mai 2011

Oeuvrant vers un objectif commun

Le développement des ressources est un élément crucial à l’avènement d’une nouvelle ère en Afrique de l’Ouest

. Par Alexandra Lopez-Pacheco

Une équipe extrait des échantillons de la concession de Baomahun qui appartient à Cluff Gold | Courtoisie de Cluff Gold


L’Afrique est rapidement en train de devenir un point névralgique en matière d’exploitation de mines et d’investissements miniers. D’ailleurs, les entreprises canadiennes sont à la tête de ce mouvement. En 2010, l’Afrique de l’Ouest a été une destination de choix alors que nombre d’entreprises minières inscrites aux 107 TSX et TSX Venture Exchange étaient actives dans la région. Selon Me Avril Cole, avocate adjointe dont la pratique est axée sur le capital privé et les groupes miniers au sein du cabinet torontois Macleod Dixon LLP, 49 autres entreprises exercent leurs activités dans le sud de l’Afrique et 39 autres encore en Afrique centrale. En fait, le nombre d’entreprises minières canadiennes actives en Afrique de l’Ouest ne cesse d’augmenter quotidiennement.

Les investissements vus d’un autre oeil

« Pour ce qui est de l’exploitation minière, l’Afrique représente le dernier territoire vierge », explique Michel Miron, conseiller principal dans le secteur des minéraux et des métaux pour Ressources naturelles Canada. « C’est sur ce continent que nous ferons le plus de découvertes au cours des 10 à 15 ans à venir. »

M. Bruce Shapiro, président de MineAfrica, une entreprise vouée à l’expansion des affaires et au marketing et axée sur les investissements miniers en Afrique, soutient qu’il y a un énorme potentiel pour les entreprises minières canadiennes et les investisseurs canadiens. « L’Afrique de l’Ouest regorge d’opportunités. Sa géologie est excellente et plusieurs gouvernements sont très chaleureux envers les investisseurs. À cet effet, ils ont réorganisé leur structure afin d’attirer les investisseurs », explique-t-il.

« En fait, il y a quelque temps déjà que les entreprises minières canadiennes sont présentes de part et d’autre de l’Afrique. La majorité d’entre elles se concentraient sur l’or, et quelques-unes sur l’uranium au Niger, en Namibie, en Afrique du Sud, mais aussi sur les métaux de base en Zambie, en République démocratique du Congo, en

Érythrée, en Mauritanie et à Madagascar, ainsi que sur les diamants au Lesotho, au Botswana, en Afrique du Sud, en Namibie et en Angola », énonce M. Miron.

En 2002, le gouvernement fédéral a changé ses mé­thodes d’évaluation des investissements à l’étranger effectués par des entreprises ouvertes canadiennes afin de rendre compte plus précisément de l’emplacement des actifs. Par conséquent, les enjeux reliés aux investissements effectués par des sociétés minières canadiennes se sont précisés avec la constatation que 23 milliards de dollars effectivement ont été investis. « Ce chiffre, explique M. Miron, est beaucoup plus élevé de ce qui avait été prévu à l’origine et influence donc les décisions reliées aux politiques étrangères. »

Prendre le taureau par les cornes

Un des nombreux défis qui sème beaucoup de doutes chez les investisseurs étrangers est l’instabilité politique et la gouvernance déficiente. « L’Afrique de l’Ouest tend à se démocratiser de plus en plus et accueillir les investissements de l’extérieur », explique Me Cole. « Les pays commencent à instaurer à l’échelle nationale des politiques sur l’exploitation des ressources minières, ce qui démontre que le rôle du gouvernement a changé, passant de celui de propriétaire ou d’exploitant de projets d’exploitation minière à un de réglementation et d’administration. »

Néanmoins, les enjeux politiques représentent un immense défi en Afrique de l’Ouest. Toutefois, la situation varie énormément d’un pays à l’autre. Par exemple, Cluff Gold, une entreprise d’exploitation minière aurifère britannique présente en Afrique de l’Ouest exploite des sites au Burkina Faso, en Sierra Leone et en Côte d’Ivoire. « Le Burkina Faso offre un très bon environnement de travail du point de vue opérationnel, ainsi qu’en raison de son régime politique et sa structure réglementaire », soutient Carrie Lun, directrice des relations avec les investisseurs chez Cluff Gold. « En Sierra Leone, le gouvernement nous a apporté un grand soutien et notre collaboration démontre de façon évidente leur engagement à développer le pays. »

En revanche, l’entreprise a récemment dû interrompre ses activités en Côte d’Ivoire en raison de la crise politique qui prend rapidement les aspects d’une guerre civile.

Cette année, plusieurs élections présidentielles et parlementaires sont prévues dans cette région, et l’on redoute une éventuelle instabilité.

Toutefois, les entreprises minières peuvent mitiger les risques en souscrivant une assurance de risques politiques, explique Patricia Bentolila, représentante principale en Afrique pour Exportation et développement Canada (EDC), qui offre ce type de police aux entreprises canadiennes.

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