août 2009

Bâtir le leadership de l'intérieur

Diavik jumèle une gestion de pointe à des approches traditionnelles consacrées par l’usage

Par M. Eisner

Activité de développment de confiance


La mine de diamants Diavik est située dans la région de North Slave des Territoires du Nord-Ouest, à environ 300 kilomètres au nord de Yellowknife. En 2005, la compagnie a créé le Programme de formation de dirigeants autochtones, inspiré du programme de certificat en gestion appliquée de la Southern Alberta Institute of Technology (SAIT). Le but était d’aider à accroître le nombre d’Autochtones qualifiés pour des postes de gestion et de supervision à la mine.

Dès la fin de 2009, le Programme de formation de dirigeants autochtones de Diavik aura une cinquantaine de diplômés. Les participants, des employés de Diavik et des entrepreneurs, auront participé à une série d’ateliers de deux jours et demi, une fois par mois durant un an. Ils auront reçu 188 heures de formation, dont des cours de leadership, participé à un programme de mentorat des gestionnaires de Diavik en plus d’avoir écouté des conférenciers invités. Lorsque la compagnie a décidé d’initier ce programme de développement des employés, elle a invité diverses institutions d’enseignement à soumettre des propositions pour un programme pilote. Parmi les nombreuses options, Diavik a choisi le programme de la SAIT. Les employés qui démontrent un potentiel de leadership sont choisis par leur directeur pour participer au programme. À la fin de la première année, la compagnie a embauché Sarah Wright, une éducatrice autochtone du Nord possédant de l’expérience dans l’industrie pour peaufiner le programme afin de mieux satisfaire les besoins.

Une formation sur mesure

« Le programme de la SAIT avait une bonne structure mais nous y avons ajouté des éléments académiques et du contenu spécifique pour les Autochtones du Nord », explique Mme Wright. Par exemple, parmi les aspects académiques, les participants suivent 10 cours dans cinq domaines de gestion appliquée qui rencontrent les besoins de Diavik, dont le comportement organisationnel, les finances et les relations interpersonnelles. Transportés par avion de la mine à leurs cours, les participants reçoivent un cours académique de même qualité que ceux qui suivent le cours à la SAIT.

C’est la présentation du cours qui a été adaptée, plutôt que le contenu. Afin de donner au programme un aspect plus local, Mme Wright y incorpore des éléments spirituels et culturels utilisés par les enseignants autochtones dans leurs propres communautés des Territoires du Nord-Ouest.

Un exemple est la manière de commencer chaque session. Mme Wright pose une question se rapportant au sujet du cours. « Ainsi, lors d’un cours sur les compétences en leadership, je demande aux participants de décrire quelqu’un qui les a inspirés. J’utilise le principe d’un cercle de conseil ou de partage; les participants peuvent alors parler spontanément. Chaque participant s’exprime et écoute les autres. » Mme Wright explique qu’il s’agit de l’ancienne démarche autochtone pour résoudre des problèmes.

D’autres éléments du programme personnalisé traitent du bien-être personnel et de la résolution de conflits, de l’équilibre affectif et de la nécessité de prendre du temps pour soi. « Nous avons restructuré un des cours pour y incorporer le point de vue autochtone que l’équilibre mental, physique et spirituel est essentiel pour devenir un chef efficace. » Mme Wright invite un guérisseur traditionnel pour donner un atelier d’une demi-journée. « Nous avons travaillé avec un cercle d’influences des Dénés pour expliquer que le leadership ne concerne pas qu’une seule personne. Différentes personnes ont différents talents ou dons. Nous faisons valoir qu’il y a un leader dans chacun d’entre nous. Chacun de nous a un don et c’est l’occasion de le reconnaître et de s’en servir pour apporter sa contribution sur les lieux de travail et dans la communauté. »

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