déc '09/jan '10

Nourrir le chat

La Chine – d’immenses possibilités pour les compagnies minières canadiennes

Par D. Zlotnikov

Avec un taux de croissance qui dépasse 8 %, des réserves de trésorerie de plus de 2 billions $US et une classe moyenne qui devrait atteindre 290 millions de personnes d’ici la fin de l’année prochaine, il est impossible d’ignorer la Chine.

Les marchés bousiers montrent des signes de croissance et il semble que la crise financière s’achève, de bonnes nouvelles pour l’industrie minière. Selon Bob Bell, chef des services financiers chez Teck Coal : « Le charbon est une composante primaire de l’acier. Il existe une très forte corrélation entre le PIB et la demande pour l’acier. La Chine a toujours été un très grand consommateur de charbon cokéfiable et sa production interne répondait aux besoins. Cependant, en 2009, les Chinois ont commencé à importer de grandes quantités de charbon cokéfiable par bateau. »

Plusieurs facteurs expliquent ce changement : une forte compétition à l’intérieur de la Chine, non pas pour le charbon mais pour le transport par rail; certaines mines ont aussi fermé pour des raisons de sécurité et la Chine cherche à moderniser ses hauts-fourneaux, nécessitant un coke de meilleure qualité.

Le reste du globe connaît aussi une reprise économique et Teck se demande si la compagnie retournera en terrain connu ou si elle poursuivra sa nouvelle relation avec la Chine. Peu importe l’option choisie, la compagnie a bien confiance qu’elle pourra vendre tout le charbon qu’elle produira.

Est-il possible de répondre à la demande? M. Bell prévoit de sérieuses contraintes d’approvisionnement et que la demande croissante ne fera qu’élargir l’écart entre l’offre et la demande. « L’économie de l’Inde entre dans une phase de croissance; le retard avec l’économie de la Chine est d’environ 10 ans. Le pays compte plus d’un milliard d’habitants qui voudront des matières premières pour améliorer leur niveau de vie. »

Les cycles miniers relativement réguliers d’expansion et de ralentissement deviendront choses du passé. Selon M. Bell, la volatilité constituera la nouvelle constante. Selon Keith Spence, président et associé, Global Ming Capital Corp., le gouvernement chinois s’inquiète que la compétition entre les nombreux acheteurs fasse monter les prix. Il rappelle la tentative infructueuse de China Minmetals d’acheter Noranda en 2004-2005; c’était l’événement charnière qui a marqué le début de la frénésie d’achat par les Chinois.

« Au cours des deux dernières années, les Chinois cherchaient à obtenir une participation majoritaire mais ils recherchent maintenant des blocs de 20 ou de 40 % et le contrôle de la production. »

« L’importance du Canada pour la Chine est sur le point de croître grandement », explique M. Spence. Avant la crise économique, les Chinois ciblaient des propriétés en Afrique. Cependant, maintenant que les propriétés sont à bas prix et que presque toutes les compagnies recherchent des capitaux, la Chine se tournera probablement vers les pays développés comme l’Australie et le Canada – surtout le Canada, une juridiction favorable aux mines.

L’accent sur le Canada est aussi motivé par la politique, ajoute M. Spence, référant à la rupture des négociations avec Rio Tinto et l’arrestation d’un citoyen australien sur des accusations d’espionnage industriel. Ce désagrément peut être à l’avantage du Canada.

La tentative d’achat de Noranda par Minmetals signifiait aussi un moment de reversement du flux des capitaux. En 2002-2003, la Chine attirait tellement d’attention que « si une compagnie canadienne mentionnait qu’elle avait une entente pour acquérir un projet en Chine, la valeur de ses actions grimpait fortement. » La Bourse a même demandé de ne pas émettre de communiqué de presse avant d’avoir un contrat ferme.

Les compagnies canadiennes pouvaient alors acquérir des projets d’exploration avancée à des coûts relativement bas. Les autorités avaient tendance à diriger les acheteurs étrangers vers des propriétés à basse teneur ou avec une métallurgie difficile. L’expertise canadienne était perçue comme excellente pour ce type de projet. Cependant, les rendements économiques n’étaient pas à la hauteur des attentes. Seulement cinq projets en Chine se sont avérés des succès.

Bien que la Chine ne soit pas aussi ouverte à des intérêts étrangers qu’auparavant, il y a encore de la place pour des compagnies canadiennes, surtout en tant que partenaires.

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