novembre 2008

De nouvelles frontières frigides

Par D. Zlotnikov

Normalement ouverte jusqu’au début du mois d’avril, la route de glace constitue la principale route par laquelle les mines reçoivent leurs fournitures.

Les Territoires du Nord-Ouest ne sont pas exactement les endroits les plus accueillants pour y travailler et y vivre, surtout pour un exploitant minier. Le climat difficile, les infrastructures limitées et un environnement très fragile sont autant de défis à surmonter. Alors que la demande pour les minéraux continue à croître, les compagnies établies s’intéressent de plus en plus à la région. Quelques compagnies junior et senior des Territoires partagent ici leurs points de vue et leurs expériences.

Le défi le plus évident d’exploiter dans le Grand Nord est le climat. En hiver, les températures voisinent les -40°C, poussant les équipements et les travailleurs à la limite de l’endurance. L’acier devient cassant, le gaz peut s’échapper silencieusement des amortisseurs et l’isolement peut être difficile à surmonter durant les périodes de voile blanc arctique. Lorsqu’un équipement rencontre un « petit » problème à -40°C, ce n’est jamais un petit problème. « Vous ne voulez pas une défaillance », dit Mervyn Hempenstall, président-directeur général de Nuna Logistics. Les réparations deviennent problématiques lorsque les techniciens doivent combattre le froid et un camion récalcitrant.

Le climat limite sérieusement les petites exploitations qui ne possèdent pas les ressources pour mettre leurs installations à l’épreuve des intempéries. « Au début de l’exploration, les gens ne travaillent qu’entre juin et une partie de septembre », dit Brooke Clements, président de Peregrine Diamonds, qui a quelques projets d’exploration sur l’île de Baffin. Des problèmes surviennent aussi en été. « Il arrive que l’hélicoptère ne puisse voler en raison de brume ou de pluie verglaçante. Lorsque cet hélicoptère effectue un relevé géophysique aérien, une journée perdue dans une saison déjà courte est une mauvaise nouvelle. » Pour le transport des gens, les conséquences peuvent être plus sévères si les équipes ne peuvent être remplacées.

Presque aucun des projets dans les Territoires n’a de routes toutes saisons; tout doit être transporté par barge, par route d’hiver ou par avion. Les barges constituent la méthode la plus économique mais encore faut-il un accès à un cours d’eau profond. Un fjord relie le projet Chidliak de Peregrine Diamonds à l’océan Atlantique; plus au nord, la glace ferme les voies maritimes durant huit mois par année.

Les routes saisonnières constituent une alternative. Les fournitures sont acheminées par barge au port le plus proche et transférées sur des camions. Un des avantages des basses températures est l’épaisse couche de glace qui se forme sur les cours d’eau. Une route de glace unit Yellowknife et les trois principales mines de diamants au Nunavut, en plus de nombreux autres projets. Cependant l’hiver doux de 2006 a obligé la fermeture hâtive de la route; la mine Snap Lake était alors en construction et cela a causé bien des problèmes. « Environ 600 voyages de camion ne se sont pas rendus durant cette saison-là », dit Chantal Lavoie, vice-président principal des opérations. « Un équipement, le débourbeur, devait constituer la première pièce à être installée sur les fondations et l’immeuble aurait été construit autour de lui, mais il était trop gros pour être transporté par avion. Comme bien d’autres exploitations nordiques, les imprévus sont chose courante et l’équipe de construction a dû modifier la conception de l’usine pour permettre l’installation ultérieure du débourbeur.

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