février 2009

Agnico-Eagle exploite le filon Goldex

Malgré les faibles teneurs, le projet est viable grâce aux prix favorable de l'or

Par P. Diekmeyer

Le site de Goldex


Depuis plusieurs années, le gisement Goldex d’Agnico-Eagle, situé dans la riche ceinture aurifère Cadillac-Bousquet au Québec, n’était pas considéré un gisement idéal à exploiter. Bien que la propriété ait été sur l’écran radar de la compagne depuis quelque temps, sa faible teneur et les bas prix de l’or rendaient cet investissement peu attrayant. Le projet a donc été relégué aux oubliettes.

En 2004, Agnico-Eagle, qui exploitait déjà la mine LaRonde à proximité, a décidé de développer le projet Goldex. La décision a été la bonne. « Le moment était excellent », dit Yvon Sylvestre, le directeur des opérations minières de la compagnie. « La production a débuté lorsque les prix de l’or se maintenaient bien, surtout par rapport à ceux des autres biens. »

M. Sylvestre ne badine pas, surtout si l’on considère la politique à long terme d’Agnico-Eagle de ne pas prévendre sa production, ce qui place la compagnie en bonne position de pro­fits lorsque les prix grimpent.

Une présence à long terme

La compagnie Mines Agnico-Eagle a été fondée en 1972 à la suite de la fusion de Agnico Mines Limited et de Eagle Gold Mines. Toutefois, jusqu’à tout dernièrement, les revenus de la compagnie ne provenaient que de la mine LaRonde, situé à une courte distance de l’exploitation Goldex.

Le travail de construction à Goldex, à un coût d’environ 183 M$, a été achevé en 2008 et la production a débuté en août de cette même année. En janvier dernier, la mine a atteint sa pleine capacité de 7 000 tonnes par jour. À ce jour, selon les rapports de la compagnie, la teneur à l’usine est d’environ 2,1 g/t, ce qui concorde avec les estimés initiaux.

La proximité des mines Goldex et LaRonde a été incontestablement une bonne stimulation en raison des synergies réalisées par l’utilisation d’infrastructures combinées. Les coûts totaux de production sont actuellement de 311 $ l’once, ce qui concorde avec les premières estimations. Avec l’augmentation de l’efficacité de production, ces coûts devraient diminuer encore plus, pour atteindre un seuil inférieur projeté d’environ 270 $/once plus tard cette année. En effet, Agnico-Eagle se considère comme l’un des producteurs ayant les coûts de production par once les plus bas de l’industrie minière en Amérique du Nord. Si les plans actuels se concrétisent, Goldex devrait produire une moyenne de 165 000 onces d’or annuellement pour les dix prochaines années.

Réduction des coûts

Le gisement Goldex est vaste et impressionnant. Selon les estimations, il contiendrait environ 23,1 millions de tonnes de réserves minérales probables à une teneur moyenne de 2,2 g/t, ce qui impliquerait une production éventuelle de 1,6 million d’onces d’or. Le gisement en soi se trouve à une profondeur d’environ 510 mètres à 770 mètres sous la surface.

Afin d’avoir accès à ces réserves, Agnico-Eagle a construit de nouvelles installations minières et de traitement avec plusieurs technologies et procédés innovateurs. « Avec un mi­nerai à si faible teneur par rapport aux autres gisements dans la région, la seule façon de justifier le développement de la mine était de trouver des moyens pour minimiser les coûts d’extraction et de traitement », dit M. Sylvestre.

Afin d’accélérer le processus d’extraction, un puits d’un diamètre de 5,5 mètres a été creusé jusqu’à une profondeur de 865 mètres et ceinturé d’une couche de six pouces de béton en utilisant un rideau de palplanches. Le puits devait avoir cette largeur afin de pouvoir recevoir les équipements d’extraction qui y étaient installés et avoir assez d’espace pour assurer une ventilation adéquate. Le système de levage, qui comprend une unité remise à neuf, peut répondre aux tâches de production et d’entretien. Une unité auxiliaire a aussi été installée pour le personnel et pour les urgences.

Extraction, pré-production et sautage

Selon M. Sylvestre, Agnico-Eagle utilise une méthode relativement simple, très productive d’extraction de grands vo­lumes. Cette méthode incorpore de grandes excavations de type marches; la mine est aussi exploitée par les méthodes de longs trous et de chambres-magasins. Le forage et le sautage se font de manière à assurer une bonne dimension de blocs pour le marinage et un certain pourcentage de minerai concassé est gardé dans le chantier d’abattage afin de minimiser les coûts de remblayage.

L’installation Goldex comprend aussi du concassage souterrain, du broyage en surface, un circuit de récupération de l’or par gravité, la flottation des sulfures et une installation pour manipuler le concentré. Les résidus de la flottation sont déposés dans un nouveau bassin de résidus situé à trois kilomètres au sud du complexe.

Une fois que le minerai a été abattu, il est chargé et transporté puis il subit un premier concassage avant d’être monté en surface. Rendu en surface, le minerai est acheminé à l’usine de traitement où il est broyé en particules dont la taille est d’environ 100 microns; ces particules sont envoyées dans une centrifugeuse afin d’isoler les fragments d’or à haute densité. L’or en lingots non affinés provenant de la séparation initiale et des traitements subséquents est envoyé aux installations de la Monnaie royale canadienne et le concentré provenant de la flottation est envoyé à l’usine de cyanuration de la mine LaRonde.

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