août 2012

William Ogilvie : Arpenteur de la ruée vers l’or du Klondike

Par Correy Baldwin

Avec le début de la ruée du Klondike en 1896, les prospecteurs ont descendu les rivières Bonanza Creek et Eldorado d’une manière désordonnée dans le but de trouver de l’or. Ces gens ont marqué eux-mêmes leur concession parmi les buissons très denses, un processus qui a été fait de manière précipitée et désordonnée. Rapidement, les concessions du Klondike sont devenues un vrai fouillis.

C’est William Ogilvie, un arpenteur des terres fédérales qui se trouvait déjà au Yukon, qui a littéralement redressé les choses. Quand Ogilvie a évalué les concessions, il a recensé un nombre accablant de terrains mal définis, soit environ les trois quarts.

Les intérêts en jeux, et la pression, étaient très importants : avec des gisements aussi riches, des fortunes pouvaient ainsi être gagnées ou perdues en fonction du tracé des frontières d’Ogilvie.

Ogilvie s’est rendu au Yukon pour la première fois en 1887. Il dirigeait alors une petite équipe pour explorer la frontière entre le Canada et l’Alaska. Au col Chilkoot, il a rencontré trois hommes qui devaient planter les premiers jalons des premières concessions du Klondike : George Carmack, Skookum Jim et Dawson Charlie. Carmack et Jim travaillaient comme porteurs au col Chilkoot et faisaient partie de l’équipe des 120 porteurs engagés par l’équipe d’Ogilvie pour le transport de six tonnes d’équipement et d’approvisionnement.

L’activité minière en effervescence dans une région éloignée a attiré l’attention du gouvernement canadien, et Ogilvie a été appelé à analyser le potentiel en minerais du Yukon. Il a donc passé l’hiver à la ville de Forty Mile, près de la frontière de l’Alaska, afin d’explorer la région et de discuter avec les prospecteurs.

Ogilvie a vite compris l’importance d’y établir une administration stable. Il a tout de même écouté les préoccupations des prospecteurs et a recommandé à Ottawa d’opter pour une approche de laisser-faire pour un certain temps (et ne pas collecter de redevances) afin de ne pas nuire à la prospection. Il a aussi écouté les conseils des prospecteurs concernant l’agrandissement des concessions : ces dernières présentaient une façade de 30,5 mètres, qui est passée à 152,5 mètres afin de compenser pour la difficulté de travailler dans le pergélisol. Ogilvie prédisait la découverte d’importants gisements au Yukon.

D’ailleurs, des bruits à propos du Yukon continuaient à circuler, et Ogilvie a recommandé à Ottawa d’assurer une présence dans la région. En 1895, 20 gendarmes sont arrivés à Forty Mile, et Ogilvie est retourné au Yukon afin de continuer d’explorer la frontière de l’Alaska. Ce dernier y était encore présent au moment où Geoge Carmack s’est rendu à Forty Mile, le 24 septembre 1896, pour inscrire sa concession.

Ogilvie est alors reparti pour le Klondike et a trouvé assez d’occupation pour le tenir occupé, nommément avec la vérification de l’exactitude des concessions et leur correction. Les prospecteurs et les miniers avaient confiance en Ogilvie. Il était respecté pour son travail acharné ainsi que pour son honnêteté et son impartialité. Il a ainsi contribué au calme, et l’ordre régnait au Klondike.

Ogilvie, officier civil, n’a pas pu prendre part aux richesses des retombées de la ruée vers l’or. Toutefois, il y a au moins un membre de son équipe y a fait fortune.

Quand des miniers exploitaient une partie plus grande que ce qu’ils possédaient, Ogilvie était chargé d’y apporter des corrections et de diviser les parcelles en plusieurs concessions fractionnées. Une de ces fractions, un terrain d’à peine 26 mètres, avait été attribuée à Dick Lowe, un jalonneur de l’équipe d’Ogilvie.

La fraction semblait peu prometteuse, et Lowe a tenté de la vendre. Il n’y avait toutefois aucun acheteur, car le terrain était trop petit. Lowe a de plus tenté de louer le terrain, sans plus de succès. Il a donc finalement décidé d’exploiter lui-même le terrain.

Lowe a creusé un puits, et n’a rien trouvé. Il a recommencé avec un autre puits, et cette fois, a trouvé 3 000 onces d’or, évalué à 46 000 $ après huit heures seulement. En tout, sa fraction lui a apporté plus d’un demi-million de dollars, la concession qui avait la plus grande valeur par superficie au Yukon.

Ogilvie n’est peut-être pas devenu riche, il a néanmoins joué un rôle de la plus grande importance au Klondike, avant, pendant et après la ruée vers l’or. Il a fait régner la loi et l’ordre dans la région, a étudié la région de Dawson City et, entre 1898 et 1901, est devenu commissionnaire du Yukon.

Publier un commentaire

Commentaires

Version PDF