mars/avril 2008

Les mines dans le Grand Nord

L’agrandissement en cours du projet Raglan

Par D. Zlotnikov

Depuis sa mise en production en 1995, la mine Raglan s’est avérée être à la fois un défi et un succès pour Xstrata. Située sur le plateau de Katinniq dans le Grand Nord québécois, l’accès à la mine est possible uniquement par air ou par mer. L’emplacement de la mine dans cette région très faiblement peuplée du Nunavik signifie que les travailleurs doivent loger sur le site et, pour les périodes non travaillées, retourner par avion à leur demeure dans les communautés inuites avoisinantes ou à la ville de Rouyn-Noranda, à environ 1500 kilomètres au sud.

Le minerai extrait suit aussi son propre long chemin; il est tout d’abord traité sur le site, puis acheminé par camion au quai de Xstrata à la baie Déception, d’où il est chargé sur un briseglace pour expédition à la ville de Québec. Le concentré est ensuite acheminé par train à la fonderie de Sudbury.La matte de nickel résultante est retournée à Québec d’où elle est expédiée à la raffinerie Nikkelverk, à Kristiansand,en Norvège.Pour compliquer la situation encore plus, étant donné que la mine est située bien au nord du 60e parallèle, la baie n’est accessible qu’environ huit mois par année, même avec un brise-glace.

Selon le directeur du développement durable,M. Joël Pagé, malgré ces défis, Raglan produit environ le quart de la production de nickel de Xstrata – soit plus de 26 000 tonnes en 2007.

« Nous avons signé ‘l’Entente sur les répercussions et les avantages’originale, appelée ‘l’Entente Raglan (1995)’ » avec nos partenaires inuits en février 1995 », dit M. Pagé. « À ce moment, nous avions estimé avoir des ressources pour une vingtaine d’années. Nous exploitons depuis 1997 et, après 13 ans, nous avons encore des ressources pour plus de 20 ans. »

M. Pagé explique que le programme d’exploration découvre plus que ce qui a été extrait durant l’année. Il y aussi de fortes probabilités que cette tendance se poursuivra. « Le plateau de Katinniq est vierge en terme d’exploration et d’exploitation minières », dit M. Pagé. « Les deux tiers de notre propriété ne sont pas encore bien explorés. »

Avec de tels résultats prometteurs, il n’est pas surprenant que Xstrata cherche à agrandir la mine et à presque doubler la production actuelle. Le taux d’extraction actuel est de 1,1 million> de tonnes de minerai annuellement à partir des trois mines souterraines et de l’exploitation à ciel ouvert.Raglan a déjà reçu l’approbation pour accroître sa production à 1,3 million de tonnes par année et la mine devrait atteindre ce taux de production d’ici la fin de l’année. Cependant, selon un communiqué de presse émis en décembre, le but final est de produire deux millions de tonne dès 2013.

Selon M. Pagé, pour qu’une telle croissance soit possible, les ententes sur les impacts et les avantages et le permis gouvernemental – tous deux limités à une production de 1,3 million de tonnes par année – devront être renégociés pour permettre l’augmentation de la production. Les communautés locales sont réceptives à cette idée et elles en profiteront sous forme d’ententes de partage des bénéfices et d’emplois directs.

« Nous travaillons en étroite collaboration avec la Corporation Makivik, le gouvernement régional Kativik et la commission scolaire Kativik dans le but de créer une nouvelle synergie au Nunavik », dit M. Pagé. « Ces groupes d’intervenants travaillent fort et collaborent avec nous afin de soutenir l’implantation de la seconde phase d’embauche d’Autochtones. »

Cette seconde phase, en élaboration depuis deux ans, a comme objectif d’embaucher 20 % ou plus de travailleurs inuits provenant des communautés locales. Ce nombre est actuellement d’environ 17 %. Le nombre de travailleurs additionnels qui seront requis pour l’expansion n’est pas encore connu mais M. Pagé estime qu’au cours des cinq prochaines années, il faudra ajouter au moins une centaine de travailleurs aux 620 travailleurs et aux 250 entrepreneurs déjà en place.

La construction de 210 chambres privées est déjà commencée pour loger cette main d’oeuvre supplémentaire. Pour faire face à toute cette croissance, une nouvelle station de traitement des eaux usées devra être construite et la cafétéria existante devra être agrandie.

« Nous analysons les manques », dit M. Pagé. « Au cours des trois prochaines années, la tâche sera de continuer à définir les réserves et d’ajuster les opérations en conséquence. Sans aucun doute, le projet Raglan aura besoin d’une nouvelle grosse mine pour prendre la place de la mine Katinniq qui doit fermer d’ici cinq ans. »

« Le succès continuel du programme d’exploration est essentiel à l’expansion », ajoute M. Pagé « Cela crée beaucoup d’optimisme dans la compagnie. À chaque fois que nous cherchons, nous trouvons, et nous ne savons pas quand tout cela va arrêter. »

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