août 2012

De l'air frais sous la terre

Cheryl Allen de Vale discute de la mise en place de systèmes de ventilation souterrains automatisés

Par Alexandra Lopez-Pacheco

Cheryl Allen a obtenu son diplôme de l'école des mines et de la technologie du Dakota du Sud en 1984 et a étendu sa carrière de spécialiste en ventilation à travers le Canada et les États-Unis. À cette époque, la carrière d'ingénieur des mines de son mari était prioritaire et Cheryl cherchait par conséquent des postes là où la carrière de son mari les menait. Ce faisant, elle s'est rendu compte qu'il existait une véritable demande en spécialistes dans le domaine de la ventilation. « J'ai compris que devenir conseillère technique me permettrait d'appliquer mes compétences d'ingénierie à un niveau supérieur et de définir mon propre parcours », explique-t-elle. Tout au long de sa carrière, Allen a appris directement auprès de nombreux employés expérimentés et a appliqué ces leçons pratiques à des projets de conception et de recherche. Aujourd'hui, elle est spécialiste principale en ventilation à Vale. « Partager son expérience est définitivement un moment important d'une carrière », commente-t-elle en faisant référence à son rôle au sein du programme Éminents conférenciers de l'ICM, occasion au cours de laquelle elle s'exprimera sur les défis d'installer un système de ventilation souterrain automatisé et la manière de les résoudre.

ICM : Les systèmes de ventilation souterrains automatisés sont-ils courants?

Cheryl Allen : L'Europe est chef de file dans ce domaine. C'est nouveau au Canada. Certaines entreprises minières en Amérique du Nord ont commencé le processus et Vale a installé trois systèmes, mais au début nous ne disposions d'aucun modèle de référence en Amérique du Nord. Nous avons pris nos propres initiatives. Nous effectuions des évaluations des risques à chaque étape pour nous assurer de bien comprendre les mesures à prendre avant d'installer les systèmes.

ICM : Quels sont les avantages d'un système de ventilation automatisé?

Cheryl Allen : Pouvoir comprendre comment se comportent les processus souterrains en temps réel est l'un des principaux avantages. Nous pouvons mieux comprendre où passe l'énergie, car nous disposons de données en temps réel et d'un immense volume de données déjà recueillies à analyser. Lorsque l'on mesure effectivement quelque chose, il est bien plus facile de savoir ce qui fonctionne bien. Un système de ventilation automatisé est plus efficace et flexible, puisque l'automatisation permet au système d'être dirigé rapidement vers des parties spécifiques de la mine et de modifier les volumes facilement et rapidement.

ICM : Quel est le degré de complexité d'installation d'un tel système?

Cheryl Allen : Vous devez utiliser les capacités de l'équipe des technologies de l'information qui a une vue globale de l'architecture du système et peut s'assurer de sa robustesse et de sa fiabilité. Vous devez également avoir recours au service de l'instrumentation, aux électriciens et aux utilisateurs du système. Le personnel de la direction passe les rapports en revue et sait si le système fonctionne comme il le devrait et si des économies d'énergie sont enregistrées. Des ingénieurs sont également impliqués dans tous les aspects, de la sélection de l'équipement à son fonctionnement; tous ces domaines représentent par conséquent un large éventail de personnes et de disciplines concernées par l'installation et l'entretien d'un système de ventilation automatisé.

ICM : Quels sont les défis?

Cheryl Allen : L'un des plus grands défis est la nécessité d'un changement d'habitudes. Il est nécessaire d'introduire graduellement l'automatisation afin que les gens s'y habituent et y fassent confiance. L'engagement envers des coûts initiaux élevés d'investissement et d'entretien du système est également un défi; même si le système est amorti à long terme. Selon divers facteurs, cela peut prendre de un à cinq ans. Il faut d'abord essayer de faire comprendre le système à tous les intervenants. Il n'est pas toujours facile de communiquer aux personnes dont le lieu de travail dépend du système qu'il s'agit d'une amélioration. Il est également difficile de s'assurer que les systèmes installés ne s'endommageront pas. Dans un milieu souterrain, les systèmes les plus fragiles peuvent être facilement endommagés; il faut donc qu'ils puissent supporter un assez grand nombre de pressions. C'est également tout un défi d'aider les gens qui s'en serviront à comprendre le système, son fonctionnement et la manière d'éviter les dégâts.

ICM : Pensez-vous que le secteur des systèmes de ventilation automatisés connaîtra une hausse au Canada?

Cheryl Allen : J'espère que dans 10 ans, ces systèmes seront courants. Il est difficile de réaménager des systèmes; il est plus facile d'incorporer un système à la structure d'une nouvelle mine. Je pense que nous verrons un véritable développement des systèmes de ventilation automatisés.

Réservez une conférence de Cheryl Allen ou informez-vous sur le programme des Éminents conférenciers de l’ICM.

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