déc '10/jan '11

Québec

La filière minérale est un moteur important

André Lavoie

Le secteur du fer connaît un développement important au Québec | Photo courtoisie de Association minière du Québec


L’industrie minérale au Québec compte plus de 52 000 emplois directs et indirects, une masse salariale évaluée à près de 2 milliards $ (sans compter les fournisseurs), des exportations totalisant près de 8 milliards $, une contribution au PIB de la province de 7 milliards $, des entrées fiscales nettes annuelles moyennes (depuis 2000) de plus de 280 millions $ pour le gouvernement du Québec et des projets d’investissements de 4,5 milliards $ d’ici 2013. Les nouveaux projets de développement se retrouvent dans les régions du Nord-du-Québec (7), en Abitibi-Témiscamingue (3) et sur la Côte-Nord (1)1.

Avec près de 30 mines en activité, cette industrie constitue un moteur économique de premier plan (production axée surtout sur le fer, le nickel et le cuivre, les métaux précieux tels que l’or et l’argent et les minéraux industriels soit le titane, le sel, le graphite, le niobium, la silice et le chrysotile). Elle compte également plus de 200 sociétés minières distinctes avec des dépenses d’exploration de près de 349 millions $ en 2009 et qui devraient atteindre plus de 500 millions $ en 2010. Ces dépenses se

répartissent pour 57 % dans le Nord-du-Québec, 32 % en Abitibi-Témiscamingue et 8 % sur la Côte-Nord. L’or demeure la principale substance recherchée. Toutefois, l’exploration pour de nouvelles substances croît : terres rares et métaux de haute technologie.

Innovation minière

Les entreprises de la filière minérale font des achats auprès de plus de 3800 fournisseurs de biens et de services situés dans toutes les régions du Québec, dont 1800 à Montréal et 250 à Québec. Plusieurs universités (notamment INRS, McGill, Polytechnique, Laval, UQAC, UQAM et UQAT) sont actives par le biais de programmes (8) ou de chaires de recherche (20). De plus, on compte au moins six consortiums de recherche, dont CONSOREM, COREM, DIVEX et SOREDEM. Au Québec, un système de partage d’information et de travaux entre entreprises, universités et centres de recherche constitue un avantage compétitif durable pour la filière minérale.

Un budget qui préoccupe l’industrie

Le milieu minier est fort préoccupé par certaines mesures contenues dans le dernier budget provincial. Au Québec, les droits miniers versés par les entreprises minières au gouvernement augmentent de 327 millions $ à 570 millions $ sur cinq ans. Il s’agit d’une augmentation marquée de 74 % des droits miniers payés par les entreprises. Globalement, incluant ces droits miniers, le secteur minier contribuera ainsi pour plus de 1 milliard $ aux revenus du gouvernement au cours des cinq prochaines années.

Révision de la Loi sur les mines

En Commission parlementaire sur le projet de loi 79, les représentants de l’industrie et les entreprises minières ont réclamé une politique d’exploration minière efficace à long terme, un meilleur encadrement de la restauration des sites ainsi qu’une stratégie de la gestion des ressources qui soit sous la responsabilité de l’État. Après la tenue d’audiences publiques en mai et en août 2010, le débat sur ce projet de loi modifiant la Loi sur les mines se poursuit maintenant à l’Assemblée nationale et le secteur minier a clairement signifié son souhait de voir une réforme qui tiendra compte des nombreux défis confrontant l’industrie.

Enjeux et défis pour l’industrie

Au Québec, le recrutement et l’intégration de nouveau personnel sont au cœur des préoccupations des entreprises minières qui connaissent une période d’activité dynamique avec de nombreux projets en développement, le démarrage de nouvelles mines et l’augmentation du nombre des emplois. Une étude en cours par l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et sécurité du travail (IRSST) vise à documenter les conditions d’une intégration sécuritaire et compétente des nouveaux travailleurs de cette industrie qui, depuis 20 ans, a diminué son taux de fréquence des accidents de 76 %.

Un autre défi de l’industrie est le développement minéral associé aux communautés et intégré dans le milieu, tel que proposé dans la nouvelle Stratégie minérale du gouvernement du Québec. La relance de travaux d’exploration pour l’uranium ainsi que le développement de projets de mines en milieu urbain soulèvent des préoccupations. L’industrie appuie les mesures législatives qui imposent aux entreprises de consulter lors de la mise en œuvre d’un projet minier. Les entreprises minières travaillent déjà en partenariat avec de nombreuses communautés et les gestionnaires miniers d’aujourd’hui sont très conscients de leurs responsabilités à cet égard. 

Par André Lavoie, directeur Communications et affaires publiques Association minière du Québec

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