novembre 2008

Une mine au loin

La mine de diamants Victor, propriété de De Beers Canada

Par E. Moore

L'intérieur de l'usine Victor

Aucune route ne relie l’exploitation Victor, propriété de De Beers Canada, et le reste du monde. Le seul lien est la route de glace disponible uniquement en février et mars. C’est dans ce contexte logistique que tous les équipements lourds, le combustible, les matériaux de construction et les biens de consommation en vrac doivent être acheminés au site. Durant le reste de l’année, le transport du personnel et des biens périssables s’effectue par avion.

Cela n’a cependant pas empêché De Beers Canada d’investir 1,022 milliard de dollars pour développer l’une des 16 cheminées diamantifères découvertes sur sa propriété. La kimberlite Victor – en fait deux cheminées qui se rejoignent à la surface – a une superficie de 15 hectares. Une étude de faisabilité effectuée en 2003 prévoyait le traitement annuel de 2,5 Mt de kimberlite et la récupération de 600 000 carats.

La planification a été dictée par la localisation. « Nous avons dû construire toute l’infrastructure nous-mêmes », explique Tom Ormsby, directeur des relations publiques et corporatives. « Il n’y avait rien du tout. La compagnie a passé l’année 2006 à construire des lignes électriques, une centrale, une carrière de calcaire, des routes, une piste d’atterrissage et des installations de traitement. Cela demandait une planification de deux ou trois ans à l’avance; par exemple, un équipement qui prend un an à construire et un an d’attente pour la fenêtre de transport doit être planifié longtemps d’avance. »

Au plus fort de la construction, 2108 voyages de camions ont été effectués en six semaines. « Cela signifie un camion à toutes les 15 minutes », calcule M. Ormsby. « Maintenant que la phase de construction est terminée, nous effectuons de 600 à 700 voyages de biens et 215 voyages de carburant par année. »

L’activité minière a amené beaucoup de travailleurs dans un secteur non peuplé des terres traditionnelles du peuple Attawapiskat. Dans une période de forte expansion minière, la compagnie a reconnu que la main-d’œuvre représenterait un défi continuel. Les meilleurs programmes de recrutement étant les programmes locaux, elle a centré ses efforts sur le Nord et le Nord-Est de l’Ontario ainsi qu’à Timmins – à 500 kilomètres – puisque cette région possède une longue histoire minière. Les entrepreneurs doivent aussi suivre une politique d’embauche et de formation autochtone locale.

La mine Victor est certifiée ISO 14001 pour son système de gestion environnementale et De Beers Canada a signé des Ententes sur les répercussions et les avantages avec les Premières nations Attawapiskat et crie de Moose. Deux autres Premières nations – Kashechewan et Fort Albany – ont négocié ensemble. « Nous avons une entente de principe et nous attendons sa ratification », explique M. Ormsby. « Les initiatives de formation ont été taillées sur mesure pour répondre aux besoins des communautés. Le défi est de fournir du travail à la mine à ceux qui le désirent et non uniquement des emplois de base. »

La phase de construction a permis à des membres des Premières nations d’obtenir une formation industrielle et plusieurs d’entre eux se sont joints au projet à long terme. Les Autochtones forment environ 40 % de la main-d’œuvre. Le projet James Bay Employment and Training a été fondé avec divers niveaux de gouvernements et De Beers Canada afin d’offrir des emplois de niveaux plus élevés aux Autochtones.
De Beers étudie la possibilité d’exploiter d’autres kimberlites diamantifères sur sa propriété. « Il existe beaucoup de possibilités ici », explique M. Ormsby. « Toutes les communautés acquièrent de l’expérience commerciale et en exploitation. C’est une plate-forme de croissance que nous encourageons. »

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