sept/oct 2011

Qualité industrielle

Entrepreneurs et exploitants de charbon métallurgique ciblent la croissance

A. Lopez-Pacheco

Mont Klappan, la propriété de Fortune Minerals | Courtoisie de Fortune Minerals


Le boom d’infrastructures est arrivé. Selon les Marchés mondiaux CIBC inc., ce boom engendrera de 25 à 30 billions de dollars en investissements pour de nouvelles infrastructures au cours des 20 prochaines années. Ce boom est en partie une réaction des gouvernements mondiaux, incluant le Canada, à la crise financière de 2008 et à la première récession internationale; ces gouvernements ont promis des billions de dollars en dépenses pour les infrastructures afin de créer des emplois et de stimuler l’économie. Les pays développés possèdent des infrastructures, cependant celles-ci sont vieillissantes; quant aux pays émergeants, ils doivent se développer et construire de nouvelles infrastructures afin de répondre à la croissance et à la demande. D’une manière ou d’une autre, donc, des infrastructures seront construites.

Là où il y a construction d’infrastructures, il y a un besoin pour des charbons de grande qualité, lesquels, avec le minerai de fer, constituent les ingrédients clés requis pour fabriquer du métal. En effet, selon la World Coal Association, plus de 60 pour cent de la production mondiale totale d’acier dépend du charbon métallurgique.

Du point de vue des aciéristes et de leurs clients, il s’agit là d’un énorme problème. « Il n’y a pas assez de production de charbon métallurgique à travers le monde pour répondre à la croissance de la demande », dit Robin Goad, président-directeur général de Fortune Minerals Limited, une entreprise basée à London, Ontario, dont le projet Mount Klappan dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique contient 2,8 milliards de tonnes de charbon anthraciteux qui sera mis en valeur, lorsque pulvérisé pour être injecté dans des hauts fourneaux, en raison de sa faible volatilité et de son contenu énergétique élevé. « La Mongolie et l’Afrique du Sud possèdent de vastes gisements, mais la production indienne d’acier brut devrait quadrupler au cours de la prochaine décennie », dit-il. « La production brésilienne d’acier brut devrait aussi quadrupler au cours des 20 prochaines années. Au Japon et en Corée du Sud, la croissance de la demande de charbon augmente d’environ trois pour cent par année et quelques fournisseurs traditionnels ne vendent plus. »

Les trois grands

Durant la dernière décennie, le prix du charbon métallurgique a augmenté considérablement; d’environ 40 dollars la tonne, il est passé à près de 230 dollars la tonne cette année. Selon le Groupe AME, une entreprise mondiale d’économistes dans les industries des métaux et des minéraux, c’est une bonne nouvelle pour les quelque 20 mines de charbon métallurgique au Canada — en exploitation et en développement. Les produits combinés des mines en production font du Canada le deuxième plus important exportateur de charbon métallurgique au monde. Du moins était-ce le cas jusqu’à l’an dernier, lorsqu’il a pris le troisième rang, derrière les États-Unis.

« Traditionnellement, les États-Unis constituent un important producteur de charbon métallurgique, mais nous les considérons comme un producteur d’appoint », dit Kevin Stone, analyste principal des produits minéraux pour Ressources naturelles Canada. « Lorsque le marché est bon, les États-Unis exportent plus, et ils exportent moins lorsque le marché est moins bon. Pour le moment, le marché est bon. »

En 2010, les compagnies canadiennes ont exporté 8,6 millions de tonnes de charbon métallurgique au Japon, 5,3 millions de tonnes en Corée du Sud, 4,3 millions de tonnes en Chine, 1,6 million de tonnes au Brésil, 1,4 million de tonnes aux États-Unis, 1,3 million de tonnes en Allemagne et un million de tonnes en Italie, en plus de quantités moindres dans 13 autres pays. Le charbon métallurgique constituait 83 pour cent de toutes les exportations canadiennes de charbon.

L’Australie est le leader mondial en production et en exportation de charbon métallurgique et tous les autres sont loin derrière les trois principaux exportateurs. « Je ne prévois pas de changement dans ce classement, du moins pas au cours des prochains trois à cinq ans », dit M. Stone.

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