sept/oct 2011

Le marché de l’énergie

Le marché mondial est très prometteur pour les producteurs d’énergie canadiens; toutefois, il faut être en mesure de le percer

D. Zlotnikov

L’établissement de Cenovus Energy au lac Christina | Courtoisie de Cenovus


Le Canada, qui est doté de vastes gisements de charbon, d’uranium, de gaz naturel et de pétrole brut, a les ressources nécessaires pour contribuer aux besoins énergétiques de la planète. En 2010, les exportations d’énergie du pays, y compris l’électricité, ont rapporté 90,7 milliards de dollars, ce qui représente près du cinquième de nos exportations globales. Presque la totalité de ces revenus, dont la majeure partie découlait des ventes de pétrole, provenait des États-Unis, qui achètent environ 97 pour cent des produits énergétiques du Canada.

Compte tenu de la solidité, de la durabilité et des avantages géographiques de ces liens commerciaux, on pourrait s’attendre à ce que l’avenir du secteur énergétique canadien soit radieux, sans une ombre au tableau. Or, la réalité n’est jamais aussi simple, et pratiquement rien n’est simple lorsqu’il est question d’acheminer des centaines de milliers de tonnes de matières premières chaque jour.

Prenons l’exemple du pétrole : bien que la production canadienne de sables bitumineux ne cesse de prendre de l’ampleur, les exploitants ont du mal à l’acheminer jusqu’au consommateur la capacité pipelinière vers la côte du golfe du Mexique ne suffit tout simplement pas. Selon Esther Mui, analyste sectorielle indépendante et ancienne vice-présidente principale, Pétrole et gaz, à l’agence de notation DBRS, les producteurs canadiens subissent déjà les effets négatifs du manque de capacité.

« Une grande partie du pétrole brut lourd canadien ne se rend pas jusqu’aux raffineries du golfe du Mexique », affirme Mme Mui.

Deux projets de pipeline sont prévus pour briser le goulot d’étranglement. Le premier est une proposition d’agrandissement de l’oléoduc Keystone XL par TransCanada Corporation.

Le projet Keystone XL, de 7 milliards de dollars, permet - tra d’augmenter à la fois la portée et la capacité du pipeline en vue d’acheminer du pétrole lourd du Canada vers des raffineries aux États-Unis. En résumé, le projet devrait permettre d’ajouter 500 000 barils par jour additionnels de capacité de transport, portant le total à 1,1 million de b/j.

Les exploitants de sables bitumineux, tel Cenovus, fondent de grands espoirs sur Keystone XL. Selon Jessica Wilkinson, porte-parole de la société, Cenovus croit fermement que le projet d’agrandissement de Keystone ira de l’avant. Le plan stratégique établi sur 10 ans, annoncé par la société en 2010, visait au bas mot à quadrupler la production actuelle, la portant à 500 000 b/j d’ici la fin de 2021. Mme Wilkinson affirme que ce nouveau plan prévoit l’accroissement anticipé de la production de la société. « Nous augmentons la capacité de production totale à Foster Creek de 270 000 à 290 000 b/j bruts, en augmentant la capacité des phases futures et en forant certains puits stratégiques », a-t-elle expliqué. La société a également terminé son dernier agrandissement, la phase D de 40 000 b/j à son exploitation de Christina Lake, au début d’août, soit six mois avant la date prévue.

Bien que la priorité du projet Keystone soit d’approvisionner le marché des États-Unis plus efficacement, les initiatives en ce sens ne se font pas sans problème. En 2010, le Canada a exporté plus de 2,5 millions de b/j sur sa production pétrolière de 2,8 millions de b/j – soit pas moins de 89 pour cent – vers les États-Unis. Les fluctuations de la demande des États-Unis, tout comme celles observées en 2008 et 2009, constituent un sérieux risque pour les exploitants de sables bitumineux, qui doivent composer avec les contraintes liées à la géographie et aux infrastructures pipelinières.

Pour remédier à cette situation, un autre projet de pipeline est proposé : le projet Enbridge Northern Gateway, de 5,5 milliards de dollars et de 1 177 km de long, reliant Bruderheim, en Alberta, à un nouveau terminal portuaire qui serait construit à Kitimat, en Colombie-Britannique. Le pipeline de 525 000 b/j permettrait au pétrole canadien d’être acheminé jusqu’aux marchés du littoral du Pacifique, où les niveaux de population et de revenu augmentent et où la demande de produits pétroliers progresse et devrait continuer à croître.

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