sept/oct 2008

Agrandissement de Wolverine

L'expansion et l'innovation permettent à Western Canadian Coal Corporation d’accroître la production à sa mine de Wolverine.

Par D. Zlotnikov

Vue aerienne du site Wolverine

La mine est la propriété de Western Canadian Coal et c’est la seule qui produit aussi du charbon cokéfiable dur; les mines Brule et Dillon ne produisent que charbon pulvérisé aux fins d’injection (CPI).Le terme anglais wolverine (carcajou) intéresse non seulement les zoologistes mais maintenant aussi les professionnels miniers. La mine Wolverine a produit 1,7 million de tonnes de charbon en 2007 et vise 3 millions de tonnes pour la fin de 2010.

Bob Bays, le directeur général de Wolverine explique que le CPI est vaporisé dans le fond des hauts fourneaux pour augmenter la température et ajouter du carbone au produit final. Avec un prix de vente de 248 $/tonne, il n’est pas trop loin des 305 $/tonne obtenus pour le charbon métallurgique.

Ces prix justifient l’agrandissement mais la compagnie le prévoyait depuis longtemps, car l’usine de traitement peut recevoir 770 tonnes de charbon brut par heure.

Pour atteindre l’objectif de 3 Mt, Western développe la propriété EB; elle a des réserves de 8 Mt et devrait commencer à produire en 2010.

L’augmentation de la production signifie toutefois plus d’équipements. « Nous sommes en compétition avec les mines de diamants, les sables bitumineux et les autres exploitations de charbon; nous devons donc planifier très longtemps à l’avance et parfois même changer de fournisseur », dit M. Bays.

Les derniers ajouts ont été des camions de 150 tonnes et une pelle Komatsu PC4000, une chargeuse CatMD 992G et une foreuse Sandvik D90K. Avec ces nouveaux équipements, Wolverine vise à déplacer plus de 70 000 mètres cubes de roc en place par jour dans un proche avenir.

Une autre propriété, prévue comme mine souterraine, est réévaluée en mine à ciel ouvert. « Le nombre de mètres cubes de roc en place à retirer pour extraire un mètre cube de charbon est un facteur déterminant », explique M. Bays.

Ce qui était considéré trop cher l’an dernier alors que le prix du charbon métallurgique était inférieur à 100 $/t devient possible avec des prix qui dépassent 300 $/t. « Nous devons donc choisir la méthode d’extraction : souterraine sans tout extraire ou à ciel ouvert et obtenir plus de charbon », poursuit M Bays. La décision doit être prise sous peu pour tenir compte du temps d’obtention des permis — un processus qui peut prendre un an malgré que le gisement soit à l’intérieur des limites du bail actuel.

Western exploite cependant surtout des gisements en surface. « Nous n’avons pas d’experts en mine souterraine ; nous devons déterminer si nous formerons une équipe ou si nous embaucherons un entrepreneur », dit M. Bays. La compagnie fait déjà affaires avec Ledcor CMI Ltd qui effectue les activités minières de Wolverine alors que le personnel de Western exploite l’usine de traitement.

Le plus gros défi demeure la main-d’œuvre. Bien que la compagnie doive faire face à la compétition d’autres secteurs, M. Bays voit aussi le problème d’un autre angle. Avec de longues périodes de faibles prix, il y a eu peu d’embauche. « Nous avons beaucoup d’employés qui ont 50 à 60 ans et très peu dans la tranche démographique entre ce groupe et les jeunes de 20-30 ans », explique-t-il.

Le président et directeur général de Western, John Hogg, ne voulait pas lier la compagnie à un acheteur unique ou une région spécifique. Cependant en raison de contrats antérieurs d’exclusivité avec d’autres mines, les aciéristes ne connaissaient pas le charbon Wolverine. Une fois le produit connu, il a été possible d’établir des relations à long terme avec la Chine, la Corée du Sud, l’Europe et le Japon.

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