont fières de travailler ici. C’est quelque chose dont tout le monde parle. Plusieurs disent que si vous êtes capable de travailler à Maricunga, vous pouvez travailler partout dans le monde. »

Pour une journée donnée, les températures peuvent varier de 30 degrés Celcius, et parfois plus. Les routes pour accéder à la mine peuvent être entièrement recouvertes de neige, et il se peut que vous ayez à monter des marches qui peuvent vous donner un vertige saisissant. Ces difficultés rendent encore plus impressionnant la rentabilité de Maricunga : En 2011, la mine produisait plus de 230 000 onces d’or. À 457 $USD l’once, il s’agit de l’une des entreprises qui a le plus faible coût d’exploitation.

Les gens
 

Kinross estime que ses camions de transport subissent une perte de 25 pour cent d’efficacité en raison de l’altitude. Ce qui a le plus d’influence pour l’exploitation de la mine, qui se trouve sur les sommets du monde, n’est toutefois pas limité par l’équipement, mais plutôt par des facteurs humains. « Toute activité qui se déroule à l’extérieur est très difficile », constate Lizana. « Certaines personnes ont beaucoup de difficulté à y travailler, car leur corps n’est pas bien adapté à cet environnement. Pour d’autres personnes, c’est facile. Toutefois, l’esprit et la motivation de faire un bon travail sont les facteurs les plus importants. »

Les conditions nécessitent un certain niveau de témérité de la part des employés de Kinross. « Parfois, vous devez anticiper les mauvaises conditions météorologiques, pour ce qui est de l’altitude, vous ne pouvez toutefois rien faire », déclare Lizana.

Selon José Bugueño, le directeur de la santé et de la sécurité de Kinross pour l’Amérique du Sud, les employés doivent passer un examen médical annuel. De plus, tous les visiteurs qui doivent rester au moins une nuit sur le site doivent aussi passer un examen médical avant leur visite. Il y a cependant encore de la place à amélioration pour vivre avec les limites reliées à l’air respiré. « Les effets de l’altitude sur le corps humain ne sont pas encore bien compris », explique-t-il.

Guillermo Contreras, qui a passé quelque temps à cet endroit depuis le début de 1993, est maintenant responsable des relations de responsabilité et des communautés de l’entreprise pour le Chili. « Travailler à 4 500 mètres d’altitude limite significativement la quantité d’oxygène disponible », souligne-t-il. « Le risque de souffrir d’un mal de tête ou d’un mal de l’altitude est toujours là.

C’est extrêmement difficile pour les travailleurs, qui travaillent sept jours par semaine et qui ont des quarts de travail de douze heures », ajoute Contreras. En plus d’équiper tous les véhicules miniers et les bâtiments de bombonnes d’oxygène, Kinross a aussi considéré les problèmes reliés au froid. « Nous avons des protocoles pour le déplacement de toutes les personnes qui travaillent à l’extérieur vers l’intérieur, car à cet endroit, il est possible de mourir de froid en quelques minutes », explique Contreras. Dans le cas de l’incident du « viento blanco », la neige qui tombe est si épaisse que la visibilité est nulle, et les activités de la mine sont suspendues.

« Notre période d’exploitation hivernale, du 15 avril au 15 septembre, nécessite des abris dans toutes les zones d’exploitation de la mine », fait remarquer Bugueño. « Ils sont régulièrement entretenus. Ainsi, si les travailleurs y ont recours, ils auront de la nourriture, un espace pour dormir, pour prendre un bain et pour se réchauffer. »

En raison des grands vents et de la neige, les accès routiers au site peuvent être rompus en quelques minutes, ce qui risque d’emprisonner les miniers dans les hauteurs. La direction prévoit qu’en général 13 jours par année sont perdus en raison des mauvaises conditions. Ce nombre peut toutefois varier beaucoup d’une année à une autre. « Nous n’avons perdu aucune journée au cours des trois dernières années », souligne Contreras. Par contre, en 1997, avant que Kinross fasse l’acquisition de Maricunga, le site a connu l’une des périodes les plus difficiles, et le site a dû arrêter ses activités pendant deux mois. « C’était la tempête du siècle », souligne Contreras, qui travaillait comme directeur de l’environnement pour Amax, l’exploitant de la mine à l’époque. « Nous avons connu des chutes de neige de 6,5 mètres. Il était impossible de voir les bâtiments. En fait, rien n’était visible. En tout, 150 personnes ont été évacuées par quatre hélicoptères loués par l’entreprise. C’est moi qui étais chargé de l’opération. Le vice président a communiqué avec moi pour me dire : « Guillermo, loue tous les hélicoptères qui peuvent voler à cette altitude.

Nous avons appris notre leçon, nous avons par la suite modifié le chemin d’accès à la mine », ajoute-t-il. « Celui que nous utilisons actuellement pour accéder au site a été construit un an plus tard. L’ancienne route comportait 110 kilomètres situés à plus de 4000 mètres d’altitude, la nouvelle n’en compte que six. »

Chute de pression

Les effets de l’altitude sur la santé


La proportion d’oxygène demeure constante, peu importe l’altitude. Ce qui est problématique pour le corps humain est plutôt la faible pression des hauteurs. L’air est moins dense, mais la capacité des poumons ne change pas. Cela veut dire que le nombre de respirations nécessaires doit augmenter pour recevoir la même quantité d’oxygène.

La pression atmosphérique au niveau de la mer est de 101 kPa. Cette pression descend à 70 kPa à 3 000 mètres. Lorsque l’altitude est plus élevée que ce seuil, les gens en général ressentent certains symptômes des altitudes, comme le mal des hauteurs, de la nausée, des maux de tête, des vertiges et des problèmes de sommeil.

D’autres problèmes, plus sérieux, sont également plus fréquents avec l’augmentation de l’altitude. Des hémorragies rétiniennes peuvent survenir entre 4 200 et 4 500 mètres d’altitude, et la vision est ainsi embrouillée. Toutefois, les poumons sont les organes qui subissent le plus les contrecoups des hauteurs. Près de 10 pour cent des personnes qui s’élèvent rapidement à 4 500 mètres d’altitude, où la pression n’est que 57 kPa, subissent une formation de liquide dans les poumons, connu sous le mon d’œdème pulmonaire des altitudes. Cela peut provoquer un essoufflement, de la fièvre, de la salive écumeuse et mener à la mort. Un œdème (formation de liquide) peut également se produire dans le cerveau et provoquer la confusion et la perte de coordination. Cala peut, dans ce cas aussi, causer la mort.

En termes statistiques, très peu de personnes ont connu de telles altitudes. La science a donc très peu d’explications sur la différence entre les personnes qui réagissent mieux à de telles conditions. Outre changer d’altitude graduellement et prendre le temps de s’y s’habituer, il y a peu de choses qu’une personne peut faire pour habituer son organisme à un tel stress. De plus, les travailleurs qui retournent au niveau de la mer après chaque quart de travail ne s’habituent pas entièrement, comparativement à ceux qui vivent en altitude toute l’année. Des médicaments peuvent aider à soulager certains symptômes, au même titre que mâcher la traditionnelle feuille de coca de la région des Andes. Toutefois, rien n’est efficace pour soulager les conditions sous-jacentes. La seule solution, en particulier dans le cas des œdèmes, est un accès immédiat à un centre médical situé à une altitude moins élevée.

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