déc '09/jan '10

Par A. Lavoie

Québec

Le Québec compte plusieurs grandes entreprises de transformation dans les secteurs du zinc, du fer, du titane et du cuivre, dont l’affinerie CCR d’Xstrata Cuivre à Montréal-Est

Vigueur du secteur aurifère et perspectives de reprise dans les autres métaux

Après avoir été rattrapée par la crise financière et économique qui l’a contrainte à réduire ses activités et à limiter ses dépenses en exploration et en investissement, l’industrie minière a vu les cours des métaux et les titres des producteurs se raffermir au cours de l’année 2009. En plus du maintien de la vigueur du secteur aurifère, les experts prévoient une plus grande demande mondiale pour les métaux de base et les métaux ferreux pour 2010.

L’industrie minière au Québec

L’industrie minière est un levier important du développement économique au Québec : expéditions de près de 5 milliards de dollars, plus de 50 000 emplois dans une trentaine de municipalités, dont environ 15 000 directement reliés à la phase d’extraction. L’industrie minière génère des retombées considérables dans les régions urbaines où se retrouvent des institutions de recherche et de développement, de formation, de consultation et de services financiers, en plus de milliers de fournisseurs et de très grandes entreprises de transformation.

De nombreux projets en développement

La vigueur du secteur aurifère est évidente, comme en témoignent les récents sommets historiques atteints par le prix de l’or.

En août, Agnico-Eagle a officiellement inauguré sa nouvelle mine Lapa en Abitibi après l’ouverture de sa mine Goldex l’année précédente. La Corporation minière Osisko a amorcé, au coût d’environ 1 milliard de dollars, la construction de son complexe Canadian Malartic, qui deviendra la plus importante mine d’or au Québec avec une production annuelle de plus de 500 000 onces d’or. Iamgold a officiellement inauguré le début des travaux de fonçage du puits de son projet Westwood, un investissement de plus de 400 millions de dollars.

De nombreux autres projets aurifères sont aussi en phase avancée de développement : l’approfondissement de la mine Laronde (Agnico-Eagle) à une profondeur de plus de 3 kilomètres, la mise en production du projet du Lac Pelletier (Corporation minière Alexis) prévue pour 2010, la renaissance de la mine Francoeur (MinesRichmont), le projet Joana (Aurizon), Ressources Métanor à Desmaraisville (Nord-du-Québec) et la mine Opinaca, en préparation à la Baie James.

D’autres projets majeurs progressent toujours : dans le fer, le projet Lac Bloom près de Fermont (Consolidated Thompson) et celui de DSO (New Millenium); dans le secteur diamantifère, le projet Renard à la Baie James (Stornoway-Soquem).

Cette activité minière génère de nombreuses retombées. Cette année, l’Abitibi est la région ayant le plus bas taux de chômage au Québec. Val-d’Or a officiellement ouvert le Centre de transit minier nordique, un bâtiment qui servira de plaque tournante pour le transport aérien de personnel et de marchandises vers des projets nordiques. Rouyn-Noranda veut doubler les espaces de Xstrata Nickel à son aéroport; le port de Sept-Îles prévoit tripler son volume d’expédition annuelle de fer et envisage augmenter sa capacité de manutention.

De grands défis pour l’industrie minière au Québec en 2010

La ressource humaine : Les nouvelles exploitations et les nombreux départs à la retraite génèrent d’importants besoins en main-d’œuvre. Toutefois, une situation contrastée s’impose dans le contexte actuel. Ainsi, pénuries et surplus de main-d’œuvre coexistent selon les secteurs, les professions, les régions et les niveaux de qualification.

Maintenir les objectifs en santé et sécurité : La santé et la prévention des accidents demeurent des préoccupations fondamentales de l’industrie. Le Québec s’illustre sur la scène internationale avec une 8e année consécutive d’amélioration de la prévention des accidents. En vingt ans, le taux de fréquence des accidents pour l’ensemble des mines a diminué de 75 %, ce qui constitue la meilleure performance à vie dans le secteur minier québécois.

L’acceptation sociale de projets miniers : En 2009, certains dossiers potentiellement problématiques concernant l’acceptation sociale de projets miniers ont vu le jour. D’abord, lors des audiences publiques du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) pour le projet Osisko, certains groupes ont questionné le développement de mines à ciel ouvert qui, à leur avis, ne peuvent être associées au développement durable. Une centaine de dossiers ont été déposés : 78 en faveur du projet et 22 contre. L’AMQ a souligné la rigueur du travail réalisé par la minière Osisko en matière de gestion environnementale intégrée et ses efforts remarquables de communication avec la communauté.

Certains organismes ont opposé toute activité d’exploration pour de l’uranium au Québec, notamment sur la Côte-Nord. L’initiative de la Conférence régionale des élus (CRE) de la Côte-Nord de tenir un forum régional sur l’uranium à Sept-Îles aura permis à la population d’analyser les retombées et les impacts de l’exploration et de la mise en valeur de projets uranifères au Québec.

Enfin, selon certains politiciens, le Canada devrait cesser d’exporter l’amiante chrysotile, estimant que ce produit représente une menace pour la santé. L’Association minière du Québec se préoccupe de toutes ces problématiques et continuera de suivre ces dossiers.

Politiques gouvernementales : Dans le rapport 2008-2009 du Vérificateur général du Québec, plusieurs griefs sont adressés au ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) et, par ricochet, à l’industrie minière. Ses recommandations touchent cinq aspects : les redevances ou la question des droits miniers, les garanties financières pour la restauration des sites, le rôle du Ministère quant au suivi et les exigences relatives à la réglementation, l’acquisition et la distribution de l’information et des connaissances sur le secteur minier et l’élaboration d’une stratégie minérale.

L’Association minière du Québec s’implique depuis plusieurs années des politiques de compressions budgétaires et du personnel du MRNF et d’un resserrement de l’encadrement réglementaire pour la restauration des sites miniers. Plus concrètement, l’AMQ appuie l’augmentation à 100 % du niveau de la couverture des coûts de restauration des sites miniers; l’élargissement de la portée des garanties ainsi que la révision de la période pour constituer une telle garantie. L’AMQ réclame aussi un resserrement réglementaire lors d’éventuels transferts de propriétés.

Stratégie minérale du Québec et révision de la Loi sur les mines?: En juin, le gouvernement du Québec a annoncé officiellement les principes directeurs de sa Stratégie minérale; ils répondront à plusieurs recommandations du Vérificateur général. Ces principes témoignent de la volonté du gouvernement de soutenir le développement concurrentiel du secteur minier québécois, tout en intégrant les préoccupations manifestées par l’industrie, les communautés et les groupes de pression environnementaux.

Le gouvernement du Québec a aussi annoncé le dépôt prochain d’un projet de loi visant la révision de la Loi sur les mines. L’AMQ s’attend à ce que ce projet de loi soit discuté en  commission parlementaire. Selon le ministre délégué aux Ressources naturelles et à la Faune, M. Sylvain Simard, tous les futurs projets miniers au Québec devront faire l’objet de consultations publiques. Un autre projet de loi concernant la révision du système des redevances sera déposé plus tard en 2010.

En plus de tous ces défis confrontant l’industrie minière du Québec, les actions qu’elle posera témoigneront des préoccupations et de l’engagement des entreprises minières à favoriser la participation des communautés. Ce comportement s’inscrit dans une approche proactive de l’industrie minière québécoise, préoccupée par l’intégration harmonieuse de ses activités. L’Association minière du Québec soutient constamment ses membres, tant en matière d’environnement et de développement durable, que pour toutes réglementations qui encadrent le secteur minier.

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