novembre 2010

Éminente visite à Rouyn-Noranda

Un appel à de nouvelles solutions

Par Claude Gagnier

Le 28 septembre dernier, devant une quarantaine de personnes à une conférence de la section Rouyn-Noranda de l’ICM, le docteur James Franklin, Éminent conférencier de l’ICM est venu tracer les possibilités afin d’augmenter le taux de succès des campagnes d’exploration minérales.

Un examen des tendances mondiales concernant la demande de métaux tels le cuivre, le zinc, l’or, le fer, l’uranium, le platine, les terres rares, le molybdène, le tungstène, le chrome et le nickel démontre que les besoins seront multipliés dans les prochaines années. Actuellement les nouvelles découvertes ne parviennent tout simplement pas à remplacer le matériel miné. Plusieurs facteurs expliquent ce fait. Ainsi, même si l’on recycle de plus en plus, une portion des métaux est et sera toujours irrécupérable. De plus, la demande du marché des pays émergents croitra de façon exponentielle (sans compter la propre croissance de la demande des nations développées). Au cours des dernières décades, les découvertes de gisements géants (notamment en métaux de base) ont été relativement peu nombreuses. Une des conséquences est que le simple remplacement de tels gisements nécessite la découverte d’un nombre impressionnant de dépôts de moyenne ou petite taille. Depuis des temps immémoriaux notre niveau de vie étant lié à l’usage et à la disponibilité des minéraux, la simple conservation du niveau de vie actuel à l’avenir requiert l’amélioration de l’efficacité de nos campagnes d’exploration. Ces dernières devront ainsi être moins couteuse (en temps et en argent dépensé par tonne trouvée) et ce même si les gisements exploités sont plus profonds. Comment y parvenir?

Plusieurs pistes de solutions ont été suggérées par le Dr Franklin. Premièrement le concept de développement durable deviendra inévitable. Nous devrons aussi améliorer la récupération dans les usines de traitement ainsi que la vitesse de remise en états des sites miniers. Le plus gros de l’effort devra cependant venir des géosciences. Les futures découvertes nécessiteront une exploration novatrice. Afin que parvenir à numériser puis informatiser les bases de données servant à l’exploration minérales et définir de nouvelles cibles d’exploration, nous devrons : développer des modèles de gisements métallifères plus descriptifs; mieux détecter les attributs critiques des gîtes en utilisant des critères quantitatifs (numérisables); mieux comprendre les relations entre les dépôts et la géologie régionale; mieux utiliser l’information disponible.

Pour y parvenir la recherche multidisciplinaire sera de mise. Les critères définis comme étant les plus utiles (type de roche, altération, assemblages minéralogiques) devront être cartographiés de façon à ce qu’une analyse informatique puisse les traiter (une codification est impliquée).

Des sources non-conventionnelles de métaux devront être examinées : il ne faut pas avoir peur de sortir des sentiers battus. Par exemple, si nous considérons les nodules de manganèse présents sur les fonds océaniques : le contenu en métal est élevé, quels sont donc les défis technologiques? Si ces derniers étaient insolubles dans le passé, le sont-ils toujours aujourd’hui?

Comparativement à nos compétiteurs (notamment l’Australie), le Canada investit relativement peu dans le domaine de la recherche appliquée aux mines. Notre compétitivité risque d’en payer le coût à long terme. Une recherche efficace implique un partage des coûts entre l’industrie et le gouvernement.

Le réchauffement planétaire et l’ouverture des voies de navigation dans l’Arctique canadien ouvrent un énorme potentiel pour l’exploration minérale. En effet les coûts de transport devraient diminuer, l’exploration sera facilitée et plus économique.

Le Dr Franklin a terminé sa conférence en nous parlant du CCIM : le consortium canadien en exploration minérale. Cet organisme de recherche en exploration implique plusieurs gros joueurs de l’industrie tels Barrick, De Beers, Vale, Teck, Cameco, Kinross, Goldcorp ainsi que des compagnies ju­nior et des universités. Un de ses objectifs est d’identifier les besoins en exploration pour les 5 à 10 prochaines années.

Claude Gagnier est président de la section Rouyn-Noranda de l’ICM.

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