déc '08/jan '09

Une saison de changements pour 2009

Par D. Zlotnikov

Il y a une saison pour tout et un temps pour toute affaire sous les cieux (Eccl. 3 : 1). Cette réalité pourrait être la devise de l’industrie minière. Les dernières années avaient été très bonnes pour les compagnies minières au Canada et dans le monde; malgré des coûts toujours croissants d’investissements et d’exploitation, les prix records pour de nombreuses matières premières avait grandement attiré l’attention des investisseurs.

Cependant, peu de gens étaient préparés pour le brusque revirement récent des marchés financiers. Depuis ce temps, l’industrie minière est dans un état d’extrême nervosité alors que les sources régulières de financement disparaissent une à une.

En cette fin d’année, tous se posent la question « Que nous réserve l’année 2009? »

« La plupart des nouvelles pour les six prochains mois – ou le temps nécessaire pour résoudre cette crise – seront mauvaises », dit Charles Oliver, gestionnaire principal de fonds chez Sprott Asset Management.

Tony Hodge, président du Conseil International des Mines et Métaux (ICMM) est d’accord : « La crise économique aura un effet dramatique sur l’industrie minière. Tout d’abord, les compagnies minières couperont leurs projets d’exploration et leurs budgets; les projets non essentiels seront réduits ou tout simplement coupés. » Il stipule que les ventes paniques des marchés boursiers et les prix abaissés des actions de compagnies bien établies conduiront à des acquisitions.

« Il s’effectue des consolidations depuis plusieurs années », dit Vince Borg, vice-président principal, Communications corporatives, Barrick Gold. « Les compa­gnies junior pouvaient se financer par crédit ou sur le marché des actions mais elles devront trouver d’autres options. Cela crée un environnement dans lequel des compagnies sont sous-évaluées et veulent vendre afin de continuer à financer leurs opérations. »

« Certaines compagnies junior sont cotées à des prix ridicules et elles n’ont pas accès à des capitaux, ce qui leur rend les choses très difficiles », confirme M. Oliver.

Tim Sullivan, président-directeur général de Bucyrus, concepteur et manufacturier d’équipements, entérine l’attente d’une diminution des activités d’exploration mais sa vision de l’impact est moins négative. « Il y a eu une hausse tellement grande des dépenses en exploration au cours des dernières années qu’une légère diminution ne fera pas une grande différence. » Selon lui, les projets d’expansion auront probablement plus de facilité à trouver du financement que les compagnies d’exploration.

M. Sullivan souligne aussi que les perspectives à long terme sont prometteuses pour l’industrie, même si la situation actuelle des marchés ne le reflète pas. « Notre carnet de commandes de l’année prochaine est complet et nous vendons maintenant pour 2010. Comme il peut s’écouler 28 mois entre la commande d’une pelle à benne traînante et sa livraison sur le site, les fournisseurs – et les investisseurs – doivent prévoir à long terme. »

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