mai 2008

Que vous soyez prêts ou non, ils arrivent

L’inclusion en milieu de travail

Par S. Hammond

Marty Quintal, technicien en instrumentation


Deux groupes distincts de personnes détiennent la clé pour palier le manque de main-d’œuvre dans l’industrie minière canadienne. Fait paradoxal, il s’agit de nos plus récents et de nos plus anciens citoyens – les nouveaux immigrants et les Autochtones. Les employeurs recherchent des membres de ces communautés pour les embaucher, souvent dans des postes hautement spécialisés. Par contre, plusieurs personnes craignent un peu ceux qui sont « différents ». L’on craint aussi que ces nouveaux employés se plaignent de remarques ou de conduites offensives (réelles ou perçues) de la part de collègues de travail. En fait, la plupart de nos inquiétudes ne sont pas fondées; la confiance prend quand même des efforts, comme pour tout nouvel employé, et cela ne se fait pas du jour au lendemain.

Le Canada subit un changement démographique inégalé depuis la dépression. Dans les années 1920 et 1930, les immigrants étaient surtout de race blanche; mais, avec la Loi sur l’immigration, les préférences discriminatoires ne sont plus permises.

Selon le recensement de 2001 (la religion n’était pas comprise dans celui de 2006), les groupes religieux à croissance la plus rapide étaient les Musulmans, les Sikhs, les Hindous et les Bouddhistes. À mesure que ces nouveaux Canadiens se sentent plus à l’aise, ils sont prêts à quitter les grands centres et le confort de leurs communautés et de leurs familles pour aller dans des régions éloignées, là où se trouvent les mines et l’exploration.

Les Autochtones connaissent aussi un changement démographique. Selon le dernier recensement, les Autochtones représentent 3,8 % de la population du Canada; de plus, leur âge moyen est de 26,5 ans alors que celui du reste de la population est de 39,5 ans.

À vous de jouer — Si vous « n’entendez pas » les propos racistes, vous devrez peut-être faire face à un taux élevé de renouvellement de l’effectif. Tout comme pour une tolérance zéro en santé et sécurité, la même norme devrait s’appliquer aux commentaires inappropriés. Il faut agir dès maintenant – ainsi, les nouveaux employés ne seront pas blâmés pour de nouvelles politiques.

Oubliez le « melting pot » — Au Canada nous souscrivons à l’accommodement religieux. Donc, si une politique est en conflit avec la religion d’un employé – par exemple un congé religieux – il devrait y avoir un accommodement raisonnable, jusqu’à un point de « difficultés excessives ». La plupart des accommodations coûtent peu mais pourraient éviter de forts roulements de personnel. Parlez aux employés autochtones ou aux chefs de bande à propos des cérémonies spirituelles importantes; les requêtes ne viendront alors pas par surprise. Si vous voulez démontrer votre soutien encore plus, participez ou même commanditez des événements, si c’est approprié.

Reconnaissez vos stéréotypes — Nous avons tous des préjugés. Cependant, ils peuvent nous empêcher d’accorder une chance égale à tous et ainsi nous priver d’embaucher la meilleure personne pour la tâche. Par exemple, si les employés provenant des Premières Nations ne sont pas adéquatement représentés au sein de la direction, cela peut être plus dû à de l’intolérance qu’à un manque de motivation, ce qui constitue un stéréotype déplorable.

Les compagnies qui « font leurs devoirs » voient sans doute déjà des bénéfices. Pour les autres, il est temps d’embarquer : que vous soyez prêts ou non, ils arrivent.

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