février 2011

Intensifier nos efforts

Est-ce que l'industrie minière du Canada pourrait en faire davantage en matière d'innovation?

Par Eavan Moore

Avec ses vastes reserves dans de régions éloignées telles que Pilbara en Australie Occidental, Rio Tinto considère l'automatisation comme étant la cle pour faire face à la demande croissante | Photo courtoisie de Rio TInto


L'industrie extractive du Canada ne manque pas de raisons lorsqu'il s'agit d'élaborer de nouvelles technologies et de nouveaux processus, mais une foi qu'elle a cerné ses, besoins futurs, l'entreprise fait face a une multitude de défis.

Les universités se font concurrence pour la commandite de sociétés, les fabricants d'équipement sont peu disposés à donner accès à leur technologie brevetée lorsqu'ils consacré du temps et de l'argent à la mettre au point, le soutien de l'État possède ses limites et les installations de recherche universitaires peuvent faire preuve d'un « élitisme » qui les relègue à la périphérie des sphères d' influence.

Quels sont les meilleurs plans d'action recommandés pour les professionnels du secteur minier? Une meilleure collaboration est essentielle. Certaines personne avanceront également qu'une intuition plus juste de l'avenir et des dirigeants plus disposés à prendre des risques sont ­nécessaires. Ils affirment qu'en vue d' innover de façon efficace, les entreprises doivent faire preuve de plus d' audace et d'ouverture à tous les niveaux – et, peut-être, en particulier ici au Canada.

Évaluation des possibilités

Laura Mottola, ingénieure des mines et chef de l'amélioration commerciale chez Ouadra FNX Mining Ltd., croit que es sociétés minières n'exploitent pas entièrement les technologies novatrices pour changer leurs opérations. Elle se demande pourquoi les sociétés d'exploitation minière acceptent d'utiliser des pratiques de production non efficientes qui pourraient être remédié par l'automatisation appropriée de certains processus clés et l'application d' une production frugale. « Les gens semblent penser que l'automatisation est encore en développement dans le secteur minière, » affirme Madame Mottola. « Il s'agit d' une technologie éprouvée. L'astuce consiste à mettre en oeuvre la technologie tout en prenant soin d' accorder autant d' attention à restructure le processus et à gérer le changement. »

John Thompson, vice-président de la technologie et du développement chez Teck Resources Limited, se montre plus réservé. Bien que certains éléments d' automatisation soient éprouvés, son entreprise demeure prudente. « L'automatisation minière sur une grande échelle n'a pas encore fait ses preuves du point de vue opérationnel, » a-t-il déclaré.

Ancienne présidente de la Société des technologies minières innovatrices (STMI) de l'Institut canadien des mines, de la métallurgie et du pétrole (ICM), Madame Mottola croit qu'un leadership courageux doit être favorisé au sein des sièges sociaux ainsi que dans l'ensemble des organisations. « Je pense qu'au fond, il est nécessaire d'avoir une vision claire de ce que vous voulez qu'elle soit en matière d'excellence opérationnelle et d' utiliser la technologie pour atteindre les objectifs opérationnels, » souligne-t-elle, avant d' ajouter « il faut démontrer un aplomb extraordinaire pour adhérer à cette vison et la mener à bien. »

Collaboration et confidentialité

L'une des initiatives les plus ambitieuses pour répondre à l'ensemble des besoins en matière d'innovation de l'industrie a été la création du Conseil canadien de l'in-novation minière (CClM). Cet organisme regroupant de nombreux intervenants a déterminé plusieurs zones de responsabilité relativement à l'innovation. ~une d'elles concerne directement les sociétés minières : le besoin de travailler en collaboration de façon à réduire le risque et à poursuivre efficacement les travaux de recherche. Toutefois, de telles actions dépendent en grande partie des attitudes adoptées au sein de l'entre-prise.

En mettant des ressources en commun, les entreprises peuvent investir dans des projets importants à long terme sans devoir en assumer seules le risque financier. Lors de projets communs et de conférences, une approche coopérative mène à un échange d'idées d'où peuvent sur-venir des solutions qui n'auraient peut-être pas été découvertes autrement.

Cependant, parfois l'initiative de collaboration va à l'encontre d'un autre pilier de l'industrie : la confidentialité. Les entreprises hésitent à partager leurs travaux de recherche qui comprennent des renseignements confidentiels sur leurs opérations et ainsi perdre leur avantage concurrentiel. De même, les travaux de recherche entièrement auto-financés possèdent l'avantage de protéger toute propriété intellectuelle en découlant.

Peter McCarthy, président d'AMC Consulting, est préoccupé par le fait que les efforts en matière de confidentialité ont récemment pris de l'ampleur à l'échelle mondiale, à la suite de grands regroupements d'entreprises et d'acquisitions importantes. Il explique : « Les entreprises exercent leurs activités en démontrant une attitude défensive. Les gens sont sans cesse préoccupés par la protection des renseignements qui permettraient à un concurrent de faire une offre d'achat visant la mainmise de l'entreprise. Étant donné l'ampleur actuelle de telles prises de contrôle, per-sonne ne se sent en sécurité. »

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