mars/avril 2011

Parlons en

La demande à la hausse du lithium fera prospérer la région de l’Abitibi

Par Charles Taschereau

Vue aérienne du site | Courtoisie de Québec Lithium inc.


Québec Lithium inc. prévoit commencer les travaux de construction de sa mine au printemps 2011, visant une mise en production de l’usine à la fin de 2012, et l’atteinte de la pleine production au cours de 2013. La mine produira alors 20 000 t/an de carbonate de lithium, soit environ 12 pour cent de la production mondiale; Québec Lithium en sera alors le principal producteur nord-américain.

Le projet Québec Lithium, une filiale de Canada Lithium Corp., se situe à 30 kilomètres au sud d’Amos et à 60 kilomètres au nord de Val-d’Or. La construction de la mine représentera un investissement de plus de 200 millions de dollars, dépensé en majeure partie dans la région, en main-d’œuvre et auprès d’entrepreneurs régionaux. L’exploitation de la mine injectera environ 60 millions de dollars par an dans l’économie régionale, dont plus de 25 pour cent en salaires. La mine emploiera près de 200 employés et créera en plus des emplois indirects et induits.

Un peu d’histoire

De 1955 à 1965, la mine Québec Lithium, située dans la municipalité de Lacorne en Abitibi, au Québec, était parmi les principaux fournisseurs de lithium au monde. Une importante usine métallurgique située sur le site produisait alors du carbonate de lithium, de l’hydroxyde de lithium, du chlorure de lithium et du concentré de spodumène.

La région comptait alors également des mines de zinc, de molybdène, d’argent, de bismuth, etc. La gare de Barraute était un important point de transit de minerai et le domaine minier était l’un des moteurs importants de l’économie régionale.

Dans les décennies qui ont suivi, avec l’épuisement des réserves et les fluctuations des prix des métaux, ces mines ont fermé, elles ont été remplacées par de nouvelles mines dans d’autres régions ou encore ailleurs dans le monde. Quoique de nombreux habitants de Lacorne travaillent encore dans le domaine minier, plus aucune mine n’était en exploitation dans la municipalité depuis de nombreuses années. Le site de Québec Lithium a donc dû être totalement restauré au cours des années 1990.

La renaissance du lithium

La demande pour le lithium est maintenant de nouveau forte grâce au développement de batteries et de piles rechargeables pour les téléphones cellulaires, les ordinateurs portables, les outils sans fils et les voitures hybrides et électriques. Le prix et la demande du lithium sont en hausse constante pour un marché en expansion rapide. Les batteries et les piles au lithium sont très légères, sans effet de mémoire, conservant longtemps leur charge et pouvant fonctionner à basse température. Les fabricants de batteries demandent une très grande pureté de produit : au moins 99,5 pour cent. La qualité du minerai du gisement de Québec Lithium permet d’obtenir cette concentration.

En pleine production la mine extraira 2950 tonnes par jour de minerai contenant en moyenne 1,2 % de LiO2. Le minerai sera d’abord concassé, puis broyé et flotté pour obtenir un concentré de spodumène (le minéral contenant le lithium) à 6,5 % LiO2. Ensuite le concentré de spodumène sera chauffé, dissous et les impuretés seront précipitées; le résultat final sera un carbonate de lithium pur à 99,5 pour cent et même plus.

Au profit de la région

De plus, Québec Lithium veut s’assurer que le développement du projet respecte les trois piliers du développement durable : la protection de l’environnement, le développement économique et le développement social.

Pour contribuer au développement social, la société encourage les investissements locaux, le principe de « la goutte d’eau », selon lequel les retombées économiques profitent le plus à l’échelle locale avant de s’étendre au reste de la région puis à l’ensemble de la nation. Le choix du maître d’œuvre (EPCM), des entrepreneurs et des employés reflètera cette volonté de contribuer à l’économie régionale en plus de développer la mine. Les entrepreneurs et les employés locaux et régionaux seront favorisés par rapport à ceux provenant d’autres régions.

Une entreprise ne peut se développer à long terme que si le milieu où elle œuvre est sain du point de vue environnemental et social. Une main-d’œuvre qualifiée et motivée et des fournisseurs et des prestataires de services doivent être présents pour assurer le succès de l’entreprise. Des programmes de formation sont en préparation avec les centres de formation d’Amos et de Val-d’Or afin d’assurer une main-d’œuvre qualifiée dès le début des opérations. Toutefois, la tradition minière de la région et la proximité de plusieurs villes minières faciliteront l’embauche de main-d’œuvre qualifiée.

Au niveau environnemental, Québec Lithium veut mettre en place les standards les plus élevés. Le lithium fait en effet partie de l’économie verte, car l’objectif à la base de plusieurs de ses usages est de réduire l’utilisation d’énergies fossiles. Il est donc essentiel de produire le lithium d’une manière responsable et environnementale. C’est ce qui a été mis en place chez Québec Lithium, avec une planification détaillée et des études poussées. Le plan de réhabilitation du site est déjà en place et l’argent requis pour la réhabilitation sera mis de côté dès le début de l’exploitation.

Le type de minerai permet de minimiser les impacts environnementaux potentiels. Le minerai ne contient pas de sulfures et ne risque donc pas de causer de drainage minier acide, aucun métal lourd ou toxique n’est associé au minerai, les résidus (quartz et feldspath) et le stérile (granite) sont stables et ne risquent pas de causer d’impacts environnementaux.

En ce moment, l’ingénierie détaillée avance rapidement et toute l’équipe attend avec impatience le début officiel des travaux de construction dans quelques mois. Avec des firmes de fabrication d’éléments de batteries au lithium comme Phostech et Bathium et les programmes appliqués de recherche de l’Hydro-Québec à son centre de recherche IREQ, Québec Lithium fera partie de la grappe industrielle naissante des énergies vertes au Québec.


Charles Taschereau est un ingénieur des mines avec près de 20 ans d’expérience dans le développement et l’opération de projets miniers au Canada et à l’international. Avant d’être nommé Chef de l’exploitation de Canada Lithium Corp., il était en charge du développement et la mise en opération du projet minier Essakane au Burkina Faso.  

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