mars/avril 2011

La Vie d' Étudiant

Visite minière en Pologne

Par Alexandre Dorval

De gauche à droite : hôte polonais, Vincent Gingras, Alexandre Dorval, Jacek Paraszczak et Dominic Gravel. Droit : Statue devant la mine Wieliczka en Pologne | Crédit : Dominic Gravel


L’été dernier, trois étudiants de l’Université Laval en génie des mines et de la minéralurgie ont entrepris un voyage quelque peu exceptionnel. Le professeur Jacek Paraszczak a aidé à organiser la visite de cinq mines polonaises qui présentaient des aspects que l’on retrouve peu dans les mines canadiennes, par exemple les méthodes de minage, les équipements et les dimensions des gisements et des équipements, etc. Les mines, toutes souterraines, ont été visitées dans l’ordre suivant : Pomorzany (zinc-plomb), Ziemowit (charbon), Wieliczka (sel), Polkowice-Sieroszowice (sel et cuivre) et Rudna (cuivre).

Chacune des mines visitées nous accueillait chaleureusement et nous avons reçu des échantillons de roches difficiles à trouver et des démonstrations d’équipements théoriquement en maintenance.

Tout au long de notre périple, nous ressentions une différence culturelle assez importante. À prime abord, la langue. Nous avons essayé de notre mieux de parler polonais, mais cet effort fut plutôt vain. Heureusement pour nous, M. Paraszczak nous a traduit l’intégral des explications fournies par nos hôtes. En second lieu, la religion. Les Polonais sont beaucoup plus pratiquants que les Québécois et cette différence était évidente par le nombre d’autels, de chapelles et d’objets religieux. Ils ont aussi beaucoup de statues représentant des mineurs. Les sites miniers ont un attrait particulier et sont très différents des installations de surface des mines du Québec.

Les premières mines visitées présentaient différentes méthodes de support de terrain. Des arches en bois ou en métal se retrouvent partout dans les installations permanentes. De plus, dans la mine de charbon, une méthode de minage restée quelque peu théorique nous a été démontrée et expliquée. Nous sommes entrés dans un chantier de longue taille du charbon, au milieu du support hydraulique, pour voir la haveuse en marche. Le gisement était à l’avant et l’affaissement avait lieu derrière nous. À plusieurs reprises dans les différentes mines, nos guides ont interrompu des travailleurs afin de nous faire voir les différents équipements en fonction. J’étais plus qu’heureux et reconnaissant de cette attention.

À mi-chemin dans nos visites minières, nous avons visité la mine historique Wieliczka. Ouverte aux touristes, elle offre aussi un trajet pour les gens ayant des connaissances de base dans les mines. Petites galeries, veines à pendage de 45 degrés et géologie surprenante nous y attendaient. L’air salin et les cristaux de sel étaient plus qu’abondants dans cette mine exploitée depuis sept siècles, mais utilisant maintenant la dissolution du sel dans de l’eau chaude.

Un choc particulier nous attendait en Pologne : la différence de taille des gisements et tout ce que cette différence engendre. Environ 400 millions de tonnes de cuivre, une réserve énorme de sel (± 3 milliards de tonnes) dans la mine Polkowice-Sieroszowice, ainsi que deux types d’équipements pour une seule méthode de minage, par chambres et piliers. Le sel est exploité par un tunnelier creusant des galeries d’une surface de 25 m² et des équipements à profil surbaissé travaillent dans la zone de cuivre. Encore une fois, nous avons eu droit à une impressionnante démonstration d’équipements, résultant cette fois en une tempête de sel. Fait impressionnant, aucun support de terrain n’est présent dans la zone de sel, malgré la taille de certaines chambres. De plus, la température atteint les 35 °C, malgré que la zone de sel ne soit qu’à une profondeur de 300 mètres. Finalement, nous avons visité la mine Rudna, avec une superficie minéralisée de 416 km², 11 puits et une production journalière de 43 000 tonnes. Le tout est exploité par chambres et piliers. Chaque mine emploie environ 4500 travailleurs.

Finalement, j’ai vraiment apprécié ce voyage, que je décrirais d’expérience de vie, car avoir une telle opportunité est très rare. J’aimerais d’ailleurs remercier les différentes mines de nous avoir accueillis et de nous avoir montré certains équipements avec lesquels nous sommes peu familiers. Merci à Dominic Gravel d’avoir eu l’idée de cette visite et d’avoir organisé le logement et le transport du voyage avec l’aide de Jacek Paraszczak. Un grand merci à Waldemar Korzeniowski (professeur et directeur du département à la faculté de génie minier de l’AGH – Académie des mines et de la métallurgie) pour avoir aidé dans l’organisation de la visite des mines et finalement, un grand merci à M. Paraszczak pour sa grande part de l’organisation, autant au Québec qu’en Pologne et surtout pour avoir eu la patience de tout traduire les explications de nos hôtes.

Comme les mineurs polonais nous ont si souvent dit : « SZCZĘŚĆ BOŻE » (Que Dieu vous bénisse!).

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