août 2011

Un exemple à suivre

L’imagination et la vivacité d’esprit au service de l’industrie

Par Richard Andrews, Ryan Bergen, Peter Diekmeyer, Alexandra Lopez-Pacheco, Eavan Moore, Dan Zlotnikov

Le roi du Klondike

Shawn-Ryan
Shawn Ryan, en collaboration avec son épouse et partenaire d’affaires, Cathy Wood, détient 20 % des concessions aurifères du Yukon. Qui plus est, il serait l’instigateur de la plus importante ruée vers l’or menée sur le territoire depuis un siècle.

Ce sort enviable l’a-t-il incité à accrocher ses patins? « Non, pas encore », a-t-il répondu à CIM Magazine, la voix rendue chevrotante par la connexion de son cellulaire. M. Ryan se trouvait alors sur le terrain, au Yukon, lors d’une longue et humide journée d’été.

M. Ryan est maintenant président de Ryan Gold Corp., société d’exploration minière bénéficiant du soutien de financiers et de géologues de premier plan. Le cours de l’or atteignant des sommets cette année, il est assis sur des gisements dont la valeur pourrait atteindre des milliards de dollars. Il détient 35 000 concessions qu’il accorde en option à d’autres prospecteurs et à de petites sociétés minières, leur donnant ainsi accès à ses propriétés.

Il tient à préciser qu’il n’a rien du prospecteur d’or du 19e siècle qui fait fortune du jour au lendemain. « L’époque où un prospecteur pouvait se présenter avec une roche et conclure un marché rapide est pour ainsi dire révolue », indique-t-il. « Aujourd’hui, tout est affaire de science. »

M. Ryan, qui a lancé des programmes d’échantillonnage des sols par GPS en 2002, estime que pour réussir, un prospecteur d’or doit posséder une vaste base de données « pour obtenir une vue d’ensemble » de ses propriétés avant le commencement des travaux de forage.

« La géochimie des sols est notre principal outil d’exploration », souligne-t-il. « Il y a dix ans, 300 ou 400 échantillons de sol représentaient une grande quantité pour une société. Or, nous visons 185 000 échantillons pour cet été. Notre industrie est toujours portée à forer trop rapidement. La prospection, c’est comme le billard : il faut prévoir ses coups. »

M. Ryan ne tarit pas d’éloges à l’endroit de son épouse, qui l’a encouragé en plus de participer aux efforts de recherche et d’être une fine négociatrice. « Cathy est ma partenaire et la personne qui m’a le plus appuyé. Elle s’occupait des communications tandis que j’étais sur le terrain. » 

– R. Andrews

Bien faire les choses dès le départ

Face à un nouveau défi, Noront Resources est déterminée à mettre en application des solutions novatrices. Les gisements polymétalliques de cette société d’exploration, qui se trouvent dans le Cercle de feu du Nord de l’Ontario, lui ont déjà fourni plusieurs occasions d’innover sur les plans technique et social.

Certaines de ces innovations ont été présentées au congrès 2011 de l’ACPE, à Toronto, où Noront a notamment éveillé la curiosité des participants en leur présentant des modèles tridimensionnels de corps minéralisés. La société avait commandé ces modèles pour faciliter la visualisation des corps en question. La description du projet Eagle’s Nest comporte d’autres idées intéressantes. Par exemple, étant donné que les gisements de Noront se trouvent sous des terres humides, il est difficile d’y trouver des sols suffisamment secs pour établir un circuit de broyage traditionnel. En lieu et place, la société prévoit construire une usine de concentration souterraine : les études menées à ce jour permettent en effet de conclure que cette solution est plus économique qu’une construction de surface.

Qui plus est, une construction souterraine permet de réduire l’empreinte écologique de la mine et de préserver les terres ancestrales des communautés autochtones locales. Dès le départ, Noront a fait preuve de leadership en s’engageant à mettre ses gisements en valeur de façon responsable.

Wes Hanson, chef de la direction, signale que les communautés autochtones ont peine à survivre, même avec le soutien du gouvernement. L’objectif de Noront est de collaborer avec les collectivités locales pour cibler les possibilités d’emploi et les occasions d’affaires durables rattachées à la mise en valeur future de la région, ce qui entraînera des retombées positives directes pour ces collectivités.

La priorité absolue de Noront est la suivante : travailler de concert avec les parties prenantes pour évaluer leurs besoins. « Nous voulons mettre au point un programme modèle en consultation communautaire », déclare M. Hanson. Un comité consultatif constitué de membres des Premières Nations est au service de la société, et cette dernière rencontre les collectivités de la région sur une base régulière. Noront tire également parti des médias sociaux : elle a construit un site Web doté de fonctionnalités de réseautage social pour faciliter le partage d’information et le dialogue. Le projet étant encore au stade de la planification, le pouvoir d’action de Noront est pour l’instant limité. Toutefois, la société vise éventuellement à promouvoir et à appuyer l’éducation chez les jeunes du Cercle de feu.

De l’avis de M. Hanson, collaborer avec des groupes autochtones est un travail de tous les instants. « Ces gens sont conscients de l’incidence environnementale de l’exploitation minière », fait-il valoir. « Des activités minières se sont déjà déroulées sur leur territoire et, contrairement à ce qu’on leur avait fait miroiter au départ, elles ont eu une incidence néfaste. Les occasions où les Premières Nations se sont senties exclues abondent. Par conséquent, elles sont maintenant sur leurs gardes et adoptent une attitude prudente, cherchant à établir avec leurs vis-à-vis une bonne relation dès le départ. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons opté pour cette démarche très ouverte. »

– E. Moore

Provencher creuse profond

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LaRonde, le site-mère des Mines Agnico-Eagle, est une des mines d’or les plus importantes au Canada. Lorsque l’entreprise a nommé Christian Provencher à la tête du site en 2006, il est alors instantanément devenu un visage à surveiller au sein de l’industrie.

Le succès de Provencher à LaRonde et sa coordination du projet d’extension du site – qui devrait débuter ses activités de production à l’automne – lui ont donné beaucoup de visibilité et c’est alors que, au milieu de cet été, il a été nommé le nouveau directeur des opérations, des standards et de la performance. « Le projet sera terminé à temps, selon les échéanciers et les budgets prévus », affirme le vétéran de l’industrie. « Mais nous avons rencontré beaucoup d’obstacles. »

L’agrandissement du site LaRonde a nécessité la construction d’une nouvelle mine à l’intérieur d’une mine existante, ainsi que le creusement d’un puits d’un kilomètre. La profondeur de la mine est maintenant d’un étourdissant 2,9 kilomètres. « Il a été difficile de trouver des entrepreneurs qui auraient pu fournir suffisamment de travailleurs qualifiés pour exécuter de tels travaux », suggère Provencher. « Finalement, nous avons décidé d’utiliser notre propre main d’œuvre dans la mesure du possible, surtout pour les travaux d’excavation. »

Le travail de Provencher au sein de la division LaRonde sera récompensé par un nouveau poste avec plus de responsabilités, ainsi que la chance de voyager là où Agnico-Eagle a des installations, soit au Québec, en Finlande et au Mexique. L’idée de passer une ou deux semaines à l’étranger chaque mois ne lui déplait pas non plus.

« C’est une occasion unique qui me permettra de partager mes connaissances avec beaucoup de jeunes dans la compagnie », dit-il. « Je pense que ce nouveau rôle de mentor me plaira énormément. »

– P. Diekmeyer

Miser sur un plan à long terme

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Lorsque Tim Gitzel est entré en poste à titre de chef de la direction de Cameco, en juillet de cette année, il se demandait bien dans quelle aventure il venait de s’embarquer, ce dont on ne peut le blâmer. Le cours de l’action de la société venait de chuter – il était alors inférieur de près de 40 % à son sommet en cumul annuel – dans la foulée du séisme et du tsunami survenus au Japon ainsi que des dommages causés à certaines installations nucléaires névralgiques du pays. Résultat : la viabilité à long terme des centrales nucléaires était de plus en plus remise en question dans le monde.

En outre, la nomination de M. Gitzel aux fonctions de vice-président de la World Nuclear Association, en mars de cette année, a fait de lui un important porte-parole de l’industrie. Or, rien de tout cela ne semble déranger cet ancien avocat et ex-président de la Saskatchewan Mining Association.

« Je n’ai pas hésité à prendre le poste, pas même une seconde », raconte M. Gitzel. « J’ai travaillé dans cette industrie toute ma vie. Nous avons traversé des périodes prospères et d’autres plus difficiles, comme maintenant. »

M. Gitzel estime que pour restaurer la crédibilité de l’industrie, il faut commencer par remettre certains principes fondamentaux à l’ordre du jour. « La demande d’énergie devrait doubler au cours des 20 prochaines années, et cette énergie devra bien provenir de quelque part », indique M. Gitzel. « Dans ce contexte, le nucléaire devrait jouer un rôle prépondérant. Il y a actuellement 437 réacteurs nucléaires dans le monde, et 92 autres devraient être construits d’ici 2020. Cela dit, certains pays historiquement favorables au nucléaire – l’Allemagne, l’Italie et la Suisse, notamment – ont déclaré qu’ils prévoyaient abandonner graduellement cette source d’énergie; nous verrons comment se passera la suite des choses. À l’inverse, de nombreux pays se sont engagés à recourir au nucléaire ou ont renouvelé leur engagement en ce sens. »

Ironiquement, la récente perte d’engouement du marché pour l’énergie nucléaire pourrait créer pour Cameco des occasions d’affaires imprévues, mais fort à propos. La société met depuis longtemps en pratique une politique de recherche d’acquisitions. Avec le déclin du prix des actifs dans le monde du nucléaire, il pourrait s’agir du meilleur moment pour la société de trouver de la valeur sur le marché.

– P. Diekmeyer

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