juin/juillet 2009

Parlons de la relation

La future croissance sera fonction du resserrement des liens tout le long de la chaîne d’approvisionnement dès maintenant

. Par R. Bergen

Photo courtoisie de Boart Longyear


L’industrie minière peut être assez volage, mais il faut reconnaître qu’elle est vraiment forte pour avoir survécu et prospéré comme elle l’a fait. Elle est aussi tenace, elle peut mettre à rude épreuve la chaîne d’approvisionnement et ses liens.

Les fournisseurs ou les acheteurs, qui doivent faire face aux demandes de l’industrie, ne peuvent être trop surpris des récents extrêmes des marchés; mais cela ne signifie pas qu’ils n’ont pas été durement éprouvés. Les derniers soubresauts des marchés ont dépassé les capacités de plusieurs, repoussant les délais de livraison d’équipements essentiels ou de soutien technique à des niveaux sans précédant. Le ralentissement correspondant a forcé l’introspection vers des défis tels que la gestion des coûts et la réorganisation des pratiques commerciales. Tout au long de la chaîne d’approvisionnement, les gens ont eu l’occasion d’évaluer la plus récente frénésie avec un oeil critique et d’analyser l’avenir.

Naviguer entre les hauts et les bas

La nature cyclique de l’industrie minière peut être qualifiée de constante, mais chaque haut et chaque bas possède son propre caractère, ses gagnants et ses perdants. Selon Marc Duchaine, directeur des achats stratégiques, Vale Inco, l’amplitude énorme du présent cycle le définit. « À mon point de vue, ce creux est semblable à la crête précédente. Au cours de l’expansion, de nombreux nouveaux joueurs ont joint les rangs et la demande est devenue vraiment mondiale. Je crois qu’il en est de même avec la récession : elle est trop mondiale, aucun secteur n’est épargné. »

Bruce Knight, président de SMS Equipment — une entreprise issue de la fusion de Coneco, de Federal Equipment et de Transwest Mining Systems — en au vu d’autres. « Les marchés sont plus gros, créant de nouveaux défis. Je crois que l’une des principales différences entre la baisse actuelle et celle des années 1980 est que si vous aviez de bons> équipements remis à neuf vous pouviez les vendre aux pays du Tiers Monde. De nos jours, ces pays ont des flottes à la fine pointe de la technologie et ils sont même des compétiteurs de compagnies minières canadiennes. »

Guff Muench, président de Cummins, Ouest du Canada, est optimiste. « La grande différence est que les taux d’intérêt sont très bas. Antérieurement, les frais d’entreposage étaient prohibitifs mais maintenant les entreprises qui ont de gros inventaires ont plus de veine. »

Un partenariat

La cadence frénétique des dernières années a certes accru les profits mais elle a aussi augmenté les coûts et réduit les offres. M. Muench reconnaît qu’il n’aimait pas la tendance qu’il percevait. « Il était courant de devoir décevoir des clients. Nous ne devrions jamais avoir à dire ‘non’. Nous croyons qu’il faut maintenant établir de bonnes fondations. »

« Une chose est devenue très évidente durant les bons temps; les fournisseurs avec lesquels nous avons de bonnes et solides relations étaient là pour nous et pouvaient garantir nos demandes », dit M. Duchaine. « Cela a renforcé les avantages de relations de partenariat à long terme avec nos fournisseurs; ce n’était pas l’affaire d’une fois, à la recherche du plus bas prix. »

M. Duchaine dit que Vale Inco travaille fort à établir des partenariats avec les fournisseurs afin que la compagnie soit mieux placée pour obtenir les pièces et les équipements lors de la reprise économique. « Le danger est de trop économiser, nous voulons tous épargner mais si nous coupons trop, la relation avec les fournisseurs en souffrira. »

Kevin Tomaszewski, un directeur de marketing chez Boart Longyear, dit que la compagnie a rationalisé sa ligne de produits et son approche marketing. « Nous mettons la priorité sur les pièces de rechange. Nous voulons savoir ce qui casse. Nous avons monté des ensembles de pièces pour des tâches spécifiques. La compagnie a maintenant un gérant uniquement pour les pièces de rechange et nous avons encore plus de points d’inventaire afin de répondre plus rapidement aux demandes de pièces. »

Bien que personne ne sache combien de temps durera la crise, les acheteurs et les fournisseurs sont convaincus d’une croissance renouvelée. Selon M. Muench, les gens futés s’assureront à long terme que toutes les activités de soutien sont en place. « Il est plus difficile de mettre l’accent sur la formation durant une récession, mais vous devez cibler le soutien », dit-il.

D’après M. Knight, durant tout ce déclin, SMS a saisi l’occasion de combler le manque de personnel. « Nous embauchons encore des gens. Durant les bonnes années, nous n’arrivions à en embaucher assez en raison de nos exigences de recrutement », explique-t-il. « Il y a non seulement plus de candidats mais aussi le processus de recrutement est plus efficace. »

M. Duchaine ajoute : « Nous verrons sous peu de nombreuses retraites, entraînant un risque de perdre les connaissances acquises au cours des années. »

M. Tomaszewski souligne à son tour que les équipements deviennent de plus en plus intelligents. Chez Boart Longyear, les produits de forage sont munis de systèmes électroniques complets. La nouvelle génération d’équipements indiquera aux opérateurs la profondeur et le taux de forage ainsi que les temps morts. L’information pourra être analysée afin de déterminer la productivité pour une période donnée.

« Je crois que la technologie s’infiltre à travers toute la chaîne d’approvisionnement », insiste M. Duchaine. « Les fournisseurs seront aussi plus sophistiqués dans leurs rapports avec les acheteurs; de plus, ils intégreront des systèmes de planification des ressources afin d’améliorer toute la chaîne d’approvisionnement. »

M. Tomaszewski prédit : « L’infrastructure continuera à se développer et la croissance économique est inévitable. Nous savons que le cycle de demande pour le fer, les agrégats et le gaz naturel reviendra – ce n’est qu’une question de temps. »

En attendant, ceux qui veulent garder leur place dans la chaîne d’approvisionnement doivent garder un lien fort mais souple avec leurs contacts.

Publier un commentaire

Commentaires

Version PDF