sept/oct 2009

L'avenir de notre industrie

L’industrie canadienne des sables bitumineux file vers l’avenir avec confiance

Par P. Caulfield

Les sables bitumineux de l’Alberta sont essentiels pour les besoins énergétiques actuels et futurs du Canada. Pensons à leur rôle uniquement dans deux aspects de l’économie – les emplois et les investissements. Chaque emploi permanent créé dans cette industrie en génère neuf autres; quelque 240 000 emplois canadiens y sont donc reliés directement ou indirectement. Du côté des investissements, 59 milliards de dollars ont été investis dans ce secteur entre 1997 et 2006. Cette industrie a aussi le potentiel de générer au moins 123 milliards de dollars en redevances et en revenus fiscaux entre 2001 et 2020.

Malgré la taille de cette industrie, elle n’a pas été épargnée des crises qui ont assailli l’économie mondiale. La plupart des exploitations survivent mais de nombreux projets de construction et de développement ont été mis sur la glace, alors que les propriétaires attendent le retour de la confiance des investisseurs et des consommateurs.

Nancy Lever, directrice principale chez ARC Financial Corp., une société privée de capitaux propres ciblant l’énergie, est optimiste. « Il y a eu un ralentissement, mais les perspectives à long terme sont très positives. Les prix des matériaux et de la main-d’œuvre ont commencé à baisser. C’est un bon signe. » Touchés par le ralentissement, les fournisseurs de l’industrie croient aussi à un bon avenir.

« Nous croyons que la récession sera de courte durée », dit Greg Lucyshyn, directeur des contrats avec le fournisseur de services de forages, Boart Longyear Canada.

Paraphrasant la célèbre citation de Mark Twain, Chris Yellowega, vice-président des opérations, North American Construction Group, dit : « Les rumeurs de la mort des sables bitumineux ont été grandement exagérées. La plupart des intervenants profitent du ralentissement pour accroître l’efficacité opérationnelle et ils se préparent à tirer profit des nouvelles occasions qui se présenteront. »

Selon David McColl, directeur de la recherche - Institut canadien de recherche énergétique, Calgary : « La crise du crédit et l’effondrement des prix de l’énergie peuvent constituer une occasion pour l’industrie de prendre du recul et de cibler les prochains développements dans les sables bitumineux. » Il croît que c’est le bon moment de recruter la main-d’œuvre de haute qualité qui a été mise à pied par d’autres compagnies, d’obtenir des fournitures à coût raisonnable et de se préparer au retour de l’activité économique. Il cite la décision d’Imperial Oil d’aller de l’avant avec le projet des sables bitumineux Kearl comme un bon exemple de pensée stratégique.

Ce projet avait été mis en veilleuse en raison des coûts élevés de construction. Il sera développé en trois étapes et la production pourrait atteindre plus de 300 000 barils de bitume par jour. Les coûts de construction devraient être d’environ 8 milliards de dollars, soit approximativement 4,50 $ par baril.

Les travaux en cours comprennent la préparation du site, le drainage de la fondrière et l’installation des services. « Les plans détaillés, les achats et les travaux à contrat vont bon train », rapporte Pius Rolheiser, chef de l’équipe médiatique d’Imperial Oil à Calgary. « Au total, plus de 1000 personnes travaillent au projet Kearl. »

Imperial effectue des consultations poussées avec les intervenants. « Nous avons surtout consulté les communautés des Premières nations; c’est sur leurs terres qu’une grande partie du développement sera effectué. Leurs préoccupations portaient principalement sur les impacts environnementaux et socio-économiques », dit M. Rolheiser.

Les interventions ont influencé la conception du projet. Par exemple, Kearl aura un réservoir pour entreposer l’eau, diminuant la quantité d’eau prise dans la rivière durant les périodes d’étiage. « L’Imperial aura aussi un ‘lac de compensation’; selon les suggestions des membres des Premières nations, nous l’avons fait plus creux que le lac existant afin que les poissons survivent à la période de gel; ils nous ont aussi conseillés quant aux espèces de poissons à y introduire. »

L’Imperial poursuit aussi ses plans d’expansion à Cold Lake. En 2008, ses quatre usines produisaient une moyenne de 150 000 barils par jour. Lorsque prêt, le nouveau secteur, Nabiye, ajoutera 30 000 barils de bitume par jour à la production de Cold Lake. « La compagnie rehausse la technologie et propose trois modifications écologiques », dit M. Rolheiser. « La première réduira les effets potentiels sur les sols, la végétation et la faune du secteur à développer », explique M. Rolheiser. « De plus, l’utilisation de puits horizontaux diminuera le nombre de forages pour atteindre le réservoir. Les effets sur l’eau souterraine seront aussi amoindris. »

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