mars/avril 2011

Le déplacement de millions

. Par Dan Zlotnikov

Le secteur minier a représenté 44 pour cent du fret total transporté par rail en 2009 | Courtoisie de CN


C’est grâce à ses nombreux points forts que le Canada a su prendre place parmi les joueurs d’envergure dans l’arène mondiale du secteur minier. Quoique moins bien connu, il demeure que le réseau de transport constitue un élément tout à fait crucial de l’industrie minière, et il s’agit d’un élément d’une vaste portée, excessivement complexe et dont l’expansion continue sans cesse.

Sans disposer de moyens rentables et efficaces pour transporter votre produit à vos clients, vous êtes aussi bien de le laisser au fond de la mine. Bon nombre des plus importants défis logistiques d’une chaîne d’approvisionnement ne sont pas faciles à déceler pour un simple observateur, mais ceux-ci sont néanmoins surmontés tous les jours.

« Nous avons pour objectif d’être invisibles, pour qu’il semble qu’une usine a produit quelque chose, le vendeur l’a vendu et puis le produit est parti », explique Steve Douville, directeur de la distribution et de la logistique chez Vale.

Un défi, même quand tout va à merveille

Si le système ferroviaire revêt une importance cruciale pour les mineurs canadiens, l’inverse est tout aussi vrai. Selon Statistiques Canada, les produits des mines ont compté, entre 2002 et 2009, de façon constante pour plus de la moitié du fret payant transporté par chemin de fer. En 2009, le secteur minier a représenté 44 pour cent de toutes les cargaisons transportées par chemin de fer au cours de l’année. Le grain arrive en deuxième en importance avec 15 pour cent.

Les transporteurs ferroviaires canadiens sont tous bien conscients du besoin d’accroître la capacité de transport et s’efforcent de satisfaire à la demande. Le Canadien National (CN) a déclaré avoir attribué 1,7 milliard de dollars à des projets d’immobilisations en 2011, dont un milliard de dollars ira à la pose de nouvelles voies ferrées et à l’amélioration des voies existantes. Quant au Canadien Pacifique (CP), la société prévoit dépenser un milliard de dollars au cours de l’année, dont la majorité ira au renouvellement de l’infrastructure ferroviaire et à des améliorations de la productivité.

Parmi les entreprises éprouvant un besoin de croissance se trouve Canpotex, société établie à Saskatoon et le plus important exportateur de potasse du monde. Selon le président et chef de la direction de Canpotex, Steve Dechka, la demande mondiale en potasse ne peut qu’augmenter. Canpotex a recours à sa flotte d’environ 5 000 wagons construits sur mesure pour transporter la potasse sur une distance de 1 600 kilomètres dans une direction seulement depuis les mines de la Saskatchewan jusqu’aux terminaux de Neptune à Vancouver, et à une distance de 1 800 kilomètres jusqu’aux terminaux de Portland, en Oregon. « La société collabore avec le Canadien Pacifique pour accroître les capacités physiques des voies ferrées et augmenter la longueur des trains », a souligné Scott Rudderham, vice-président des opérations chez Canpotex.

Grâce à ses wagons construits sur mesure d’une longueur de 47 pieds (un peu plus de 14 mètres), Canpotex peut déjà maximiser le nombre de wagons qu’elle peut inclure sur les voies d’évitement existantes, mais espère prolonger les trains pour inclure jusqu’à 170 wagons par train, ce qui ferait passer la capacité maximale actuelle de 15 000 tonnes métriques à 17 500 tonnes par train.

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