mai 2008

Exploiter les talents

L’embauche de travailleurs de plus de 50 ans pour palier la crise de la main-d’œuvre

Par B. Jaworski

Une bataille est en vue au Canada, non pas armée mais pour des talents. Plusieurs compagnies font déjà du maraudage et s’arrachent les nouveaux diplômés. L’outil secret de cette bataille, souvent ignoré, est le travailleur de plus de 50 ans.

La ressource corporative future la plus importante sera des gens techniquement compétents. Cependant, avec l’accroissement de la demande, cet approvisionnement diminuera et c’est ce que ressentent déjà de nombreuses compagnies.

Le problème est démographique. Au cours des 20 prochaines années, environ 10 millions de Canadiens prendront leur retraite, emportant avec eux expérience et connaissances industrielles. Le manque actuel de jeunes travailleurs qualifiés peut être en partie attribué au faible taux de natalité en Occident après 1964. Cette situation est encore plus critique au pays, où le nombre de Canadiens de plus de 60 ans dépasse le nombre de jeunes de moins de 5 ans. 

Exploiter les talents canadiens

Selon un recensement Statistique Canada 2006, la croissance d’emplois la plus rapide était dans les industries extractives, avec un taux de croissance moyen de 7,5 % par année, soit environ quatre fois la moyenne nationale.

Depuis 2002, le taux de croissance du produit intérieur brut pour le secteur minier canadien est d’environ le double de celui de l’économie canadienne en général. Selon les indicateurs économiques, cette croissance de l’industrie minière durera plusieurs années encore, augmentant la demande pour des travailleurs qualifiés. À ce problème s’ajoute le fait que de moins en moins de jeunes choisissent de faire carrière dans des métiers spécialisés.

Un plan d’action

Pour réaliser les objectifs de l’organisation, il faut avoir les bonnes personnes à la bonne place, au bon moment. Sans une planification stratégique, les compagnies auront de la difficulté à remplir les postes ou à éviter la perte des connaissances.

Une enquête de Deloitte effectuée en 2006 soulignait que 80 % des compagnies oeuvrant dans les secteurs de l’énergie et des ressources ressentaient des limites de productivité et de rendement; 55 % croyaient que cela les empêchait de satisfaire les demandes des clients et seulement 18 % avaient des stratégies en place pour faire face à une situation qui se détériore.

Les compagnies prévoyantes réalisent que les approches traditionnelles à court terme ne suffisent pas et qu’il faut une approche diversifiée qui attire, motive et retient non seulement les meilleurs jeunes travailleurs, les femmes et les Autochtones, mais aussi les travailleurs qualifiés plus âgés. Les compagnies devront donc analyser et comparer les compétences actuelles de la main-d’œuvre et celles qui seront requises à l’avenir afin d’identifier les manques et les surplus.

Rallier les travailleurs plus âgés

Alors que l’on se dispute les jeunes travailleurs, de plus en plus de compagnies cherchent à attirer et à retenir des travailleurs d’âge mûr, dynamiques et qualifiés, surtout dans les métiers. Les compagnies doivent comprendre ce qui les motive à rester et quelles sont leurs préoccupations.

Une fois qu’elle a obtenu réponse à ces questions, la compagnie doit créer des politiques et des procédures en conséquence. Le Workplace Institute, un centre canadien de recherche sur les travailleurs d’âge mûr, entre autres, a élaboré un modèle d’affaires polyvalent que les compagnies peuvent utiliser pour embaucher des travailleurs de tous âges. Ce modèle  comprend des éléments communs à toutes les situations démographiques, dont :  des conditions de travail flexibles pour un équilibre travail/vie personnelle; l’éga­lité des chances et le développement de carrières pour les travailleurs de tous âges; une adaptation pour diverses déficiences telles que de l’arthrite ou des pertes auditives; la reconnaissance; des conseils financiers; des services de santé; des options de retraite progressive et des stratégies de transfert des connaissances.

Toutes les compagnies canadiennes devront affronter des défis de taille au cours des prochaines décennies, elles peuvent les surmonter en considérant les nouvelles recrues, les KAA-Boomers!

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