mars/avril 2011

L' implication des ingénieurs

Par Maria I. Anelli

Cette année, Pierre Laroche, ingénieur minier chez LAB Chrysotile, a reçu le Prix des membres de l’ICM pour ses 38 années d’implication à Thetford Mines, tant au niveau technologique et culturel qu’éducatif et sportif.

Originaire de Montréal, rien ne semblait destiner le jeune Laroche à cette carrière, sauf un nom prédestiné et un intérêt marqué pour le secteur primaire. Il eut la piqûre lors de stages durant ses premières années à l’École Polytechnique de Montréal. Le baccalauréat s’étendait alors sur cinq ans, dont deux ans de tronc commun.

« J’ai travaillé dans des mines de métaux à Chibougamau et à Matagami, puis à Elliot Lake dans une mine d’uranium. C’est ce qui m’a le plus intéressé », a-t-il expliqué.

L’obtention d’un 2e prix à un concours d’Expo-mines le motiva encore davantage.

Diplômé Bachelier en 1969, M. Laroche a travaillé à QIT Fer et Titane à Havre-Saint-Pierre, après l’obtention de sa maîtrise en 1970. Son employeur actuel, LAB Chrysotile (jadis Lac d’Amiante du Québec), l’embauche en 1972 comme ingénieur minier.

« J’ai aussi été assistant-surintendant de l’usine », a-t-il expliqué. « J’avais une équipe de dessinateurs et de concepteurs et on a travaillé énormément pour assainir le milieu de travail. » Le jeune ingénieur s’est fait connaître alors qu’il a participé à la Commission d’enquête sur la salubrité dans les mines d’amiante, suite à la grève de neuf mois en 1975.

Par la suite, une entente entre les mines a permis le libre échange de nombreuses données relatives à la prévention de l’empoussiérage du milieu de travail. M. Laroche et son équipe ont grandement contribué à faire accélérer la mise en œuvre de ces améliorations.

Directeur du contrôle de la qualité depuis le regroupement des mines LAQ, Asbestos Corporation et Bell en juillet 1986, M. Laroche veille aussi à tout l’aspect environnemental, un sujet qui lui est cher.

Qu’est-ce qui passionne encore cet ingénieur expérimenté?

« Le secteur minier dans son ensemble », répond-il. «Autrefois, c’était le moteur de l’économie locale mais, depuis la fermeture de plusieurs mines, l’économie s’est diversifiée. La mine qui demeure en opération est maintenant une composante non négligeable, mais uniquement une parmi tant d’autres entreprises. D’ailleurs, mes implications dans les chambres de commerce me permettent une vision plus globale du développement et du succès économique régional. »

Il préside la Chambre de commerce régionale de Chaudière-Appalaches, est membre du conseil d’administration de la Fédération des chambres de commerce du Québec et siège au Conseil d’administration de la Société de développement économique de la Région de Thetford Mines depuis 2007 en plus de siéger au conseil exécutif de la chambre de commerce et d’industrie de Thetford Mines depuis 2002.

M. Laroche compte aussi de nombreuses autres réalisations, dont : cofondateur de la Société minéralogique de la Région de l’Amiante et du Musée minéralogique et minier de Thetford Mines.

« Les gens sont peu ou mal informés des activités des travailleurs et des ingénieurs miniers », fait-il remarquer. « Quand j’ai choisi ce domaine, ma mère était très craintive, puisque les médias ne rapportaient souvent que les tragédies dans les mines de charbon. Le musée constitue donc une belle vitrine pour démystifier nos ressources et faire connaître l’ensemble du secteur minier, tant québécois que mondial. »

Conscient de l’impact positif de l’ICM, M. Laroche a présidé ou été actif au sein de la section ICM de Thetford Mines en 1992-1994 ainsi qu’en 2007-2009.

Pourquoi s’impliquer autant?

« Parce que la pérennité du secteur minier dépendra beaucoup de l’image projetée qui devra mieux refléter la réalité d’aujourd’hui », affirme-t-il, « mais, surtout, pour inciter la relève en raison de la pénurie de main-d’œuvre qui persiste. »

Lorsqu’il était à Polytechnique, M. Laroche avait été inspiré par une conférence de son futur patron, M. Lionel Piuze, le vice-président de LAQ. « C’était un ingénieur de grande qualité mais aussi un humain impliqué dans son milieu. C’est cette facette qui m’avait vraiment impressionné », conclut-il.

M. Laroche s’impliquait déjà à cette époque à l’Université (association étudiante, coopérative, théâtre étudiant etc.). Par la suite, à Thetford Mines, il collabore comme entraîneur au hockey mineur et comme membre du comité organisateur du tournoi de ringuette.

Père de deux grands enfants, une enseignante et un ingénieur, M. Laroche pourrait se reposer sur ses lauriers en attendant que lui et son épouse ne deviennent grands-parents. C’est mal le connaître. Aussi passionné qu’à ses débuts, il entend demeurer actif tout en poursuivant la défense des ressources naturelles régionales comme le chrysotile. Il collabore d’ailleurs au Mouvement PROChrysotile, afin de promouvoir l’usage sécuritaire du chrysotile. Il préside également le Conseil d’administration du Centre de technologie minérale et de plasturgie associé au Cégep de Thetford.

Parions qu’à l’instar de son ancien patron, M. Laroche inspirera d’autres jeunes à suivre ses traces.

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