février 2009

Faire plus avec moins

Panel sur l'automatisation dans l'industrie minière

Par P. Diekmeyer

Modèle à l’échelle d’une chargeuse-transporteuse avec électronique à faible temps d’attente et une pile à hydrogène


Considérant la pénurie actuelle de main-d’œuvre et de capitaux, les compagnies doivent avoir de meilleurs résultats avec moins de ressources matérielles et humaines. Pour plusieurs, une plus grande utilisation de l’automatisation semble une solution naturelle. Pour en savoir plus sur cette tendance, le CIM Magazine a rencontré quelques visionnaires de l’industrie.

La technologie n’est pas le premier mot qui vient à l’esprit lorsqu’il est question d’extraction minière. Sortir quelque chose de la terre puis la broyer et la transformer semble être des travaux de la « vieille école ».

Toutefois, ceux qui visitent régulièrement des sites miniers ne peuvent que remarquer les grands changements au cours des dernières années. Des technologies de l’information aux équipements miniers commandés à distance, l’automatisation gagne du terrain.

« En examinant les possibilités d’automatisation dans l’industrie minière, il faut absolument distinguer entre le court terme et le long terme », dit Greg Baiden, titulaire de la Chaire de recherche en robotique et automatisation à l’Université Laurentienne et technologue en chef chez Penguin Automated Systems Inc. Il travaillait auparavant à la division de la recherche minière chez Inco. Il connaît donc bien le secteur. « Avec la dégringolade de la production de véhicules automobiles et le ralentissement général de l’économie, les compagnies minières hésitent à faire de nouveaux investissements de capitaux. Cependant, nous verrons une explosion de l’utilisation d’appareils qui peuvent remplacer des humains. »

Charles Jackson, directeur-général de Quadrem International Ltd., est d’accord. « En raison des prix des minéraux et des ressources déterminés quotidiennement par les bourses mondiales, plus votre exploitation et votre mise en marché seront efficaces, plus votre entreprise sera rentable », dit M. Jackson. De plus, à long terme, la demande devrait croître si rapidement qu’il faudra des innovations de niveau supérieur pour la rencontrer. » Il soulève un bon point. À mesure que les marchés voraces consomment la production des gisements accessibles, il faudra considérer des endroits de moins en moins accessibles.

« Un bon exemple est la mine Creighton à Sudbury », dit M. Baiden. « La mine atteint une profondeur de près de 8 500 pieds (2 591 mètres); la température peut monter à 140º F (60º C) et l’humidité y est près de 100 %. Sous de telles conditions difficiles, il est tentant de recourir à l’automatisation; l’attrait d’opérer les équipements à distance devient très fort. » De tels défis ne sont rien lorsque l’on considère ce qui se pointe à l’horizon. Parmi les gisements futurs, plusieurs seront encore plus profonds ou même sous le plancher océanique. Pour cela il faudra automatiser. « N’oubliez pas que 71 % de la planète est encore inexplorée », dit M. Baiden.

Même avec le chômage croissant au Canada et aux États-Unis, les compagnies d’extraction ont de la difficulté à recruter les bonnes personnes, à un bon prix et qui possèdent les habilités pour remplir certains postes clés. Le plus grand déficit de travailleurs sera dans les métiers et les tâches spécialisées.

« L’accroissement de l’urbanisation, surtout dans les pays en développement, pousse la demande pour le cuivre, le fer et l’aluminium », dit John McGagh, responsable de la technologie et de l’innovation chez Rio Tinto. « Il est très difficile de recruter les bonnes personnes, surtout pour des postes hautement techniques, et ce défi ne s’améliorera pas avec la relance de l’économie. Lorsque de bons postes sont disponibles dans les villes, les gens ne veulent plus travailler dans les régions éloignées, justement là où sont les mines. »

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