novembre 2009

Parlons-en

L’acceptabilité sociale des projets : une responsabilité partagée

Par R. Giguère

De nombreux défis attendent l’industrie minière : défis environnementaux, défis de productivité, défi du renouvellement de la main-d’œuvre, défis de découverte de nouveaux gisements. Mais le plus important d’entre tous est sans doute celui du développement durable, dans son sens premier, car il englobe l’ensemble des préoccupations de l’industrie, des gouvernements et de la population.

On confond trop souvent développement durable et environnement. Certes l’environnement est une composante très importante du développement durable, mais deux autres piliers du développement durable doivent aussi être pris en considération : le volet économique et le volet social.

Les sociétés minières et les instances gouvernementales comprennent ce qu’est le volet économique. Depuis des décennies, en effet, les paramètres économiques sont utilisés pour mesurer le progrès humain, le progrès des compagnies, la rentabilité des investissements.
Le volet environnemental répond aux énoncés et aux règles scientifiques de la chimie et de la physique. Au fil des ans, des expertises plus pointues se sont développées et des innovations importantes sont venues modifier notre relation à l’environnement.

La prise en compte du volet social, par contre, est relativement nouvelle. Le volet social est un concept qui fluctue : limites floues et impératifs en continuels évolution.

Les travaux récents du groupe de travail sur l’acceptabilité sociale des projets, pilotés par la Conférence canadienne des ministres de l’Énergie et des Mines, amènent un éclairage intéressant sur ces questions. Le groupe de travail a identifié trois facteurs qui conditionnent l’obtention de l’approbation du public.

Premièrement, les gouvernements et l’industrie doivent être capables de démontrer les améliorations apportées tant au niveau réglementaire que sur le plan des mesures volontaires. Les gouvernements doivent donc instaurer un régime de mesures efficaces et crédibles dans leurs champs d’interventions. Un tel régime inclut nécessairement un régime où il y a un partage équitable des avantages économiques. Les associations industrielles peuvent concevoir et consolider des programmes volontaires. Par exemple en introduisant des procédures de diffusion publique de renseignements sur les progrès réalisés par les sociétés qui pourraient être vérifiées par des tiers.

Deuxièmement, l’établissement de communications crédibles et vérifiables. Le public exige des gouvernements et de l’industrie qu’ils diffusent en temps opportun des renseignements complets et crédibles. Il s’agit donc pour nous, acteurs du développement minier, de mettre sur pied de tels procédés. De plus, nous évoluons dans un contexte où le public accorde de moins en moins sa confiance aux acteurs de la société. Les gouvernements et l’industrie ne peuvent plus présumer que les intervenants accepteront une information produite unilatéralement. Le public sera nettement plus enclin à soutenir les démarches de production de renseignements qui font appel à de multiples intervenants, particulièrement là où l’information est vérifiée par des tiers indépendants.

En dernier lieu, établir de solides relations axées sur la recherche d’avantages mutuels. Afin d’améliorer l’image publique d’une industrie et d’aider cette dernière à obtenir l’approbation publique pour exercer ses activités, les gouvernements et l’industrie doivent tenir compte d’une large gamme d’intérêts, et non simplement de ceux de l’industrie. Les secteurs qui réussissent à contrer les perceptions négatives des citoyens établissent des plateformes à intervenants multiples qui contribuent à promouvoir à la fois le dialogue et la résolution concertée de problèmes. Comme le souligne une grande leçon tirée de l’expérience du secteur forestier, il est capital d’établir en tout temps des relations à la fois avec les partisans et les détracteurs des projets. En effet que la conjoncture soit favorable ou non, le maintien d’un dialogue permanent constitue un impératif de progrès.

Le défi demeure donc de savoir conjuguer les trois volets du développement durable dans nos discours, bien sûr, mais d’abord et avant tout dans nos réflexions, nos planifications afin que ces trois volets se traduisent en actions concrètes. L’exercice est toujours périlleux, plein d’embûches et pose des défis importants à relever, mais il est nécessaire afin que tous y trouvent leur compte.

Visitez www.mrnf.gouv.qc.ca/mines/index.jsp.


Robert Giguère travaille au Ministère des ressources naturelles et de la Faune depuis 2004. Il a y a occupé, pour le Secteur énergie, la direction des politiques et de la coordination, réalisant entre autres la Stratégie énergétique du Québec. Depuis 2008 il agit comme Directeur des politiques de la coordination et des affaires inter­gouvernementales au bureau du sous-ministre associé au Secteur des mines ou il a coordonné la réalisation de la Stratégie minérale du Québec.

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