mars/avril 2008

NORCAT ouvre

Un nouveau centre à Sudbury

Par A. Gordon

Chef de la direction de NORCAT Darryl Lake


Depuis 13 ans, le Northern Centre for Advanced Technology (NORCAT) aide les compagnies du Nord de l’Ontario oeuvrant en exploitation minière et dans d’autres secteurs à être compétitives sur les marchés mondiaux. Ses programmes de formation en Santé - Sécurité ont été très en demande à travers toute l’industrie minière. NORCAT est aussi autosuffisant, tout un exploit pour une corporation sans but lucratif.

M. Darryl Lake, le président et directeur général, explique : « Au début des années 1990, l’industrie minière allait plutôt mal, je travaillais alors au Cambrian College et je voyais la plupart des étudiants gradués partir travailler ailleurs », dit M. Lake. Avec des collègues, il cherche un moyen de ramener ces talents et surtout de les dissuader de partir.

Avec les nombreuses fusions dans l’industrie minière, il faut absolument que les PME minières soient à la fine pointe technologique. « Pour desservir les marchés mondiaux, les PME doivent offrir plus », dit M. Lake.

Cependant, ces compagnies manquent de fonds et d’infrastructures pour des activités de R. et D. Pour palier ce manque, NORCAT a établi un programme fournissant de l’expertise en prototypage, des conseils technologiques et des locaux à prix raisonnable pour travailler au développement de nouveaux produits. À ce jour, NORCAT a travaillé en partenariat avec plus de 83 compagnies à développer plus de 153 nouvelles technologies, dont environ 80 % ont été commercialisées par des PME.

Le premier client pour le développement d’un prototype a été Electric Vehicle Controllers Ltd. (EVC), manufacturier de régulateurs électroniques. « J’avais besoin d’expertise technique et de soutien pour la conception d’un produit très spécifique. Notre organisation comportait cinq personnes, dont trois étaient de la famille. Nous n’avions pas les connaissances requises ni les moyens d’embaucher quelqu’un uniquement pour cette tâche », dit Jim Richard, président de EVC.

« J’aime l’idée de Darryl Lake. La recherche est académique par définition; le développement est plus pratique. La plupart des projets de R. et D. travaillent beaucoup le volet « R. » et n’atteignent jamais le volet « D. » La force de NORCAT est justement le « D. »

Les plus prestigieux projets sont définitivement ceux avec l’Agence spatiale canadienne (ASC) et la NASA pour adapter la technologie minière terrestre à des missions d’exploration sur la lune ou sur Mars, par exemple pour trouver de l’hydrogène ou de l’eau. « J’étais septique, que savons-nous de l’exploration dans l’espace? Nous avons cependant 150 ans d’expérience dans l’exploitation minière, c’est à dire le creusage de trous. Bien que les applications soient différentes, certains points communs permettent de faire avancer la recherche », dit M. Lake. « Ces projets sont rentables et ils font notre réputation. »

M. Lake admet cependant que le prototypage n’est pas lucratif. « C’est très cher. D’autres activités telles que la Santé et la Sécurité au travail et les programmes d’orientation pour les entrepreneurs permettent de rencontrer les coûts. »

La norme de zéro accident est devenue le but premier de l’industrie minière. Les compagnies embauchent cependant de plus en plus d’entrepreneurs et il peut être problématique d’assurer la santé et la sécurité des travailleurs externes. C’est alors qu’entre en jeu la carte NORCAT, un laissez-passer de sécurité avec photo qui indique que le détenteur a réussi le programme d’orientation pour les entrepreneurs.

« Nous avons commencé avec Xstrata et ce qui est maintenant Vale Inco », explique M. Lake. « Ensuite, avec le ministère du Travail, la carte NORCAT est devenue obligatoire pour quiconque veut travailler dans les mines de roches dures du Nord ontarien. » Afin d’assurer que la formation est à jour, la carte doit être renouvelée à tous les deux ans. Le programme offre plus de 100 cours; plus de 2000 entrepreneurs miniers canadiens s’en prévalent.

NORCAT est aussi reconnu pour son Centre ontarien de formation en contrôle de terrain, qui offre des travaux pratiques et des programmes de formation spécialisée. La pièce de résistance, la mine souterraine Onaping, donne à des stagiaires la possibilité de mettre leurs nouvelles compétences à l’épreuve. À ce jour, plus de 2500 personnes ont réussi le programme de formation de base. « La mine est aussi l’endroit idéal pour des essais de produits, par exemple, un nouveau trépan », explique M. Lake.

Le nouveau centre aura 60 000 pi2, donc plus d’espace et plus de synergie avec les bureaux de Sudbury et les installations du Cambrian College sous un même toit. « Nous avons maintenant 66 employés et des entrées de fonds de 6 millions de dollars », dit M. Lake. « La barre est haute pour les mines de l’Ontario et celles du Canada en général. »

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