août 2010

Ressources humaines

Une mine de potentiel

. Par M. Eisner

La créativité : un incontournable pour trouver des moyens d’éviter une pénurie imminente de ressources humaines

Etudiant en génie chimique à l’Université de la Saskatchewan, Brett Dickie ne connaissait rien à l’industrie minière avant d’occuper un emploi d’été à Cameco. Un tout nouveau monde s’est ouvert à lui grâce à cette expérience. « J’ai accepté l’emploi à Cameco pour voir quelles étaient mes options et pour mieux connaître la Saskatchewan et ce secteur. Ça m’a littéralement ouvert les yeux. Je ne savais pas que cette industrie avait une telle envergure. »

Perspectives

En 2006, le Conseil des ressources humaines de l’industrie minière (RHiM) a rendu public un rapport intitulé Prospecter l’avenir : relever les défis des ressources humaines dans l’industrie canadienne des minéraux et des métaux. Sa conclusion était simple : pour assurer l’avenir de l’industrie minière, nous devons trouver suffisamment de travailleurs qualifiés pour suppléer aux départs à la retraite dans un contexte de vieillissement constant de la main-d’œuvre.

Selon une version actualisée de ce rapport qui sera diffusée par le RHiM en septembre, le problème s’est aggravé depuis 2006.

« Nul doute, l’industrie fait face à une pénurie de main-d’œuvre », indique le directeur général du RHiM, Ryan Montpellier. « Pour la décennie 2010-2020, nous prévoyons avoir besoin de plus de 100 000 nouveaux tra- vailleurs, principalement en raison des départs à la retraite. Nous avons donc un très grand défi à relever. »

De récentes statistiques indiquent que plus de la moitié de la main-d’œuvre actuelle dans le secteur minier est âgée d’au moins 45 ans. L’âge moyen de la retraite dans le secteur est de 59 ans, comparativement à 62 ans dans d’autres secteurs.

Faire passer le message

Inspiré par des histoires comme celle de Brett Dickie, le président élu de l’ICM, Chuck Edwards, directeur de la métallurgie à AMEC Americas Ltd., s’est joint à une équipe dont les membres militent en faveur de l’adoption de cours sur l’exploitation minière et la minéralurgie à l’Université de la Saskatchewan.

Selon M. Edwards, l’une des solutions serait d’implanter davantage de sections étudiantes de l’ICM dans les univer- sités et d’inviter des ingénieurs de toutes les disciplines, qui travaillent dans le secteur des minéraux et des mines, à des rencontres où ils pourraient dis- cuter avec les étudiants. La première tentative de M. Edwards en vue de susciter de l’intérêt pour une section étudiante à l’Université de la Saskatchewan a été couronnée de succès.

« Cent étudiants provenant d’autres branches du génie se sont présentés », raconte-t-il. « Nous voulions leur faire savoir qu’il y a des emplois pour eux dans le secteur minier. À présent, nous devons organiser d’autres rencontres. Les sections étudiantes de l’ICM manquent de dynamisme; nous souhaitons les stimuler, leur donner un second souffle. »

Le RHiM utilise un portail Web pour joindre les jeunes. Cela dit, les efforts de mobilisation de l’organisme ne se limitent pas au cyberespace, comme l’explique M. Montpellier : « Nous discutons avec des conseillers en orientation et rencontrons des enseignants pour leur parler de l’évolution du secteur minier. »

Une nouvelle direction

Il est temps de sortir des sentiers battus en matière d’embauche, estime M. Montpellier. Ainsi, nous devons intensifier nos efforts de recrutement auprès de certains groupes de travailleurs traditionnellement peu représentés dans l’industrie minière, comme les femmes, les membres des peuples autochtones, les personnes handicapées et les Néo-Canadiens, et faire preuve de davantage de compréhension.

« Nous semblons aller dans la bonne direction », affirme M. Montpellier, « jusqu’à ce que l’on compare nos effectifs féminins à ceux d’autres secteurs, comme les finances et l’administration. Nous avons beau nous améliorer, nos pro- grès réels sont occultés, dans une certaine mesure. Cela dit, un énorme bassin de main-d’œuvre est à notre portée. »

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