février 2010

Le minerai de fer du lac Bloom

Consolidated Thompson démarre la production à la mine du lac Bloom

Par D. Zlotnikov

La mine du Lac Bloom est située dans la Fosse du Labrador, riche en minerai de fer.


Alors que de nombreux pays développés commencent à peine à se sortir de la crise financière, le monde en développement va de l’avant. La Chine et l’Inde ont toutes deux maintenu une croissance soutenue, bien que légèrement moins forte, durant les deux dernières années. Avec une stabilisation de l’économie mondiale, la Chine cherche à avancer. Une bonne partie de sa croissance interne étant attribuable à des projets d’infrastructure, son industrie a un besoin criant d’acier et donc de fer. Bien qu’elle produise elle-même d’énormes quantités de minerai, la Chine recherche avidement d’autres sources d’approvisionnement, une excellente nouvelle pour la plus récente mine de fer canadienne, la mine du lac Bloom de Consolidated Thompson, située au Québec, à quelque 400 km au nord de Sept-Îles.

Le gisement du lac Bloom a d’abord été découvert dans les années 1950, cependant très peu de travaux d’exploration ont été menés sur le site avant la fin des années 1990, lorsque Québec Cartier a pris une option sur la propriété. L’emplacement gisement représentait un atout important pour Québec Cartier, qui avait déjà exploité la mine du lac Fire dans la même région. La société a effectué 18 000 mètres de forages additionnels afin de mieux délimiter le gisement et a réalisé une évaluation dans l’optique d’une éventuelle mise en valeur. Toutefois, les difficultés financières ont contraint Québec Cartier à renoncer à l’option en 2003 et la société s’est concentrée sur sa propriété du lac Fire.

Le projet du lac Bloom, tel qu’il est aujourd’hui, remonte à 2005. Richard Quesnel était alors directeur général du projet Gibraltar de Taseko Mines en Colombie-Britannique. Il se souvient avoir reçu un appel de Stan Bharti et de Gerry McCarvill de Forbes Manhattan, une banque d’affaires privée de Toronto.

M. Quesnel les avait déjà rencontrés au début des années 1980 alors qu’ils travaillaient pour Barclay Engineering et qu’il était lui-même employé par Placer Dome. Mais cet appel ne concernait un contrat d’ingénierie. MM. Bharti et McCarvill voulaient que Richard Quesnel jette un coup d’œil à une propriété qu’ils voulaient mettre en valeur : celle du lac Bloom.

M. Quesnel connaissait le lac Bloom, ayant été gestionnaire de l’exploitation de Québec Cartier de 1991 à 1994. Consolidated Thompson venait tout juste de faire faire un examen conforme à la NC 43-101 sur la propriété par la société de génie-conseil Watts, Griffis and McOuat Ltd. M. Quesnel a lu le rapport et se sentait à l’aise par rapport à son contenu, compte tenu surtout de la forte remontée des prix du fer en 2005. La mine Gibraltar étant alors en exploitation, il estimait que le moment était propice pour lui de participer à un projet entièrement nouveau. « Je me suis dit qu’après avoir participé à quatre grands projets, c’était le moment idéal si je voulais, une fois dans ma vie, diriger une équipe chargée de la mise en valeur d’une mine à partir de zéro. »

Richard Quesnel s’est joint à Consolidated Thompson en août 2005. Il a mis sur pied une équipe établie à Montréal et a entrepris les travaux de construction de la mine. « Pour les études de faisabilité et les études techniques détaillées, nous avons retenu les services de Breton, Banville & Associates, cette compagnie possédant beaucoup d’expérience dans l’industrie du minerai de fer et avait également réalisé quelques travaux pour Met-Chem de même que des projets internationaux en Inde, notamment l’aménagement d’installations d’exploitation de minerai de fer et de charbon », a-t-il expliqué.

« Les activités se sont enchaînées, de la délimitation à la faiabilité, mais avec en plus la nécessité de devoir tout faire rapidement. » Thompson souhaitant tirer profit de la demande accrue de minerai de fer et de la hausse de prix subséquente, il fallait démarrer le projet aussitôt que possible. Les résultats sont visibles aujourd’hui : le lac Bloom est près de l’étape de la mise en service. La mine devrait atteindre sa pleine production d’ici la fin de février, générant en moyenne 8 millions de tonnes de minerai par année. D’une poignée d’employés au début et ne disposant que d’un financement par placements privés d’environ 2 millions de dollars, la capitalisation boursière de la société frise maintenant les 2 milliards de dollars et emploie 250 personnes. Les plus récents tours de financement ont permis de réunir plus de 875 millions de dollars, signe indéniable de l’intérêt marqué des investisseurs.

La contribution de la mine du lac Bloom à la production de minerai de fer globale du Canada sera assez impressionnante : selon Ressources naturelles Canada, les expéditions canadiennes de 2008 s’établissaient à 31,3 millions de tonnes, auxquelles le nouveau projet devrait ajouter 25 %.

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