déc '09/jan '10

Un regard sur l’avenir de l’industrie

Par M. Eisner et L. Blais-Leroux

Plus de 50 institutions à travers le pays offrent des cours, des certificats et des diplômes couvrant tous les secteurs miniers : géologie, génie minier, technologie minérale et sciences de l’environnement. Nous avons parcouru le pays et avons demandé aux professeurs de nous présenter leurs programmes et leurs points de vue quant aux possibilités pour les étudiants.

À Wolfville, en Nouvelle-Écosse, la directrice du département des sciences de la Terre et de l’environnement de l’Université d’Acadia, Sandra Barr, dit que les inscriptions sont à la hausse malgré que les frais de scolarité soient parmi les plus élevés au pays. « Acadia a la réputation d’être innovatrice; elle figure toujours parmi les premiers du classement Maclean. Nous avons 55 étudiants dans les deux programmes de géologie et dix au niveau gradué. La demande de l’industrie est forte pour ces étudiants. »

À l’Université du Nouveau-Brunswick, les inscriptions sont stables avec une quarantaine d’étudiants en géologie de même qu’en génie géologique; les niveaux supérieurs comptent une trentaine d’étudiants, dit Cliff Shaw, chef du département. « Je crois que c’est typique des périodes de dépression, les nouveaux diplômés sont les premiers à perdre leur emploi. Ils reviennent alors poursuivre des études supérieures afin d’accroître leurs chances d’embauche. Les compagnies minières subventionnent plusieurs étudiants diplômés. Par tête, nous recevons plus d’argent de l’industrie que n’importe qui d’autre. »

« Il y a quelques années, nous avions des problèmes d’inscription et lorsque le nombre d’inscriptions est trop faible, des programmes sont annulés », explique Richard Simon, professeur responsable du programme de génie minier à l’École Polytechnique. En 2007, l’École a réagi et a embauché une ingénieure des mines avec 15 ans d’expérience pour aider au recrutement; l’an dernier, 41 étudiants se sont inscrits en génie minier, un record pour le département, surtout en comparaison des 8 inscriptions l’année d’avant. L’École offre une bourse de 3000 $ à chaque étudiant en plus de 3 stages de travail. Environ 80 % des diplômés travaillent pour les compagnies où ils ont effectué des stages. « Cette année, le prix des métaux a affecté le nombre de stages offerts, nous causant des problèmes car nous affirmons qu’en 20 ans nous avons toujours réussi à trouver des stages. »

À l’Université Laval, environ 110 étudiants sont actuellement inscrits dans les programmes de géologie et de génie géologique. « Nous avons ajusté nos programmes pour offrir une formation pratique plus poussée. Le taux de placement de nos finissants est très élevé et nous espérons que cela contribuera au recrutement; un point essentiel pour la santé financière de notre département. En effet, de nouveaux postes de professeurs, ou même le remplacement de départs à la retraite, peuvent être compromis si nos clientèles étudiantes n’augmentent pas », dit René Therrien, directeur du département de géologie et de génie géologique. Le département de génie des mines, de la métallurgie et des matériaux offre deux programmes sous-gradués de type coopératif qui regroupent une centaine d’étudiants : le génie des mines et de la minéralurgie et le génie des matériaux et de la métallurgie. « Les dernières années ont été bonnes sur le plan du recrutement » selon le directeur du département, Jacek Paraszczak. La Faculté des sciences et de génie a une entente avec un établissement universitaire au Maroc qui permet de recevoir les étudiants qui ont complété deux sessions dans leur pays. Un nombre croissant d’étudiants proviennent de régions telles que l’Abitibi, où l’industrie minière est très présente. Le département offre aussi des bourses d’entrée et diverses autres bourses spécialisées.

Hani Mitri, du Département de génie des mines et des matériaux à l’Université McGill affirme que les inscriptions croissent. Ce programme cible les jeunes en offrant deux journées de portes ouvertes et un site Web spécifique. « Les jeunes ne se déplacent plus, ils naviguent. Nous avons un comité spécial qui structurera notre site afin qu’il soit encore plus dynamique », dit M. Mitri. L’industrie aide l’université par des excursions, des projets de recherche et des stages de travail. « L’industrie ne frappera pas à notre porte pour demander comment nous allons et si nous avons besoin d’argent. C’est à nous de stimuler l’intérêt ».

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