mars/avril 2009

Parlons-en

Une année de contraste dans l’industrie minière canadienne du fer

Par S. Perrault

Fosse du Mont Wright


L’année 2008 aura été une année de rebondissement tant sur le plan économique, avec la crise financière actuelle et la chute vertigineuse des prix pour les produits minéraux et métalliques, que sur le plan de la production record de minerais de fer par les trois géants miniers du fer (Vale Inco, Rio Tinto et BHP Billiton). Au Québec, l’année 2008 aura été marquée par la mise en chantier d’une nouvelle mine de fer dans la région de Fermont par Consolidated Thompson Iron Mines (Lac Bloom). Il s’agit de la première mine de fer à voir le jour au Québec depuis 1976. Cet article présente les faits saillants majeurs qui ont marqués l’industrie minière du fer du Québec et du Labrador et sur la scène mondiale en 2008.

La Compagnie minière IOC  a connu une excellente année avec des ventes de concentrés et de boulettes de fer totalisant 15 millions de tonnes (rapport annuel de Rio Tinto pour 2008). Ces ventes représentent une augmentation de 12 % par rapport à 2007. Après avoir annoncé des investissements de 800 M$ à ces installations de Labrador City et Sept-Îles en mars, Rio Tinto a annoncé en novembre qu’elle réduisait sa production et qu’elle procédera avec une fermeture temporaire de ces activités pendant quatre semaines en juillet 2009. Elle révise également l’investissement de 800 M$ qui aurait augmenté la capacité totale de production de 50 % en 2011.

En 2008, la Compagnie minière Québec Cartier a changé de nom pour celui d’ArcelorMittal Mines Canada qui, en 2007, avait acquis Dofasco, alors unique actionnaire de la Compagnie minière Québec Cartier. La production de minerai de fer concentré à la mine du Mont-Wright et de boulettes de fer à Port-Cartier a atteint 15 millions de tonnes et neuf millions de tonnes respectivement (Cyberpresse.ca le 27 janvier 2009). Frappé par la chute de la demande en acier sur la scène mondiale, ArcelorMittal a annoncé en décembre 2008 qu’elle mettait en place un programme de réduction de coût et la fermeture d’une ligne de production de boulettes de fer plutôt que deux à ces installations de Port-Cartier.

Mines Wabush est la plus petite des minières de fer au Québec et au Labrador. Elle prévoit réduire sa production de 4,3 millions de tonnes à 2,3 millions de tonnes pour 2009 (Cyberpresse.ca le 27 janvier 2009) et a récemment mis à pied le tiers de ces 600 employés à ces installations de Wabush et de Sept-Îles.

Les trois géants miniers du fer, Vale Inco (Brésil), Rio Tinto (Australie-UK) et BHP-Billiton (Australie-UK) vont entreprendre au cours des prochaines semaines une ronde de négociations sur les prix du minerai de fer avec les principaux aciéristes, dont les chinois. À eux trois, ils sont responsables de plus de 70 % de la production et des ventes de minerais de fer à l’échelle mondiale. Ainsi après avoir connu sept années de croissance consécutives, dont une augmentation de 85 % pour 2008 avec un prix record de près de 200 US$ la tonne sur le marché «spot», le prix du minerai de fer est retombé à 55 US$ en novembre 2008. Au début de 2009, ce prix est remonté à 72 US$ (Financial Times, 12 janvier 2009).

Les producteurs de minerai de fer des Amériques ont connu une croissance de 65 % pour le minerai de fer concentré (morceau et fins) et de 87 % pour les boulettes de fer en 2008 (U.S. Geological Survey, Mineral Commodity Summaries, January 2009).

Pour 2009, les analystes du marché du minerai de fer s’attendent à une baisse de 20 à 30 % des prix du minerai de fer (concentré et boulettes) pour les contrats d’approvisionnement avec les aciéristes. Avec la crise financière actuelle et les baisses de production anticipées, les aciéristes chinois espèrent quant à eux obtenir une baisse de 40 à 50 % du prix. La plupart des analystes estiment que les prix devraient être stables en 2010 et une remontée du prix du minerai de fer serait attendue pour 2011.


Serge Perreault est géologue senior à la SOQUEM depuis octobre 2008. Auparavant, il a travaillé comme géologue pendant 16 années au Ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec.

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