novembre 2008

Commençons par le commencement

La mine de diamants Snap Lake

Par D. Zlotnikov

Le projet Snap Lake sous la splendeur automnale

La mine de diamants Snap Lake, propriété de De Beers Canada, innove à bien des points de vue. Il s’agit du premier projet de De Beers hors de l’Afrique du Sud et sa première expérience dans des conditions subarctiques. En 128 ans d’histoire, c’est la première fois que la compagnie rencontre un gisement en forme de dyke plutôt que la cheminée traditionnelle. De plus, Snap Lake n’aura pas de composante à ciel ouvert. Le dyke n’a jamais atteint la surface et il pend sous un lac, ce qui augmenterait la difficulté d’extraire à partir de la surface.

« La mine a officiellement débuté le 25 juillet 2008; elle traite 3150 tonnes de minerai par jour », dit Chantal Lavoie, vice-président principal des opérations, Snap Lake. Cela signifiera une production annuelle de 1,1 Mt de minerai et 1,4 million de carats. Le coût des installations permanentes a été de 975 M$.

La roche encaissant la kimberlite comporte surtout du granite, mais la couche supérieure est composée de roches métavolcaniques qui sont difficiles à distinguer de la kimberlite. Un essai de tri optique n’a pas fonctionné en raison de ces similitudes.

La densité élevée des métavolcaniques complique aussi le tri par gravimétrie. « Cela signifie qu’elles sont acheminées avec les diamants et non pas avec la roche stérile, augmentant le matériel à traiter », explique M. Lavoie. Des équipements aux rayons X et de tri par laser sont en cours d’installation afin d’accroître le débit à l’usine de traitement.

Snap Lake emploie 560 travailleurs et entrepreneurs, mais la plupart d’entre eux ne voient jamais l’intérieur de l’usine car elle a été conçue pour l’automatisation, ne demandant qu’un ouvrier par quart de travail; il faut cependant que cet employé soit extrêmement qualifié.

« Nous avons formé un petit groupe d’employés; certains sont même allés en Afrique du Sud pour apprendre l’exploitation et la maintenance. En raison de la complexité du système, la maintenance est en effet presque aussi importante que les opérations », ajoute M. Lavoie. « Il reste cependant que la perte d’un opérateur risque de compromettre la production. »

La longue période d’apprentissage – jusqu’à sept ans pour atteindre le niveau d’opérateur de la salle de contrôle – constitue un autre défi. Il fallait prendre des initiatives. « Nous avons choisi 16 jeunes Autochtones pour un programme de formation en classe de suivi d’une formation sur le site. De ce groupe nous avons recruté huit apprentis opérateurs et nous leur fournissons la possibilité d’une formation plus poussée », dit M. Lavoie.

Avec de telles contraintes, les bénéfices se doivent d’être significatifs; le plus évident est la sécurité. « En limitant les interactions, vous diminuez les risques. Si des diamants se perdent dans un procédé sans aucun contact avec des gens, alors le problème réside dans le procédé et ce n’est pas une question de vol », dit M. Lavoie. La précision est aussi importante. Snap Lake est la première exploitation à implanter une trieuse au laser à pleine échelle, la « Raven », qui constitue le cœur de l’opération et dont le taux de précision dépasse 99 %. « Sans cet appareil, nous devrions utiliser des tables à graisse, un processus qui demande beaucoup de main-d’œuvre et il faut ensuite disposer de la graisse. »

Malgré une production planifiée de 1,4 million de carats par année et avec des diamants dont la taille est supérieure à celle prévue, Snap Lake se trouve dans un marché où l’approvisionnement ne rencontre pas la demande. Il s’agit évidemment de bonnes nouvelles pour De Beers et aussi pour la région; en effet, 775,8 M$ ont été dépensés chez des fournisseurs des T.N.-O. dont 520,8 M$ chez des commerces ou des co-entreprises autochtones.

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